Onirique Comics 7.1

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Frankie Stein

jeudi 28 octobre 2010, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Steven T. Seagle / Marco Cinello)

Le petit Frankie vit dans un château aux abords de Transylvania dans l’état de Pennsylvanie. Son père lui interdit de quitter le château suffisamment éloignée
de la ville qui est infestée de monstres. Sauf que, sauf que, le 31 octobre approche et que cette date est importante pour Frankie puisqu’il s’agit de son anniversaire.
Et la maturité aidant, il se dit qu’il est bien intéressé par les monstres d’autant qu’il aperçoit deux enfants par la fenêtre qui disent venir de la ville et qui
l’accuse lui d’être un monstre. Il faut dire que Frankie a tout ce qu’il faut, une belle cicatrice au front avec un boulon qui lui transperce le crâne et une peau d’un
vert du plus joli effet. Alors il se décide à aller en ville pour satisfaire sa curiosité et il se pourrait bien qu’il y ait des monstres bien plus horribles que lui
dans les environs ...

Attention les amis, Frankie Stein n’est pas un comic-book ! C’est un livre pour enfants composé par le tandem Steven T. Seagle et Marco Cinello à qui l’on doit le récit
absolument pas pour enfants, Soul Kiss. Les deux vont donc se livrer au petit jeu de l’histoire illustrée sur 44 pages et raconter les histoires d’un petit garçon bien
naïf qui va faire des rencontres étranges lors d’une soirée elle aussi des plus étranges. Alors pour nous, c’est un peu difficile à appréhender culturellement parlant (même
si le commerce tente de nous la faire rentrer dans le crâne) mais Frankie Stein est un pur livre destiné pour Halloween (vous noterez l’habile date de parution de la part de
l’éditeur). Débute donc une partie de faux-semblants et de masques, une bataille contre les préjugés et les idées véhiculées par les autres.
On retrouve les idées chères à Steven T. Seagle dont un rapport père / fils inhabituel mais nettement plus sain que sur Solstice et des scènes qui trouvent bien entendu
leur écho dans les films de James Whale (Frankenstein et la Fiancée de ..., les deux seules véritables adaptations du roman qui valent le coup). L’histoire suit son train bien
gentiment jusqu’à un final heureux. Peut-être trop tranquillement pour que ce soit un livre jeunesse indispensable : le héros est certes naïf mais il faut vraiment chercher pour
comprendre qu’il n’a a priori que 3 ans (alors que les lecteurs seront eux beaucoup plus âgés que le héros mais peut-être pas suffisamment mûrs pour en comprendre la subtilité)
et les péripéties qui lui arrivent auraient pu être plus nombreuses.

Au niveau de la complexité de l’album, cet effet est renforcé par le fait que tout se raconte en double-pages et que les illustrations sont parfois trop petites pour les remplir.
On se retrouve donc avec un bouquin aéré et des pirouettes au niveau design. Peut-être aurait-il pu y avoir une construction différente avec plus d’illustrations et plus
d’action. En fait, j’ai souvent eu l’impression d’avoir à faire à une adaptation d’un dessin animé plus qu’un véritable album jeunesse. Ceci étant le travail de Marco Cinello est des plus réussis :
le design des personnages est accrocheur et très approprié pour les jeunes lecteurs qui trouvent un trait rond et des couleurs pétantes, tout cela dans un mélange réussi, parfaitement dans les codes d’Halloween et loin d’être tape à l’oeil. Pour le coup, au niveau des couleurs, on se
rapprocherait presque des tons utilisés par Jill Thompson pour son Scary Godmother.

Frankie Stein est une réussite incomplète. Il y a un beau livre agréable à tenir dans les mains, l’ambiance et le fond de l’histoire qui peuvent mener à des discussions intéressantes avec les jeunes lecteurs mais il manque une
direction plus carrée qui m’aurait permis de pouvoir écrire qu’on tenait là un véritable album jeunesse.


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