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Superman Earth One

lundi 29 novembre 2010, par Mathieu Doublet

(DC Comics / J. Michael Straczynski / Shane Davis)


Le jeune Clark Kent décide de quitter la petite bourgade de Smallville afin de tenter sa chance dans la grande cité qu’est Metropolis. Une façon de trouver qui il est, d’aider sa mère et de subvenir à ses besoins comme il l’a juré à feu son père. Clark tente donc sa chance dans divers clubs sportifs, dans diverses structures scientifiques et tout lui réussit. Seul un job au Daily Planet lui résiste, job pourtant pas super reluisant pour un journal dont les ventes fondent à vue d’oeil. Pour le rédac’ chef, les écrits de Kent sont tout à fait classiques mais il sent que le jeune homme lui cache quelque chose. Et c’est d’autant plus vrai que l’enfance de Clark Kent à Smallville a démarré par le crash de sa navette spatiale et sa découverte par Jonathan et Martha Kent. S’en suit une adolescence difficile où Clark doit cacher à tous qu’il a quelque chose de prodigieux en lui. C’est l’arrivée de méchants tout plein qui va changer la donne.

Vous ne connaissez pas Superman ? Vous ne savez pas qui il est ? Vous ne le connaissez que par le biais du film de Bryan Singer ou mieux de la saga initiée par Richard Donner ? Alors laissez-moi vous dire une chose : "Bienvenue sur Onirique Comics !".
Trève de plaisanteries, ce Earth One est donc la nouvelle présentation de l’archétype du super-héros en rouge, bleu et jaune. Et à vrai dire, j’étais plutôt méfiant sur cette nouvelle donne, les origines de Superman étant beaucoup trop régulières à mon humble avis pour être honnête (et encore, je n’ai pas lu le Secret Origins de Johns et Frank). J’y allais donc plutôt à reculons mais John Michael Straczynski (JMS pour les intimes, les feignants du clavier et les angoissés de la typo) a plutôt réussi son coup. Il transpose Clark Kent dans notre monde moderne avec des navettes spatiales, des moyens de communications et toute une culture qui a bien évoluée depuis 1939 (voire les années 80 pour la rénovation des origines par John Byrne). Il faut dire que JMS dans sa dédicace accède à quelque chose dont il a toujours rêvé et il en profite un maximum en faisant de Clark non seulement une force de la nature mais aussi un véritable génie (ce qui n’est pas forcément donné dans la version standard du personnage). Moins naïf (mais pas encore entraîné à cultiver sa double identité), plus sujet à des questions existentielles, kent est plus mélancolique, plus réaliste car moins parfait. Le déroulement de l’intrigue est suffisamment bien fichu pour que j’ai accroché et apporte le début d’une nouvelle galerie de vilains sans compter les militaires humains toujours aussi paranoïaques.

La franchise Earth One est un gros coup pour DC qui s’essaie de façon a priori plus régulière et sur des personnages plus mainstream à des récits directement parus en albums. Il faut donc taper fort et juste. JMS est déjà une belle signature mais si en plus l’artiste est un gras doué, les prises de risques sont forcément moindres. C’est donc sur Shane Davis que le choix de DC se porte et il est complètement logique. Pour moi, Davis, c’est le nouveau Jim Lee dont l’inspiration me semble importante. Jeune artiste pas encore superstar (il faut dire qu’à part quelques numéros sur la JLA, Davis n’a pas encore bossé sur de grands titres), il apporte une qualité indéniable au récit avec un graphisme fin, un design des personnages très moderne et une mise en scène des plus efficaces. Alors, non, cet album n’est pas ce que Davis peut faire de mieux. J’ai trouvé que sur certaines cases, certaines planches, la qualité était parfois légèrement moindre. Le néophyte en prendra plein les yeux, le lecteur plus assidu verra que l’artiste a rendu des choses plus séduisantes notamment sur Mystery in Space et puis sa Lois Lane ressemble étrangement à Jennifer Carpenter, actrice jouant la soeur de Dexter. Plutôt un bon choix.

Bref, ce Earth One avait tout du hit en puissance et le fait qu’il réussisse à remplir ces objectifs n’est pas étonnant puisqu’il associe des auteurs attirant les lecteurs habituels de comics tout en dépoussiérant très clairement la franchise du premier super-héros. Du bon boulot qui appelle bien entendu une suite qui sera réalisée puisque JMS a précipitemment quitté les titres habituels Superman et Wonder Woman pour se consacrer aux Original Graphic Novels (OGNs donc). Espérons que DC le garde suffisamment longtemps pour qu’il puisse créer une belle histoire qui pourrait être une référence.


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1 Message

  • Superman Earth One 30 novembre 2010 13:05, par Flanby

    J’avais remarqué la même chose pour Jennifer Carpenter ! :)

    Sinon, très bonne lecture.
    J’avais vraiment l’impression de lire une BD tiré d’un film.
    D’ailleurs si reboot il y avait au ciné, ce serai un scénario parfait.

    Vivement la suite...

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