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Market Day

samedi 11 décembre 2010, par Mathieu Doublet

(Drawn & Qurterly / James Sturm)

Mendleman est un marchand de tapis mais aussi un créateur d’oeuvres artisanales dont il tire un grand mérite et une grande fièreté. Il vit seul avec sa femme et cette situation va bientôt changer avec l’arrivée d’un nouvel être. Pour Mendleman, c’est l’occasion de se rendre seul au marché, un lieu unique où toute une faune à découvrir se livre. Son périple s’achève toujours chez Finkler, un commerçant qui n’aime que les articles de qualité et qui est devenu avec la constance du temps, un véritable juge et maître étalon à atteindre pour tout homme qui aime le travail bien fait. Malheureusement, quand Mendleman arrive avec deux compères artisans, il doit se rendre compte que Finkler a laissé sa boutique à un parent éloigné et que celui-ci ne compte absolument pas mettre le même prix que son prédécesseur dans les objets qu’il achète et revend. Notre tisseur va donc devoir faire avec et cela ne sera pas forcément chose simple.

C’est le premier titre de James Sturm que je lis et je l’avoue le premier bouquin de l’éditeur Drawn & Quarterly (même si j’ai lu un peu de Seth). Force est de constater que le livre est du plus bel ouvrage avec une couverture cartonnée et partie gaufrée et dorée. Il n’y a pas à dire, sur ce point, le fond et la forme se rejoignent, c’est un très joli livre auquel nous avons à faire là. A l’intérieur James Sturm ne démérite absolument pas. Ces cases sont inspirées de photographies et d’une collection de cartes postales mais j’y trouve aussi tout un courant pictural qui représentait les gens au travail fin XIXème, début XXème siècle. Il y a de la finesse dans le trait de l’artiste mais aussi une distance par rapport à trop de réalisme. Du coup, l’auteur sait où il faut cadrer ses personnages et ne fera quasiment aucun gros plan (il y a un en début d’albums pour illustrer les visages du marché mais c’est à peu près tout). Il en résulte donc de jolis dessins d’ensemble qui place bien le décor. Dès que la mauvaise nouvelle arrive, l’artiste dépeint le lieu central d’une manière complètement différente, exprimant bien le désarroi de son héros.

Bref, j’ai été complètement emballé par l’emballage, si je puis m’exprimer ainsi, et de ce point de vue, je ne peux que conseiller Market Day. Maintenant, sur la trame de l’histoire, son développement et sa conclusion, je serai nettement plus prudent. Car si les pensées de Mendleman sont superbement exprimées, il n’en reste pas moins qu’on est dans le cadre d’une anecdote, un événement très court, très brutal qui se voit développé sur 96 pages. Du coup, les amateurs de rebondissements en seront pour leurs frais. Les amateurs de fin claire aussi d’ailleurs. Car Market Day s’achève sur une fin des plus ouvertes qui permet à l’auteur de se débarasser d’une charge assez lourde concernant le devenir de l’artisanat. Sans choisir une voie ouvertement désabusée ni une fin par trop optimiste et naïve, Sturm laisse la main au lecteur qui pourra se faire son idée.

Voilà, vous avez toutes les cartes en main pour savoir si vous êtes intéressés par ce Jour de Marché. Personnellement, j’ai été très agréablement surpris par le rythme du récit même si j’ai été un peu déçu que cela se termine aussi vite. En tout cas, le livre continue dans la tête du lecteur, c’est sûr.


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