samedi 16 avril 2011, par
(Andrews McMeel / Mark Tatulli)

Lio (avec un accent grave sur le o, je ne pense pas pouvoir le faire avec mon clavier, donc je reste sur Lio) n’est pas une chanteuse de pop féministe mais un petit garçon à l’imagination débordante. Il adore tout ce qui fait peur et tout ce qui explose. Il est accompagné d’un céphalopode pourpre et se trouve être aussi un pur génie capable de construire les machines les plus extraordinaires mais aussi les plus dangereuses. Il vit avec son père qui se fait un sang d’encre (non il ne s’agit pas d’un céphalopode) et on comprend vraiment pourquoi alors que sa mère joue les grandes absentes (tout du moins dans ce tome).
Un ami extraordinaire, des pulsions destructrices, des parents qui se font des soucis ? Oui, Lio partage certains traits de caractère avec Calvin, le petit garçon héros d’un des comic-strips les plus célèbres (Calvin & Hobbes, s’il faut vous le préciser, et si vous n’en avez jamais lu, commandez-en, lisez, marrez-vous et revenez ici) dont la couverture de ce tome est une belle parodie de l’une des plus belles couvertures de Bill Waterson (There’s Treasures Everywhere).
Mark Tatulli n’est absolument pas dupe et joue même de cette filiation. Car si Lio est un garçon un poil moins attachant que Calvin, s’il n’y a pas de jeu sur l’ambiguité réalité / imaginaire, il réussit à capturer une partie de la magie et surtout et avant tout, une partie de l’humour de C&B. Le gros des gags repose sur le décalage entre Lio (pour qui tout ce qui est horrible est cool, a contrario du reste du casting) mais il y a suffisamment de très bonnes idées et de surprises pour apprécier ce recueil de Lio. A noter aussi, l’apparition de gags meta-comic-strips (avec le magasin d’accessoires pour personnages de strips) et de personnages d’autres séries (probablement du même "propriétaire") qui montrent que Tatulli est plus qu’un clown et porte un respect franc à tous ceux qui sont passés avant lui.
Graphiquement, on est très loin de ce que peut faire Bill Watterson. S’il y avait une référence à trouver dans le trait de Tatulli, j’irais plus voir du côté de chez Mad, Sergio Aragones et consort. Il y a aussi un côté que je trouve assez récurrent dans le monde de l’animation américaine où il y a un parti pris évident de ne pas dessiner des personnages très glamours. Au final, il faut une petite période d’adaptation au style et ensuite, ça n’est que du bonheur.
Pour un coup d’essai, c’est une réussite et je suis partant pour prendre les autres recueils de comic-strips avec Lio et tout son petit monde, son père, la fille de ses rêves, les garçons bagarreurs, les monstres sous le lit ...
En VO :
Sur Amazon.com : (regardez la preview, il y a suffisamment de gags pour se faire une première idée)
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