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Crusades T.1 : Le spectre aux yeux d’argent

lundi 1er novembre 2010, par Mathieu Doublet

(Humanoïdes Associés - Izu & Nikolavitch / Zhang Xiaoyu)

Les guerres de religion, ça n’est jamais une fête avec pétards et cotillons. Ca serait plutôt histoires d’épées, de lances, de flèches et de corps démembrés. Alors quand pendant la cinquième croisade, une équipe de Templiers tentent
de forcer un camp sarrasin, ils sont loin de se douter qu’ils vont découvrir une large pièce ressemblant fort à une sépulture. Perdu ! Il s’agit plutôt d’un garde-manger pour une créature qu’ils n’ont encore jamais rencontré et qu’ils
ne rencontrent sans doute jamais plus vu qu’ils sont en charpie peu après la sinistre rencontre. Seul le jeune écuyer François s’en sort, rapportant au légat papal, Pélage, ce qui vient de se passer.

Et paf, vingt-cinq ans plus tard, après le cuisant échec de cette cinquième croisade, l’association entre Guillaume de Sonnac, Chevalier du Temple, et l’égyptien appelé le Voyageur semble des plus étranges. Pas tant que ça en fait, parce qu’ils s’allient dans le but d’éliminer un ennemi commun, les Assassins qui semblent avoir mis en place une arme de destruction plus que massive et qui ne peut rien apporter de bon à personne. Le souci pour de Sonnac, c’est qu’il lui faut l’approbabtion du nouveau pape pour se lancer dans le combat et la présence d’un infidèle en la personne d’un alchimiste, personne qu’il n’a pas vraiment quitté en bons termes ; de plus s’il fait partie de la famille.

Avec un paquet de wagons de retard, je vous parle de Crusades, oeuvre des scénaristes Izu et Nikolavicth (dont les lecteurs français connaissent bien son travail de traduction de comics ainsi que son Spawn Simony). Une oeuvre un peu particulière puisqu’on pourrait la qualifier d’historico-horrifique. A partir d’un contexte historique bien renseigné (il n’y a pas qu’un conflit cathos / musulmans et d’autres factions militaires mondiales sont mises en scène) ; les auteurs passent au registre horrifique (avec des bestioles pas franchement sympathiques et surpuissantes) avec des ambiances qui tiennent de plusieurs genres : historique donc avec visiblement un malin plaisir à faire parler les personnages tout en retenue ; actionnesque, avec une équipe qui se rapproche des sept salopards ; guerrier, avec une scène d’ouverture sanglante et survitaminée.
Izu & Nikolavitch mènent leur barque avec entrain et on ne s’ennuie pas une seule seconde alors que l’équipe se forme, qu’ils ont déjà des sous-missions plutôt plaisantes jusqu’à rencontrer l’Ennemi avec un grand E. Et comme si tout cela ne suffisait pas, les deux hommes nous pondent un cliffhanger tout simplement inattendu. Et paf ! Pour peu qu’on apprécie tous les genres de BD, il n’y a pas de raison de ne pas apprécier la conclusion de ce premier épais album.

Zhang Xiaoyu (je suis sûr que je vais faire une faute de frappe à un moment ou à un autre) s’occupe des dessins et l’artiste chinois s’en tire avec les honneurs. Il met déjà le paquet sur la scène d’ouverture avec la confrontations entre les croisés et les sarrasins. Alors, ça charcle sévère, je préfère vous prévenir mais c’est diablement efficace. Il y a la patate, la violence et la lisibilité. Par la suite, le dessin se fait plus doux mais tout aussi détaillé. Je me suis rendu compte que Xiaoyu avait un style qui relevait bien entendu de l’école asiatique mais qu’il y avait aussi un style proche des récits "réalistes" de la revue Pif (Doc Justice, Rahan). Il en sort un mélange harmonieux qui allie un dessin très détaillé (avec beaucoup de hachures) et un dynamisme qui ne faiblit jamais. Ajoutons à cela, les très jolies couleurs de Zhou Hualong et Ji Lian qui relèvent encore les ambiances ensoileillées, feutrées ou bien carrément sombres de l’histoire.

Faites-vous un petit plaisir et prenez Crusades qui se révèle un très bon album pour peu que vous ne soyez pas réfractaires à quelques litres de sang versés de ci de là. Et gardez vous de jeter un oeil à la fin de l’album pour vous préserver une très bonne surprise. Les maigres bonus permettent de ne pas tomber sur la fin de l’histoire mais il est dommage qu’on n’en ait pas eu un peu plus.


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(Tiens, allez, prenez un peu d’avance sur moi avec le deuxième tome qui vient de sortir.)