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Batman : The Return of Bruce Wayne #1-6

jeudi 13 janvier 2011, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Grant Morrison / Chris Sprouse, Frazer Irving, Yannick Paquette, George Jeanty, Ryan Sook, Pere Perez & Lee Garbett)


Bruce Wayne a donc mangé un coup de rayon Omega lancé par Darkseid au moment où le chevalier noir allait tuer le maître d’Apokolips. Et le voilà trnsporté à travers l’espace-temps pour arriver à l’époque des hommes préhistoriques où il est retrouvé au fond d’une cave alors qu’une capsule metallique ressemblant à une fusée est fichée non loin de sa grotte. Il peint sur les murs de celle-ci des signes cabalistiques auxquels il ne comprend plus rien (et qui sont en fait les symboles de la trinité Superman-Batman-Wonder Woman) et pour cause, il a perdu la mémoire. Alors quand certains membres d’une tribu le retrouvent, la communication est difficile. Mais quand cette tribu des hommes cerf est agressée par ceux de la foule sanglante, dirigée par un certain Savage, Bruce Wayne sait instinctivement ce qu’il doit faire. Ce qu’il ignore, c’est qu’il va créer tout un clan d’hommes préhistoriques et va commencer à écrire l’histoire de Gotham.

Un peu plus d’un an après sa disparition, Bruce Wayne refait surface dans l’univers DC. Grant Morrison décide donc de s’amuser avec en lui faisant traverser les époques. L’occasion pour le scénariste d’aborder des genres différents (l’époque préhistorique, le genre horrifique, le récit de pirates, le western, le polar et finalement, le genre super-héroïque) et de nous redonner une couche de méta-comics en abordant tous les récits de genre qui ont par la suite donné naissance au genre lancé par Superman dans Action Comics. Et cette volonté d’historien du comic-book est mélangée à celle de faire de Batman un personnage aussi iconique que son collègue en bleu et rouge. Ce que Morrison a réussi sur All-Star Superman, il tente de le faire avec le chevalier noir qui va construire sa propre histoire et son propre héritage tout en étant la menace qui peut complètement l’annhiler (avec tout le reste de l’univers dans la foulée).
Et le scénariste réussit son coup jusqu’à un certain point. Chaque récit, complètement indépendant les uns des autres (quoique, avec Morrison il y a toujours un fil conducteur mais disons qu’ici ça reste aussi relativement lisible en "récit complet"), est une brique pour asseoir le mythe de la chauve-souris. Seul problème : la conclusion. Pas forcément sur le contenu mais plutôt sur les mots qui sont choisis, sur cette redéfinition qui devrait finir sur une image majestueuse et qui tombe franchement à plat, la faute à une mise en scène trop complexe sur le temps qui se déroule (et nous savons tous que Morrison s’en est tiré bien mieux sur le sujet) et sur un texte pas franchement épique.

Peut-être que les artistes y sont un peu de leur faute également quant à la qualité moyenne de ce final. Il faut pourtant dire que cela commence très très bien avec un formidable Chris Sprouse qui s’éclate à mettre en scène des hommes préhistoriques et leurs technologies primitives tout en réussissant à faire surgir de tout cela l’image du premier couple Batman-Robin. Frazer Irving arrive ensuite pour un récit qui lui colle comme un gant avec des monstres, des sorcières et une ambiance très angoissantes. Yannick Paquette poursuit le récit avec une histoire de pirate bien sombre auquel le style très encré de Michel Lacombe correspond une fois de plus au fond. Et puis arrive George Jeanty sur l’épisode western qui met pourtant en scène Jonah Hex. Là, franchement, avec tous les artistes qui ont fait un superbe boulot sur le série de Gray & Palmiotti, je suis vraiment surprise que ce soit Jeanty à qui on a fait appel. Ca n’est pas très joli, ça veut certainement ressembler à du Romira Jr, voire à du Klaus Janson, mais sans y arriver. Ryan Sook reprend le flambeau avec le polar mais ne termine pas la totalité des planches qui sont confiées au bon faiseur qu’est Pere Perez et qui conclut une cinquième partie vraiment très jolie. Arrive enfin Garbett pour le final. Et là, je me dis : "quoi ? Garbett ?" Je n’ai absolument rien contre le dessinateur qui a été une très bonne surprise sur Batgirl mais quand même avec une mini-série de cette envergure et surtout une volonté de transformer ce récit en redéfinition et quasi-déification de Batman, DC aurait pu choisir un dessinateur avec un peu plus de prestige.

Alors est-ce que Garbett et Perez ont eu du mal avec la mise en scène du final ? Est-ce Morrison qui a foiré son coup ? Difficile à savoir sans rentrer dans les rouages du making-of de la bande dessinée. Toujours est-il que, comme d’habitude avec Grant Morrison, il faudra relire Return of Bruce Wayne (et quasiment tout son run sur Batman et Final Crisis - bon courage) pour réellement apprécier ce comic-book. Bon DC, à quand le super-omnibus ?


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