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Cul de Sac Tome 1 : Sortie de secours

mardi 1er février 2011, par Mathieu Doublet

(Andrews MacNeel Publishing - Editions Delcourt pour la VF / Richard Thompson)


La famille Otterloop est composée du papa qui a une voiture trop petite pour lui, une maman qui aime beaucoup motiver ses enfants et qui restent très positive, un fils frustré et complexé ainsi qu’une petite fille à l’imagination débordante et si possible destructrice. Il y a forcément les amis des enfants et plus particulièrement d’Alice, la cadette. A l’école du Havre Joyeux de Cul de Sac, elle suit les cours de l’école maternelle avec Miss Bliss (Mme Félicité, tout un programme) en compagnie de Dill son amoureux et Beni tandis que M. Danders, le cochon d’Inde de la classe, tente par tous les moyens de montrer qu’il est le mâle alpha de l’univers. Et tout ce petit monde vit en haut d’une colline, entourée par une ceinture périphérique d’automobiles autour de laquelle a été construite un mur pour que les voitures ne débordent pas et ne s’écoulent pas dans le quartier résidentiel paisible.

Cul de Sac est donc un comic-strip humoristique publié tout d’abrod en couleurs puis en noir & blanc pour les jours de la semaine et en couleurs pour l’habituel strip plus long du dimanche. Richard Thompson, son auteur, fait preuve de beaucoup de non-sens et d’une logique particulière (celle des enfants) qui se moquent éperdumment de la réalité et de la vérité et qui préfèrent vivre dans le monde tel qu’il leur convient, un monde bien plus effrayant que celui que les adultes leur prête. L’auteur base donc beaucoup de ses sketches sur la classe d’Alice, classe peu nombreuse où les petits s’en donnent à coeur joie pour faire louper les élans pédagogiques de leur maîtresse. Les commentaires des enfants sur ce qui les entourent est des plus acides et montrent bien que le monde dans lequel on vit et souvent plus illogique que celui rêvé par les plus jeunes. Thompson réussit tout à fait ce qu’on attend de lui : faire rire.
Et oui, en tout cas en ce qui me concerne, cela a fonctionné à merveille après un premier essai de quelques strips pas très convaincants. Les gags ne sont bien entendus pas tous hilarants à se taper la cuisse par terre mais gardent toujours un petit côté malin, malicieux ou poétique. On n’est pas si loin de l’excellentissime Calvin & Hobbes de Bill Waterson qui signe ici la préface du bouquin.

Sauf que Thompson, malgré les compliments du père de Calvin, n’est tout de même pas aussi doué en dessin. Le style est assez nerveux et n’est pas ce que j’appellerai du joli dessin. En fait, si Calvin & Hobbes contre-balance des gags acidulés par un graphisme très rond et superbement maîtrisé, Cul de Sac fait dans une esthétique qui serait presque réaliste. Thompson ne cherche pas à rendre ses personnages jolis surtout quand ces derniers piquent une crise de nerf. Les cheveux se dressent, les dents grincent, les yeux sont exorbités, bref, on n’est pas dans le glamour. Et comme la famille Otterloop n’est pas composée de gravures de mode, le dessin va à l’avenant. Alors quand je parle de "maîtrise de ssin", je veux surtout dire qu’avec Cul de Sac, une légère imprefection est tout à fait acceptable ce qui n’est pas gagné dans beaucoup de comic-strips dont les balises graphiques sont rapidement ancrées. Pour le reste, il y a de jolies couleurs et des cases qui sont souvent détaillées.

Alors si ce strip ne détrône pas Calvin & Hobbes qui reste mon favori toute catégorie, Cul de Sac ne démérite absolument et peut se vanter d’avoir un taxu de comédie très élevée et qui fonctionne très bien. D’autant qu’avec M. Dunders, il possède une mascotte digne de ce nom qui assure le spectacle.


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