mercredi 5 janvier 2011, par
(4DE / Tracy J. Butler)

Fin des années 20, la prohibition commence à atteindre une majorité de villes des Etats-Unis y compris St Louis. Un petit restaurateur, Atlas May, possède un petit café, le Lackadaisy. Mais s’il arrive à faire fortune, c’est peut-être plus parce que le café est une porte ouverte sur les souterrains de la ville et qu’à partir de là, on peut accéder à un bar clandestins des plus fermés auquel on accède en portant une agrafe en forme de trèfle. Atlas va pouvoir en profiter mais forcément bien longtemps alors que la concurrence dans la distribution parallèle d’alcool grandit. Et ce genre de concurrence ne se fait pas à grands coups de pub’ mais plus à grands coups de fusils mitrailleurs. Atlas May en fera la triste expérience et laissera son petit commerce à sa veuve, Mitzi May. Celle-ci fait ce qu’elle peut pour garder le Lackadaisy à flots mais cela devient de plus en plus difficile avec une équipe réduite.
Chaque bar a son groupe de jazz et parmi ce groupe, il y a un violonniste surnommé
Rocky qui se trouve aussi être un homme de main pour la charmante Mitzi. Mais quand celui-ci rencontre son revendeur, il doit bien se rendre à l’évidence que d’autres assoiffés attendent et qu’il est seul contre plusieurs hommes. Qu’à cela ne tienne, après avoir réussi à s’échapper, il retourne au bar tout en étant bien décidé à se venger.
Parfois j’oublie les trucs que je précommande. Et c’est le cas avec Lackadaisy qui se trouve être une bien bonne surprise. Au départ, la série est un web-comics découpée en stips (ce qui se remarque forcément lors de la mise en page) mais cela ne gêne pas la lecture, bien au contraire puisqu’on peut suivre l’histoire sans avoir à attendre les strips suivants. On est donc dans une ambiance retro renforcée par des tons sépias (un peu comme pour The Stuff of Legends) ce qui permet de diminuer les coûts de production papier et de l’aventure rocambolesque avec des personnages parfois prêts à tous pour arriver à leurs fins même si cela les conduit vers des ennuis encore plus grands. Le récit est assez bien mené même si l’on sent malgré la quantité importante de strips (68 pages avec entre 1 et 3 bandes sur chaque) une certaine dilution dans le récit. Tout pourrait aller assez vite mais le découpage qui doit apporter à lire fait qu’il y a certains moments un peu mous et très bavards.
Le point fort de Lackadaisy, c’est véritablement le côté mignon-ultra sympathique des personnages de Tracy J. Butler qui les a tous bien définis avec des caractéristiques qui font qu’on ne peut pas les différentier. Alors ça peut parfois ressembler à du manga à cause des grands yeux des personnages ou au dessin animé Samouraï Pizza Cats mais l’auteure y ajoute une patte douce et ronde qui fait passer des événements pas toujours très gais. Rien de bien violent ou de véritablement affreux (presque tout se passe hors champ) mais on comprend que le récit soit adressé à un public ado-adulte malgré le graphisme très mignon et donc trompeur. Il y a des personnages véritablement terrifiants et des réactions pour le moins particulière chez certains autres et cela fait qu’il vaut mieux ne pas laisser ce livre dans les mains des très jeunes.
Lackadaisy dispose donc d’un premier volume qui donne envie d’en voir plus. Il n’y a donc plus qu’à visiter le site de Tracy J. Butler et de patienter à chaque nouveau strip.
P.S. A noter qu’il y a une partie de bonus non négligeable, très enrichissante et qui possède d’autres web-comics qui ne s’inscrivent pas dans la trame principale. Avec les illustrations en couleur, cela achève une excellente partie graphique et prolonge la comédie de l’ensemble.
Pour plus d’infos :
Le site de prépublication de Lackadaisy