Onirique Comics 7.1

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American Vampire Vol. 1

samedi 5 mars 2011, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Scott Snyder & Stephen King / Rafael Albuquerque)

Ce livre contient les cinq premiers numéros de la série.


Pearl Jones est une jeune fille qui comme beaucoup d’autres a quitté son village afin de gagner Hollywood et ses rêves de grandeurs. Elle tient le bon boulot avec ses trois jobs et l’amitié indéfectible même si récente de la jeune et rousse Hatiie. Elle pense avoir touche le gros lot quand Hamilton, la star du studio, lui prend la main pendant un essai lumière et lui propose de le rejoindre à une petite fête que le grand nabab du studio tient tard le soir. Elle décide donc de s’y rendre malgré les avertissements d’un type très louche qui traîne près de la piscine de son hôtel. Mais malheureusement pour Pearl, elle aurait peut-être dû écouter les conseils avisés de Skinner Sweet. Lui qui est membre d’une nouvelle sorte de vampires, insensibles à la lumière, au bois et aux crucifix, il sait parfaitement qui sont les anciens Européens toujours en quête de sang la nuit tombée ... Heureusement que Sweet a aussi un petit coeur qui prend Pearl en pitié, à moins que tout cela ne soit qu’un plan dans la tête du machiavélique bandit plus connu pour être un des héros du roman horrifique Bad Blood.

Vous savez le gros de ce qu’il y savoir et il n’y a plus qu’à se laisser bercer dans un double-récit car chaque numéro d’American Vampire est découpé en deux. La première partie est concentrée sur Pearl Jones et sa vengeance envers ceux qui l’ont laissée pour morte. Le second se déroule dans le passé, à la fin du far-west et raconte comment Skinner Sweet est devenu lui-même un vampire. Chaque récit est donc confié à un scénariste différent même si Scott Snyder est le maître à bord en ayant créé l’univers d’American Vampire. C’est bien entendu un gage de qualité pour maîtriser un Hollywood fantasmatique qui montre bien toute la grandeur et la décadence d’un pays qui se cherche à la sortie d’un far-west impitoyable.
Mais Stephen King n’est pas en reste. L’auteur de romans fantastico-horrifiques s’attaque ici à son premier comic-book et tout se déroule parfaitement. On suit avec intérêt la création de l’affreux Sweet aussi bien que celle des "héros à l’Américaine" qui vont devoir subir les affres de ce tout nouveau croque-mitaine. Le choix de rendre tout le récit par la bouche de l’écrivain de Bad Blood est un poil facile mais permet aussi une belle conclusion quant à la remise en doute de certaines personnes écoutant l’orateur.

Il aurait été très simple, sachant que le récit était découpé en deux, de faire appel à deux dessinateurs. Albuquerque aurait pu dessiner le premier récit et laisser le plus vieux à un dessinateur itinérant, une de ces signatures qui impressionnent et dont l’agenda n’aurait pas trop été perturbé par la moitié d’un comic-book à produire, surtout sur cinq numéros. Mais non, le risque est grand mais il est pris par Vertigo et le Brésilien y va franco. ce qui est intéressant, c’est qu’il utilise deux techniques pour séparer les époques et qu’il réussit à donner un côté ancien, plus tanné à la seconde partie tandis que Pearl Jones a droit à quelque chose de nettement plus clair. Le style de l’artiste ? Ca, c’est clair qu’il n’en manque pas : un mélange d’urgence (il y a beaucoup, beaucoup de traits très vifs et il ne semble pas y avoir de grand écrémage à l’encrage) tout en réussissant à garder une rondeur dans les visages ce qui donne puissance et séduction à ses cases. Le revers de la médaille, c’est qu’un même personnage sera parfois amené à subir des représentations moins soignées, voire carrément étranges mais sur la longueur, ça n’est pas dérangeant. Notez d’ailleurs que je n’applique bien entendu pas cette phrase à tous les vampires qui voient leur morphologie changer quand ils sortent les crocs.

American Vampire est donc la véritable bonne surprise annoncée avec en fond de combats de vampire, une image fidèle de l’Amérique. Snyder voulait un récit montrant pourquoi les Américains étaient si séduisants et si effrayants en même temps. C’est pari gagné. A ceux qui redouteraient une série trop longue, chaque arc correspond à une époque différente, permettant de ne pas trop s’appesentir sur tel ou tel personnage. Une nouvelle que j’ai lue en postface et qui ne me fait attendre qu’une chose : le prochain volume.


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1 Message

  • American Vampire Vol. 1 6 mars 2011 23:49, par Mayday

    Le nom de King sur la couverture m’avait un peu effrayé, mais c’est effectivement une plutôt bonne série. Les transitions entre les deux époques sont bien menées et les deux récits tiennent la route. Pas la révélation de l’année mais série distrayante.

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