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All Nighter #1-5

mardi 17 janvier 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / David Hahn)

Kit Bradley est une jeune fille dont la vie est compliquée : elle fréquente plus ou moins un ex- petit ami avec qui elle fait quelques braquages, elle vit avec deux colocataires dont une à qui elle a juré d’être honnête et elle doit bientôt entrer dans une école d’arts au grand soulagement de son père. Ah oui, elle prétend aussi avoir tué sa mère il y a neuf ans de cela.
Kit réussit à s’en sortir par le biais d’une morale pour le moins particulière qui veut qu’un mensonge est tout à fait acceptable s’il est contre-balancé par deux vérités. Est-ce que cela va réussir à la tirer d’un éventuel mauvais pas ? Et ce mauvais pas va-t-il provenir d’un vol, de la nouvelle colocataire ou du nouvel petit ami de sa colocataire qu’elle semble bien connaître ?

David Hahn est un illustrateur que l’on connait plus pour ses travaux chez Marvel (Spider-Man Loves Mary-Jane, Marvel Adventures : The Fantastic Four) ou chez DC / Vertigo (Bite Club, Fables, Lucifer, ...). Mais l’illustrateur a déjà tenté sa chance dans le creator-owned avec la série Private Beach (chez SLG et apparemment précédemment chez Antarctic Press). Autant dire qu’il a déjà pas de boulot sous le coude et qu’il peut présenter un nouveau projet dont il est le seul maître à bord : All Nighter.
A ce titre, aucun mystère, il s’agit du café dans lequel travaille Sally-O, l’une des colocataires de Kit. Une information donnée très tôt, à l’image ce premier numéro qui nous présente très bien les différents protagonistes à travers des petites scènes qui révèlent leur caractère profond, ou tout du moins, comment Kit se les représente. La "vieille" adolescente / jeune adulte a bien entendu un traitement de faveur puisqu’elle est le pivot central. A ce petit jeu, Hahn s’en sort très bien puisqu’il en révèle pas mal sur son héroïne tout en gardant une zone d’ombre pesante et donc fascinante.

D’ombres, il en sera aussi question au travers des pages qui sont en noir & blanc avec nuances de gris. La majorité du numéro se passe de nuit et même si on est loin, très loin d’un Sin City, on n’aura pas l’occasion de rencontrer très souvent des planches lumineuses se déroulant en extérieur. Kit étant visiblement un oiseau nocture, la logique est respectée. Les planches sont jolies, composées de différents cadrages afin de bien faire passer les scènes de discussion qui constituent la majorité du bouquin. Comme dans tout bon récit du quotidien, les personnages ont des visages expressifs et des postures très réalistes.

Bref, All Nighter, c’est un peu comme le début de Strangers in Paradise avec des personnages forts, plus sombres peut-être mais qui sont aussi attachants. Reste à savoir quels rebondissements nous réserve l’auteur.

(Pour vous faire votre propre idée, vous pouvez lire le premier numéro de la mini-série sur le site de l’auteur : davidhahnart.com.)

Note : le bouquin est en vente fin juin dans les comic-shops, vous pouvez encore essayer de le pré-commander auprès de votre vendeur avec le code Diamond suivant : APR11 0398

Mise à jour suite à la lecture des cinq numéros de la mini-série : En réalité, toutes les pièces de l’intrigue ne sont pas données dès le premier numéro et il y a heureusement quelques autres événements qui vont secouer toute l’existence de Kit.

All Nighter parle donc du passage à l’âge adulte d’une jeune fille et David Hahn s’en sort assez bien même si le final m’a semblé abrupt en comparaison du développement de l’intrigue. La dernière page, quant à elle, semble ne rien à faire dans l’histoire. En réalité, elle est à la charge du lecteur qui pourra lui donner le sens qu’il souhaite.
En ce qui me concerne, elle m’a donné l’impression que Kit s’était sortie un peu trop facilement de toute cette expérience et qu’elle méritait bien encore un peu de travail sur elle-même pour être complètement libérée, si jamais elle peut l’être un jour.

L’histoire se laisse donc lire avec plaisir et est assez bonne même s’il lui manque un petit je-ne-sais-quoi pour être excellente dans le genre intimiste.


A noter que les cinq numéros n’ont pas été compilés en recueil et qu’une version Vertigo, listée sur Amazon.fr, n’a en réalité jamais été publiée.

Pour archive, mes petits paris :

Envie de lire la suite ? Oui, d’autant que je l’ai déjà pré-commandée.
Parution de la suite ? Avec cinq numéros, aucun souci.
Parution du TPB ? J’ignore comment Image Comics prend en charge le titre. Il serait étonnant que ce genre d’histoire ne soit pas compilée un jour ou l’autre pour pouvoir être lue d’une traite.
Traduction en français ? Encore trop tôt pour se prononcer.