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Pixu : The Mark of Evil

dimanche 7 novembre 2010, par Mathieu Doublet

(Dark Horse / Gabriel Ba, Becky Cloonan, Vasilis Lolos & Fabio Moon)

Dans une vieille maison, plusieurs individus cohabitent : il y a un homme qui se lave chaque jour avec soin car il attend un événement et pense que la propreté est le meilleur moyen de se rapprocher de la divinité ; un jeune couple qui se
fâche parce que la demoiselle a les humeurs très changeantes ; un homme mûr qui a perdu sa femme et qui semble avoir une relation étrange avec une petite fille ; petite fille dont le grand-père semble plus intéressé par sa collection d’animaux enfermés dans des bocaux de formol et puis bien sûr, il y a le propriétaire qui n’est pas la personne la plus avenante et qui rappelle à ses locataires qu’ils sont en retard dans la remise du loyer. Bref, tout un petit monde sur le bord de l’implosion. Et cette implosion ne va pas tarder, elle rampe le long de la maison sous la forme d’un graffiti des plus étranges et chaotiques. Et plus le graffiti avance, plus les choses semblent irrémédiables.

Pixu est comme il l’est annoncé sur la couverture est à la fois la marque du Mal qui annonce une mort imminente et aussi selon la médecine chinoise, tout un ensemble de fonctions physiologiques ayant rapport, si je ne m’abuse avec la rate. Enfin, c’est tout le même le premier élément qui l’emporte sur le second. Les personnages vont subir des transformations dans leur comportement et toute l’ambiguité du livre est de savoir si oui ou non il y a quelque chose de mauvais qui s’infiltre ou si tout se passe dans l’imaginaire des habitants. Bon, le livre laisse tout de même entendre qu’il y a quelqu’un d’autre dans la maison mais la seconde possibilité est tout aussi envisageable. Car bien entendu, on ne verra jamais (sauf sous forme de tags) la véritable nature du Pixu en question.
C’est là toute la force du livre : laissant la liberté au lecteur d’y voir ce qu’il veut, Pixu prend une allure des plus impressionnantes et des plus angoissantes puisque l’angoisse est justement ce qu’on imagine et pas ce que l’on voit. A ce petit jeu, le récit à huit mains réussit complètement son tour de passe-passe. Les auteurs composent des récits qui s’alternent et montent en tension jusqu’à un final qui bien entendu sera tout sauf heureux.

Graphiquement, j’y ai tout à fait trouvé mon compte. je connaissais déjà les frères Ba et Moon et appréciait leur travail ; j’avais déjà lu le Demo sur lequel avait travaillé Becky Cloonan et bonne nouvelle, point de source manga dans Pixu, l’artiste utilisant une autre facette dans le livre. Restait Vasilis Lolos duquel je n’avais rien lu mais aucun souci, il rend des planches noires & blanches aussi puissantes et pesantes que ces collègues.

Pixu, c’est un peu comme si Silent Hill s’était condensé dans une maison. Il y a nettement moins de monstres mais on sent tout à fait cette malsaine ambiance mélangeant problèmes psychologiques et horreur. Les amateurs apprécieront.


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