Onirique Comics 7.1

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Grandville

mardi 1er mars 2011, par Mathieu Doublet

(Jonathan Cape Ed. - Milady Graphics pour la VF / Bryan Talbot)


L’inspecteur Archie Le Brock de Scotland Yard est dépêché en France pour enquêter sur le meurtre de l’un de ses concitoyens Raymond Leigh-Loutre, découvert mort chez lui en Angleterre. Pour les policiers anglais, il ne fait aucun doute que le Loutre en question s’est suicidé. Pourtant, rien ne laissait entendre qu’il allait mal et le fait qu’un gaucher se tire une balle dans le caisson avec la main droite est aussi un indice relativement parlant. Le Brock avec son collègue le détective Roderick Ratzi vont donc naviguer entre une France et une Angleterre qui pourraient bien être encore plus en froid qu’elles ne le sont déjà. Car l’Angleterre est une colonie de l’empire Français Napoléonien et des terroristes britanniques cherchent l’indépendance et sont allés jusqu’à faire sauter la Tour Robida au sein même de Grandville. Quand on sait que Leigh-Loutre était engagé dans une course poursuite avec moult fusillades avant de mourir, on peut douter sur sa simple fonction d’attaché culturel. Quelque chose se trame à Grandville et Le Brock va devoir faire tout son possible et mouiller la chemise pour y voir clair dans cette sale affaire.

Au départ, je n’étais que peu convaincu par l’argumentaire de Grandville, l’histoire anthropomorphiques avec des accents policiers étant déjà bien amené par Blacksad, la bande dessinée espagnole de Juanjo Guarnido et Juan Diaz Canales.

Et puis, bon, à force de très bon commentaire et du fait que l’édition française possédait un bonus, je me suis laissé tenter. Et grand bien m’en a fait. Car au polar, Talbot ajoute une uchronie victorienne steampunk qui apporte encore plus de dépaysement à une intrigue relativement classique. L’auteur fait preuve de beaucoup d’objectivité vis à vis de notre pays : il y a à la fois une grande déclaration d’amour à la bande dessinée franco-belge, jusqu’à reprendre l’enseigne d’une chaîne parisienne de boutiques de BD (point discutable mais bon ...), mais aussi un ton acide sur la politique. Le premier ministre Jean-Marie Lapin a beau avoir le museau court et de grandes oreilles, il fait irrémédiablement penser avec ses idées trop patriotiques à l’un de nos hommes politiques récemment mis à la retraite.

Talbot utilise souvent des styles différents pour ses bandes dessinées (Grandville ne ressemble ni à Luther Arkwright, ni à des planches de Sandman, série sur laquelle il a officié) et pour Grandville, il va utiliser un style plus rond et toujours aussi détaillé. Il manque à mon humble avis, un poil de finesse à l’encrage et peut-être un coloriste chevronné pour améliorer le résultat. Il n’en reste pas moins que Grandville gagne sur tous les fronts y compris lors des scènes d’action dont la scène d’ouverture qui vaut bien tous les James Bond.

Avec de bonnes idées, une belle intrigue, des clins d’oeil sympathiques, Grandville mérite grandement le coup d’oeil et il n’y a plus qu’à attendre la suite des aventures de l’Inspecteur LeBrock, déjà dispo en VO.


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