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Eye of the Gods

mardi 31 mai 2011, par Mathieu Doublet

(OpticHouse / Gerimi Burleigh)

Sean Black est un dessinateur qui n’y voit pas grand chose. Et sa vue pourrait bien empirer ce qui le ravit absolument pas. Sa moitié lui conseille donc d’aller se faire implanter des NuEyez, des yeux clonés à partir de votre propre matériel génétique (pour éviter les rejets) mais guéri de toute maladie et même insensible à la détérioration naturelle des cellules : en clair, vous y verrez clair toute votre vie. Et comme les UV attaquent les yeux de quasiment tout le
monde, tôt ou tard, il faudra bien passer sous le scalpel du bon docteur. L’artiste n’est pas très rassuré par la manoeuvre mais s’exécute tout de même et se félécite par la suite de cette bonne décision. Sauf que pendant la nuit, il se réveille après avoir vu un couple faire l’amour et être abattu par un homme en noir. Etrangement, les actualités parlent du décès du docteur Branford Reed, l’inventeur des NuEyez. Pour Sean, le cauchemar peut commencer puisqu’il a assisté quasiment en direct à l’assassinat du scientifique.

Gerimi Burleigh, après des expériences diverses et variées dans le domaine du graphisme et du design, nous propose son projet roman graphique, Eye of the Gods, un thriller avec un poil de techologie qui lui est venu lors d’une intervention pour améliorer sa propre vue. "Et si on pouvait cloner nos propres yeux ?" Il y ajoute un soupçon de surnaturel qui va rapidement tourner à quelque chose de plus scientifique et de relativement plausible et une pincée
de paranoîa et de théorie du complot. Ajoutez à tout cela la vie de couple de Sean Black, une doctoresse plutôt jolie, un agent du FBI sympathique et des assassins en veux-tu en voilà. Eye of the Gods se déroule très classiquement avec un héros qu’on pousse tout au long du bouquin et qui sérieusement morfler jusqu’à une conclusion des plus musclées. Alors les fans de films fantastiques / policiers, verront Eye of the Gods comme un mélange entre Body Parts et cet autre film où une paire d’yeux articiels est greffé à un aveugle témoin d’un crime (damned, je n’ai plus le titre de cette honorable série B).

Burleigh assure bien entendu la partie graphique et s’en sort assez bien pour de l’indépendant auto-produit. Il remplit les cases avec ses personnages et varie les angles de vue afin d’avoir le moins souvent à faire aux décors. Ceux-ci sont donc rares mais permettent de ne pas être perdu dans l’intrigue. Le design des personnages est maîtrisés ainsi que leur morphologie ce qui donne un résultat très homogène tout au long du bouquin. Ceci étant, l’encrage mériterait d’être plus constant ou plus serré sur les lignes. On a parfois l’impression d’avoir plus à faire à du sketch poussé qu’à un véritable travail fini.

Eye of the Gods est donc un très honnête récit qui éveillera quelques souvenirs chez les amateurs de série B.


Pour se procurer ce livre, il semble qu’il n’y ait que deux moyens : le comic-shop (avec le code Diamond qui va bien : Dec10 1019 ou bien le site de l’éditeur OpticHouse (section Store bien entendu).