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Kill Shakespeare Vol.1 : A Sea of Troubles

lundi 21 février 2011, par Mathieu Doublet

(IDW / Conor McCreery & Anthony Del Sol / Andy Belanger)

Pour avoir tué un homme par erreur en croyant venger son père, le jeune Hamlet, prince du Danemark, est condamné à l’exil. Sur le bateau qui s’éloigne de ses terres natales, les choses ne se passent pas comme prévu et l’apparition de spectres féminins hideux ne font que cacher l’intervention de pirates qui font balancer le jeune homme par dessus bord. Il atteint pourtant les rives de la Grande-Bretagne où il est accueilli par le souverain Richard III. Celui-ci surnomme Hamlet "roi d’ombre" et lui confie une mission d’extrême importance. Le roi le convainct d’abord d’être un souverain bon pour ses sujets et très intéressés par le développement et l’éducation de ceux-ci. Malheureusement, un vilain sorcier du nom de William Shakespeare rôde et une prophétie annonce que le roi d’ombre en viendra à bout. Ce que Richard cache (mis à part le fait qu’il soit tout sauf un roi clément), c’est qu’il compte bien faire en sorte qu’Hamlet découvre la planque de Shakespeare pour lui voler une plume aux pouvoirs magiques importants. Et comme Richard n’est pas le seul sur le coup, les allées et venues d’Hamlet vont être étroitement surveillées ...

Le titre "Kill Shakespear" m’intrigait bien lors des diverses précommandes mais IDW oblige et sans connaître les auteurs, je me doutais bien que le titre allait sortir en TPB un jour ou l’autre. C’est donc chose faite et il est vrai qu’un peu partout sur les sites spécialisés américains, on parle en bien de cette série. Je vous avouerai que je suis d’être aussi enthousiaste que les lecteurs outre-Atlantique. Même si Darwin Cooke annonce fièrement dans sa préface qu’il était complètement réfractaire aux cours d’anglais qui ont couvert la période de Shakespeare et qu’il n’est nul besoin de connaître les pièces de l’écrivain pour apprécier le comic-book, j’ai bien peur que de ne pas connaître les personnages retire une belle partie de compréhension et de sous-entendus sur l’identité et les comportements des personnages. Ceci étant, il est vrai que Conor McCreery et Anthony Del Sol écrivent un récit avec beaucoup d’action avec lequel on ne s’ennuie pas beaucoup, par contre, pour y trouver un intérêt plus profond que le simple divertissement d’une course-poursuite, il faudra réviser. Car c’est aussi le problème de la durée de la série : il faut montrer que les choses ne se montent pas très rapidement, les partisans (ou croyants) de Shakespeare ayant beaucoup à perdre, tout en lançant Hamlet dans les bras de personnes plus ou moins intéressées. Alors est-ce que 6 numéros étaient suffisants pour gérer une histoire pareille ou bien faut-il absolument les 12 parties prévues ?

Andy Belanger s’occupe de la partie graphique et rend des héros bien définis ainsi que des scènes d’actions bien mouvementées et sanglantes. Il y avait quelque chose dans son style qui ne m’était pas étranger. Et il m’a fallu longtemps (la fin du bouquin) pour me rendre à l’évidence : les gros plans ont un petit air de Darwin Cooke dans les expressions. Alors que la préface est signée par l’auteur de Parker, ça n’a fait tilt qu’en lisant le récit supplémentaire de J. Bone, autre artiste ayant bossé avec Cooke. Ca reste un air de ressemblance et Belanger n’a pas encore l’élégance de son inspiration. L’encrage est encore à mon avis trop présent et trop gras, d’autant que les couleurs de Ian Herring ne donnent pas vraiment à respirer. Ceci étant, je reconnais à Belanger de véritables capacités qui sont visibles quasiment tout le long du bouquin (on ne sent les deadlines que sur quelques rares pages).

Kill Shakespeare est donc un légère déception car lu après un sacré buzz autour de la série. Le fait que les personnages parlent en vieil anglais a aussi été un frein à la facilité de la lectures. Et forcément, contrairement à Fables qui emploient des figures connues internationalement, un bouquin comme K.S. demande forcément un miminum de cultures, si ce n’est littéraire, au moins cinématographique ou théâtrale, histoire d’avoir vu quelques adaptations ou représentations des textes originaux.


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