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Millar & McNiven’s Nemesis

jeudi 28 avril 2011, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics - Icon / Mark Millar / Steve McNiven)

Ce livre reprend les quatre parties de la mini-série.


Tokyo. Un inspecteur est retenu par un super-méchant tout de blanc vêtu et ce dernier met un point d’honneur à respecter les horaires qu’il donne aux chefs de police de différentes villes à travers le monde. Son objectif est assez simple : détruire la crédibilité des policiers et les éliminer à une date et heure précise. Ce petit jeu dure depuis longtemps et il est maintenant l’heure de mettre le cap vers l’Amérique et de s’occuper d’un certain Blake Morrow, dont les méthodes sont plus expéditives mais aussi suffisamment couronnées de succès pour qu’il puisse prétendre à un poste bien plus haut que commissaire. Une cible de choix pour celui qui se fait appeler Nemesis et qui est capable d’absolument tout et forcément, souvent du pire, plus il y a de morts et de sang, mieux c’est. Pour quelqu’un comme Morrow, c’est à la fois un clown ridicule et un adversaire redoutable qui vient de se mettre en travers de son chemin.

Je dois m’excuser auprès du scénariste grand-breton mais à chaque fois que je lis qu’un comic-book est écrit par Mark Millar, ce qui me vient en tête c’est "houlala ...". Pourtant, j’aime assez ce qu’il fait quand il est en creator-owned et même quand cela se fait chez Marvel (cf Kick-Ass. Alors forcément, quand il s’associe avec un dessinateur plutôt doué et que le précédente collaboration (Old Man Logan) m’a plu, je ne pouvais que prendre Nemesis une fois la compilation sortie. Comme d’habitude, Millar fait dans la provoc’ avec un personnage que j’ai rapproché du héros de Kick-Ass par bien des côtés, le premier étant qu’il semble être le seul à jouer la carte du super-vilain et à l’assumer (même si dans le cas de Nemesis, il y a nettement plus de moyens que dans Kick-Ass). Avec sa dernière oeuvre, le scénariste choisit un concept assez simple : "et si Batman était un méchant tout en ayant la même supériotité intellectuelle, les mêmes fonds et quasi-le même entraînement ?" Une question qui amène la réponse suivante : ce serait la parfaite machine à tuer. Et Millar réussit bien son coup : Nemesis est une pourriture finie mais vu qu’il est le "héros" de l’histoire, qu’il est dans une position victorieuse et qu’il sent son modèle Batmanien, on se prend d’affection pour lui d’autant que ses adversaires sont parfois éclairés sous leur jour le moins glorieux.
Le lecteur aura droit à quelques retournements de situations et si certaines sont sympathiques, le twist final me semble assez tiré par les cheveux et renvoie Batman (encore) dans les cordes du syndrome Death Note où les personnages semblent jouer une partie d’échec mentale avec 30 ou 50 d’avance sur leurs adversaires. bah, c’est du Millar, de l’excessif, du tape-à-l’oeil donc il ne faut pas en être surpris.

McNiven continue dans sa lignée de récit d’action avec des scènes bien saignantes. Il ne nous est rien épargné, pas même l’assassinat par balle à bout portant dans le crâne ou bien un TGV lancé à toute allure dans un précipice avec le nez couvert de sang. Non, rien. McNiven va foncer droit dans les repères de son scénariste et y aller franco dans l’excès. Mais qui dit excès ne dit pas que McNiven bâcle son affaire. Les quatre numéros se laissent lire et ont toujours quelques moments de bravoure avec un découpage très efficace. Alors c’est vrai qu’il faut apprécier son style avec des personnages très marqués, très ridés et pas franchement glamour mais pour le reste, c’est de l’efficace tout simplement même si les décors sont parfois cruellement absents.

Alors Nemesis, un bouquin à acheter neuf en hardcover ? Euh, peut-être pas. Cette version ne dispose pas de planches agrandies et se révèle très chiche en bonus qui se retrouveront très vraisemblablement dans la version souple du bouquin. Celle-ci suffira amplement aux quelques lecteurs patients qui ne se sont pas rués sur les numéros mensuels. Ca sera toujours quelques euros de gagnés pour un récit d’action hyper-violent, hyper-provoc’ et donc hyper-tout.


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