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The Walking Dead saison 1 (2010) - pas de spoilers

jeudi 9 décembre 2010, par Mathieu Doublet

Une série télévisée créée par Frank Darabont d’après le comic-book de Robert Kirkman, Tony Moore & Charlie Adlard
Avec Andrew Lincoln, Jon Bernthal, Sarah Wayne Callies, Laurie Holden, Jeffrey DeMunn, Steven Yeun et Chandler Riggs


Rick Grimes est un flic dans une petite ville près d’Atlanta. Une course-poursuite avec des mauvais gens, des fusillades et voilà le sheriff abattu et placé dans un hôpital. Quand il se réveille, force est de constater que les choses ont changé et qu’il est quasiment seul. Quasiment parce qu’il y a bel et bien des gens dans l’hôpital avec lui. Le seul souci, c’est qu’ils semblent absents, se déplacent bizarrement et sont franchement aggressifs. La raison : ils sont morts, voilà tout et revenus de là où ils auraient dû rester, ils cherchent de la viande fraîche. Rick Grimes, en bon père de famille, va chercher ce qu’il est advenu des siens.

La série télé présentée entre autres au New York Comic-Con et produite par la chaîne cablée AMC est donc tirée de l’un des comic-books indépendants les plus réussis de ces derniers temps (la série réussit le miracle de ne pas perdre de lecteurs au fil des mois, destinée funeste qui n’épargne pourtant aucun titre, fusse-t-il publié par Marvel ou DC Comics, les deux plus grands éditeurs). Alors, l’affaire était bien tentante et le premier épisode est d’une fidélité absolument ahurissante qui montre aussi toute la difficulté de transposer une bande dessinée en film avec une gestion du temps totalement différente.

En effet, le premier épisode m’a semblé avoir un rythme très lent comparé à la lecture des 22 pages d’un comic-book standard. Reste à savoir si la lecture et son rythme diffèrent d’une personne à une autre. En tout cas, le plus important à la fois dans la BD et dans la série TV, ce sont les rapports humains entre personnages dans un contexte post-apocalyptique où le danger rôde et se propage à très grande vitesse et où son espérance de vie ne se compte absolument plus en années. "A continuing story of survival horror" comme il est indiqué sur la BD. Du coup, on est plus dans les discussions, les tensions et les prises de décisions que dans l’éclatage de zombies et la tripaille à tout bout de champ. Alors oui, The Walking Dead est tout de même ce que l’on pourrait appelée une série gore parce qu’il a des scènes où les zombies en prennent pour leur grade. Si ces scènes ne sont pas nombreuses, il n’en reste pas moins qu’elle tachent jusqu’à la caméra (personnellement, j’ai beaucoup aimé que les plans ne soient pas coupés, malgré le côté "présence de la caméra").
Et donc ce genre de scènes, en vrai, ça prend beaucoup de temps à retranscrire, on ne peut pas jouer les lignes "en diagonale" comme on les lirait, et il faut bien entendu que ces scènes soient suffisamment bien mesurées et que les acteurs soient suffisamment bons pour que ça ne prenne pas rapidement des allures parodiques. Alors si Sarah Wayne Callies n’est pas vraiment la meilleure des actrices (les spectateurs de Prison Break se rappelleront sa prestation en tant que Docteur Tancredi), le reste du casting ne se défend pas mal du tout, ma petite préférence allant à Jeffrey DeMunn qui campe un Dale très sympathique.

C’est donc une bonne adaptation ? Je vous avouerai que si j’ai été très emballé par le premier épisode, la suite m’a un peu déçu. Je reste persuadé qu’avec plus de 77 numéros de BD à son compteur et une inspiration qui ne faiblit pas, la série télévisée aurait pu très nettement se contenter d’adapter la BD et de pouvoir en tirer un nombre conséquent de saison (surtout si elles ne font que six épisodes comme la première saison). Et pourtant, il faut croire que les créatifs derrière l’adaptation se croient meilleurs que le matériau de base. Je reste intimement persuadé que la série joue aussi la carte de la discrimination positive et que, dans un but purement commercial de faire participer un nombre maximal de spectateurs, on retrouve dans le camp des réfugiés autant de groupes ethniques qu’on peut en trouver aux USA. Pourquoi y a-t-il autant de personnages ? D’autant que certains quitteront l’aventure en cours de route (en se faisant bouffer ou pas, je vous laisse la surprise) et que d’autres sont là mais ne seront absolument pas présentés. En tant que lecteur du comic-book, ça ne m’a apporté aucune valeur ajoutée. Certains personnages semblent même importants mais seront mis de côté, certainement pour réapparaître par la suite, sauf qu’au sixième épisode, ils seront toujours absents. Quand à ce final, il m’a apparu d’autant plus étrange qu’il n’apparaît pas dans le comic-book et que l’unique lueur d’espoir n’apparaît que bien, bien plus tard dans la série.

Pour beaucoup, cette première saison a été quelque chose de fort mais pas forcément dans le bon sens du terme, y compris ce changement de scénaristes annoncé entre les épisodes 5 et 6, ce qui apporte d’autant plus de confusion que les épisodes écrits maintenant sont ceux qui seront diffusés l’année prochaine. Personnellement, je ne crierai pas au scandale : faire une adaptation qui plaise à tous est quelque chose de très ardu et peu sont ceux qui arrivent à contenter les fans et les spectateurs ne connaissant pas l’inspiration de base. Cependant, avec des effets de type "oracle prédisant le futur" et autres "secrets murmurés dans l’oreille", The Walking Dead tente d’utiliser des recettes qui fonctionnent dans beaucoup d’autres séries, quitte à perdre toute crédibilité et toute originalité. Les lecteurs qui se rappelleront les grands moments de la série devront être patients mais peut-être que les novices auront envie de se mettre à la bande dessinée.

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