Onirique Comics 7.1

Accueil > Premiers essais > First Law of Mad Science #1

First Law of Mad Science #1

jeudi 23 décembre 2010, par Mathieu Doublet

(Autoproduit / Michael Isenberg & Oliver Mertz / Daniel Lapham)

George Baker est un scientifique qui a réussi, révolutionné son monde (avec une gestion optimale des transports publics et la création d’un robot à l’intelligence artificielle quasi-humaine) et présente son nouveau projet : des cyber-yeux. Comme Steve Jobs lance ses nouveaux produits, Baker présente ces nouvelles prothèses visuelles qui permettent de voir bien mieux et bien plus loin, avec plus de détails et de nuances. Toute présentation a son point d’orgue et pour le savant, c’est la pose en direct de ces nouveaux yeux pour démontrer la simplicité de la chose.
Ce qu’ignore le père Baker, c’est que son fils presque indigne (il travaille la science avec de l’ADN de grenouilles et des cartes de tarot) pense avoir crée la vie. Son père l’ignore complètement et le pense même fou jusqu’à ce qu’il voit à travers les yeux de son fils. Il y a effectivement près d’eux, des espèces de petites créatures vertes avec pas mal de pattes et de tentacules qui se baladent. Et cela a visiblement eu des conséquences facheuses pour un des collègues de Baker qui semble être passé par dessus le balcon de manière accidentelle. Pendant ce temps, sa femme, est loin, très loin, en train de découvrir un nouveau temple aux portes cachées. De quoi abriter bien des menaces en somme ...

First Law of Mad Science est comme il est de plus en plus le cas un projet fondé sur Kickstarter, une plateforme de mécénat en quelque sorte qui permet de donner des sous à des créateurs en échange de prix afin que ces derniers puissent créer quelque chose (album musical, film, bande dessinée, bijoux, j’en passe et des meilleurs). Et les scénaristes ont presque terminé le projet en le présentant au NYCC de cette année. Avec le décalage horaire, j’étais frais et dispo pour le lire dans la nuit et autant dire que je suis allé leur dire tout le bien que je pensais du comic-book le lendemain. La famille Baker est bien mise en scène et apporte un peu de fraîcheur dans une histoire qui est bien sombre, les ressorts ne sont pas forcément de première fraîcheur mais on se rend très rapidement compte des liens qui unissent cette famille très particulière. Ensuite, le patriarche est aussi très développé et possède l’ambuguité d’un scientifique dont on ne comprend pas tout à fait si le plus important est son invention ou les gens qui en pâtissent. Ajouter à cela une invention qui foire et qui ouvre une possibilité soit sur la folie, soit sur une nouvelle forme de vie pas super esthétique et vous comprendrez que je n’ai qu’une envie : lire la suite.

La preuve que l’histoire m’a vraiment plu, c’est que la partie graphique est inachevée. En effet, si les 7 premières pages sont finies et encrées (je doute que la couleur soit à l’ordre du jour), les planches suivantes vont de la finition des dessins au sketch rapide qui place les éléments. Une vision intéressante qui montre que les éditeurs des maisons d’édition sont capables de juger d’un projet sans forcément avoir besoin d’un album complètement fini. Et Daniel Lapham a un coup de crayon vraiment sympathique. Alors oui, on est encore parfois légèrement dans l’amateurisme la faute à une poignée de visages légèrement loupés mais ça n’est qu’une poussière à dégager par un peu de pratique par rapport à l’ensemble du bouquin. Le dessinateur a un style qu’il maîtrise et qui me plait. Les crayonnés sont aussi très sympa et la mise en page agréable.

Bref, j’ai vraiment été convaincu par ce premier numéro inachevé et j’espère que l’équipe de First Law of Mad Science aura la chance de totalement concrétiser leur histoire. Sur des coups de coeur comme ça, je ne vous garantis pas que vous soyez aussi enthousiaste que moi mais vous savez aussi qu’il y a une base solide sur ce comic-book.

Liens :
Le projet Kickstarter avec une bande annonce vidéo.
Le site officiel


Mes petits paris :

Envie de lire la suite ? Oui. Reste que ça ne va pas être commode de récupérer les prochains numéros.
Parution de la suite ? Hé hé, la grande question est là.
Parution du TPB ? Si la série a du succès, il est possible qu’on la retrouve chez un petit indépendant, c’est tout ce que souhaite aux auteurs.
Traduction en français ? Là, ça me paraît peu probable.