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Dead Irons #1-4

samedi 21 mai 2011, par Mathieu Doublet

(Dynamite / James Kuhoric / Jason Shawn Alexander)


Fin du dix-neuvième siècle, Etat de l’Utah, un homme sombre met des cartouches dans son fusil. Celles-ci semblent prêtes à abattre des créatures maléfiques et il va certainement dans la gueule du loup pour sauver une certaine Annie Belle. Dans un état voisin, un méchant brigand vient d’être tué par trois personnes qui non seulement cherchent à récupérer la somme promise pour la capture mais qui ne rechigent pas non plus à exécuter le hors-la-loi. Mort ou vif, c’est le même prix donc pourquoi ne pas y ajouter un peu de plaisir ?
Comme vous vous en doutez, les quatre se connaissent et plutôt bien, ils vont sans le savoir se diriger dans la même direction afin de régler leurs différents alors qu’une troisième partie tisse les ficelles d’une histoire des plus macabres.

James Kuhoric a rempli l’essentiel de son CV avec des histoires estampillées Army of Darkness ou bien Stargate. Il roule sa bosse depuis déjà quelques années et bosse pour pas mal de labels indépendants dont Dynamite pour lequel il écrit un récit mêlant western et horreur. Autant dire que dans Dead Irons, ça va saigner et pas qu’un peu. Etant donné qu’on a dans l’histoire, des vampires et des loups-garous, les têtes vont sauter et le sang va gicler. Mais ça n’est peut-être pas le plus effrayant et c’est certainement là où le scénariste sort son épingle du jeu. Car la véritable horreur va se dérouler au sein de la famille Irons dont les quatre enfants vont vivre l’enfer auprès d’un père qui a une vision très particulière, très ancien testament de la chrétienté. Kuhoric ne nous épargnera pas cette vision démente d’un homme qui inflige à ses enfants une discipline stricte et abusive. Dès lors, ce ne sont pas quelques créatures de la nuit, nettement plus fantasmées, qui pourront effrayer le lecteur.

A récit sombre, il convient de mettre un dessinateur qui assure. Jason Shawn Alexander a prouvé qu’il était bien à l’aise dans ce style avec des séries comme Marvel Zombies, Legends of Mouse Guard, Queen & Country ou encore The Escapists. Avec Dead Irons, il pousse la noirceur dans ses derniers retranchements et produit des planches à la fois très fines mais aussi peu lisibles. Avec des planches quasi-monochromes (noir, blanc, parfois un peu de couleur terre ou sang), les personnages se glissent dans la nuit pour en sortir à de rares occasions pour accomplir les tâches les plus basses. Du coup, les planches manquent de contraste et comme beaucoup de visages sont cadrés sur les yeux, il faut se concentrer et s’appuyer sur le texte pour bien comprendre qui est qui, d’autant que les personnages sont loin d’être présentés de façon classique et linéaire au cours du récit. Ceci étant, Alexander ne démérite pas sa réputation d’artiste talentueux, loin de là. Il y a une belle maîtrise de l’ombre et de précision dans le trait.

Dead Irons n’est pas une lecture facile : avec un graphisme très sombre et une histoire très glauque (même si finalement relativement simple à comprendre et résumer), c’est de l’horreur sans le côté fun avec une ambiance assez dépressive. La fin ouverte est heureusement suffisante pour ne pas avoir à attendre une suite, qui était prévue il y a presque deux ans mais qui n’a toujours pas vu le jour.


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