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Athena Voltaire - The Collected Webcomics

dimanche 11 février 2007, par Mathieu Doublet

(Ape Comics / Paul Daly / Steve Bryant / Chad Fidler)

Athena Voltaire est une jeune femme américaine capable de piloter pas mal de coucous différents pour des clients divers et variés. Par le biais de son ami, Harcourt Templeman, elle va être chargée d’emmener un
trio de gentlemen anglais en haut du mont Everest pour une expédition dont elle ne connaît pas la finalité.

Ce qu’Athena ignore mais qu’elle ne va pas tarder à comprendre, c’est qu’il s’agit de voler des artefacts mystiques et que, années 30-40 aidant, une bande de nazis cherchent à faire la même chose et savent pertinnemment qu’Athena est l’une des meilleures aviatrices. Elle devient donc une personne à éliminer. Mais c’est sans compter les ressources de madame Voltaire.

Athena Voltaire est donc comme le titre de ce bouquin l’indique, un comic-book publié au départ sur le Net à raison d’une page par semaine (ou à peu près). Le titre a eu pas mal de succès et a même été nominé aux Eisner Awards (un des prix américain pour la bande dessinée). Du coup, le passage au papier semblait une évidence et avant d’attendre une série régulière, directement distribuée en comic-shop, The Collected Webcomics reprend deux histoires de l’héroïne : The Terror in Tibet et The Wrath from the Tomb.

Le titre est donc orienté pulp à bloc et aux programmes : nazis, abominable homme des neiges, culte secret perdu au fin fond de la montagne, vampires, château apparaissant au clair de lune, chauve-souris, loup-garous et beaucoup de coups de feu et d’explosion.

Tout cela met bien l’eau à la bouche, ce genre de titre ne cherchant pas midi à quatorze heures. Il fournit exactement ce qu’on lui demande tout en réussissant (et le public féminin va enfin être heureux) à ne pas déshabiller constamment son héroïne.

Mais si Athena Voltaire possède de nombreux atouts comme le talent de Steve Bryant sur certaines cases et la colorisation de Chad Fidler,
il n’est pas exempt de défauts. Passons sur la non-régularité de l’artiste qui en est encore à ses débuts et espérons qu’il réussisse à trouver
un style joli et régulier. Ce qui gâche le plus le bouquin, c’est d’une part sa mise en page. Le livre est broché de façon tout à fait classique mais
les pages sont publiées à l’italienne, ce qui ne permet pas de bien les lire. Et point négatif majeur, la mise en page est réalisée en dépit du bon sens.
Bryant a beau l’admettre et expliquer que réaliser une planche de grosso modo 6 cases avec cliffhanger n’est pas facile, les transitions entre les différents lieux est tout bonnement exécrable. Sans parler du placement des bulles au petit bonheur la chance pour ne pas gâcher le dessin et vous comprendrez que ce comic-book possède aussi de sérieux handicaps (ce qui peut expliquer le fait qu’il n’ait pas trouvé preneur du premier coup).

A vous de voir si le graphisme et l’ambiance du titre vous séduiront suffisamment pour surpasser une lisibilité perfectible. Notez aussi que ce tradepaperback est nettement plus fragile que la moyenne et s’abîmera facilement.