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X’ed Out vol. 1

lundi 13 décembre 2010, par Mathieu Doublet

(Pantheon Books / Charles Burns)

Doug est un jeune qui va mal : il pleure, il s’enferme chez lui tout en paniquant dès que la sonnette se met à retentir et ne s’appuie que sur le confort de quelques pillules qui ne lui font plus d’effet et dont le nombre se raréfie plus vite qu’il ne l’espère s’il en croit son calendrier. Bref, c’est un peu la panique. Mais cela n’a pas toujours été comme ça, Doug à un moment de sa vie avait des cheveux, une vie culturelle intense et des relations amoureuses compliquées. C’était toujours plus simple que de se réveiller dans un monde des plus étranges où sa chambre donne sur des égouts, où des espèces de lézards l’injurient copieusement et où il doit se faire guider par un nain rose quelque peu déformé.

Je ne suis pas particulièrement, et c’est un tort, les oeuvres de Charles Burns. Je ne connais de l’auteur que son oeuvre principale Black Hole et l’adaptation de son Dogboy par les gens de Liquid TV. Mais quand son X’ed Out est sorti et a été très bien accueilli un peu partout, je me suis senti obligé d’y jeter un oeil. Et dès la couverture, on se dit "La vache, le père Burns, il en a une sacré paire pour citer aussi ouvertement Hergé". Car sans même connaître les albums de Tintin sur le bout des doigts, l’oeuf de la couverture ne peut que faire penser au champignon de L’étoile mystérieuse. Et du coup, on cherche par la suite s’il n’y a pas d’autres clins d’oeil à la série. Le lecteur sera récompensé par mise à part la houpette commune (et apparaissant dans la toute première page), on verra apparaître des albums de Nitnit dans le fond d’une case. Mais pour l’heure, cet hommage est tout de même des plus anecdotiques car il est difficile de lier le jeune reporter à Doug qui est tout sauf une représentation positive de la jeunesse.

Burns approche des thèmes qui rappellent forcément Black Hole, ne serait-ce qu’avec tous les trous qui sont mis en scène dans la bande dessinée. Il y a aussi le mal-être d’un adolescent mais ce dernier est encore mal défini, laissant la part belle au lecteur de se faire son opinion sans qu’il y ait en même temps beaucoup de possibilités à la source des troubles de Doug. Là où l’auteur diffère de sa BD en noir & blanc, c’est qu’il aborde avec X’ed Out une parenthèse aventuresque, dans un monde particulier rempli de créatures étranges qui se mangent les unes les autres et dont les langues sont bien différentes de celles que nous connaissons. Le lecteur doit du coup se laisser prendre par la main et naviguer dans différentes parties de la réalité de Doug que celles-ci soient des plus réalistes ou des plus éthérées (avec ou sans l’aide de pillules ? cela reste à définir).

Au bout de la soixantaine de pages de X’ed Out, j’ai eu envie de dire "encore !", le style graphique de Burns, par moment très réaliste, par moment stylisé, est des plus séduisants et parfois angoissant mais toujours captivant et les problèmes de Doug sont suffisamment proches pour qu’on se sente attaché au héros qui est pour l’instant un gentil garçon. Il reste toutefois un nombre de questions très important dont j’ai vraiment envie de connaître les réponses. Donc si un tome 2 sort (et en regardant rapidement, Burns a l’air de garder une cadence d’un album par an), je serai de la partie.


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En VF : (sous le nom de Toxic - ???- aux éditions Cornélius)