mercredi 29 décembre 2010, par
(Big Dog Ink / Alfred Paige & Philip Morgan / Edson Alves)

Pinpoint est un militaire qui ne fait pas dans le détail et la finesse et c’est pour cela qu’on l’engage. En l’occurence, il doit aller sur une île au large de la Jamaîque dont les propriétés énergétiques sont assez intéressantes même si elles ont crée bon nombre de maladies et de morts. Ah oui, il doit aussi aller trouver une collègue qu’on a déjà envoyé là-bas. Soit elle s’est faite prendre, soit elle est passé du côté de l’ennemi mais comme l’île est protégée naturellement contre toute forme d’espionnage à distance, il faut envoyer du muscle.
C’est à peu près tout ce que vous saurez en lisant ce premier numéro de Pinpoint qui est, avouons-le, le plus pur exemple du plaisir coupable. Encore que de plaisir, je ne suis pas sûr que j’en ai pris beaucoup. Bon, la lecture de Pinpoint se fera de façon très rapide, tout est clair et ne vous demandera pas de lire et de relire telle ou telle réplique. Ici, on est dans l’action movie des années 80 avec un gros soldat qui n’aime pas bosser avec les autres et on l’envoie dans une mission qui ressemble fort à un suicide. Alfred Paige et Philip Morgan n’y vont pas avec le dos de la cuillère, à tel point qu’on verra même le héros se battre contre des enfants (bon des enfants soldats, mais des enfants quand même) qu’il renverra pleurer dans les jupons de leur mère (certainement, la scène la plus drôle des 22 pages). Que dire, si ce n’est qu’on est à deux doigts de la parodie.
Quant à Edson Alves, on ne peut pas dire qu’il ajoute dans la retenue. L’artiste a visiblement eu envie de faire des comics en lisant les productions de Rob Liefeld. Tous les personnages mâles sont des caricatures de body-builder avec des bras qui font deux fois la taille de mes cuisses et des cuisses ... bon vous voyez le tableau. A mon humble avis, ils se sont injectés du Venom pour avoir cette corpulence, il ne peut pas y avoir d’autres solutions. Le peu de femmes mises en scène ne permet pas de dire tout de suite si leur tour de poitrine fait cinq fois celui de leur taille. Les amateurs sont invités à lire les numéros suivants pour le vérifier.
Quant à moi, je laisserai Pinpoint à des gens qui sauront en faire un meilleur usage que moi et qui l’apprécieront plus. J’avais pris le comic-book sur le stand de Big Dog Ink au New York Comic-Con et il a été dédicacé par l’encreur qui se trouve être un français, Julien Hugonnard-Bert. J’ai dû assez bien caché mon accent cette fois-là car nous n’avons pas échangé un mot ... Bref, si vous aimez les récits de guerre avec des montagnes de muscles qui se mettent sur la tronche, quand ils n’envoient pas leur cirage dans l’oeil de leur voisin (seconde meilleure scène du bouquin), alors allez-y banco. Sinon, vous avez certainement mieux à lire.
Mes petits paris :
Envie de lire la suite ? Non, pas vraiment, ou alors chez un ami qui aurait acheté la série dans une volonté de voir jusqu’où peut aller le second degré.
Parution de la suite ? Big Dog Ink étant un "petit éditeur", je pense qu’il s’agit certainement de prime abord d’une mini-série. Et je pense qu’il y a un public pour ce genre de choses dans le circuit des éditeurs indépendants.
Parution du TPB ? Encore trop tôt pour le dire. Il serait intéressant de voir jusqu’où les créateurs sont prêts à aller pour pousser leur poulain dans les écuries cinématographiques.
Traduction en français ? Y a bien un français dans l’équipe mais cela m’étonnerait quand même beaucoup.