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Grandville, Mon Amour

mardi 5 juillet 2011, par Mathieu Doublet

(Milady pour la VF - Jonathan Cape pour la VO / Bryan Talbot)


Alors que l’inspecteur LeBrock noie son chagrin dans l’alcool et la dépression après n’avoir pas pu sauver quelqu’un qui lui tenait à coeur, un de ses ennemis jurés, le psychopathe Mastock dit l’Enragé s’enfuit d’une prison britannique juste avant qu’il ne soit guillotiné. Le compère ratzi Roderick réussit à redonner un semblant de vie à LeBrock mais seulement pour lui annoncer la mauvaise nouvelle. Dès son arrivée à Scotland Yard, le policier fait un véritable scandale auprès de son supérieur le brigadier Bélier. Une bien mauvaise idée puisque le Premier Ministre Harold Drummond se trouve dans le bureau du brigadier qui ne manque pas de sermonner vertement le blaireau. Peu importe, si LeBrock ne peut enquêter officiellement, il le fera à son compte. Alors que mastock a déjà massacré quelques femmes innocentes en changeant son modus operandi, leBrock et Roderick retournent à Grandville ...

Finalement assez rapidement après un très bon premier volume, l’inspecteur LeBrock revient sous les plumes de Bryan Talbot. Celui-ci a la bonne idée de faire vivre une dépression à son héros en dehors des deux volumes et de montrer comment Roderick réussit à le faire sortir de sa torpeur. En quelques pages, on comprend très rapidement les liens étroits que les deux personnages ont tissés. Comme d’habitude, après une introduction qui nous plonge dans l’action, vient toute l’enquête avec une espèce de serial-killer complètement fou à l’image de héros déchu. De quoi rattacher les wagons avec le premier volume, chose que Talbot maîtrise parfaitement. C’est certainement l’un des points forts de Grandville : on a droit à une aventure complète à chaque volume mais on sent rapidement qu’une trame générale se dessine au fur et à mesure. Il n’y a pas à douter que l’auteur a des plans à long terme et que l’inspecteur leBrock est loin d’avoir vécu ses dernières aventures. Aventures menées tambour battant, cela va sans dire, avec des scènes de fusillades mais aussi quelques combats rapprochés qui montrent que tout le peuple de Grandville sait se défendre.

Me suis-je fait au style de Talbot ? Celui-ci a-t-il amélioré la partie graphique ? (les colorisations étant en partie confiées à Jesse Kindzierski et Jordan Smith. Toujours est-il que j’ai beaucoup apprécié ce second tome, plus que le premier en ce qui concerne le visuel. Certes j’y ai trouvé moins de clins d’oeil (mis à part la scène de prison, je n’en ai pas repéré) mais au final, j’ai l’impression que la bande dessinée y a gagné en finesse.

Bref, Mon Amour se situe dans la droite lignée de son prédécesseur : un album policier avec beaucoup d’action, des personnages de qualité et un graphisme qui ne déçoit pas. Vivement la suite.

P.S. A noter, cette fois-ci, que la version française ne dispose que de deux pages de bonus montrant le devenir d’une case. Du très classique donc.


Pour acheter ce livre :

En VO : (chez Dark Horse donc version américaine, pas anglaise, j’ignore s’il y a une différence entre les deux)

Sur Amazon.com :

Sur Amazon.fr :

Sur Amazon.co.uk (version Jonathan Cape donc) : ici

En VF :

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