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Solstice

mardi 26 octobre 2010, par Mathieu Doublet

(Active Images / Steven T. Seagle / Justin Norman)

Ce TPB reprend pour la première fois les deux premières parties du récit publiées chez Watermark et ainsi que la conclusion inédite.


Hugh Waterhouse est un jeune homme qui a un gros problème : son père. Se sachant atteint d’un cancer incurable, ce dernier décide de partir à la recherche de la fontaine de jouvance, guidé par un homme étrange lui chuchotant à l’oreille ce qui convient de faire. Cela ne serait pas véritablement un souci pour Hugh si ce n’est la personnalité de son père. Millionnaire accompli, Russell Waterhouse ne connait simplement pas le concept du mot "non" surtout quand il l’entend de la bouche d’un interlocuteur. Hugh va donc devoir payer très cher les lubies et ses caprices de son père, tiraillé entre une fascination et une haine aussi profonde l’une que l’autre.

Récit d’action et d’introspection, Solstice est ce que Steven T. Seagle sait faire de mieux : un récit sur des personnages finement ciselés qui prennent le lecteur aux tripes. A l’instar de Hugh qui nous raconte l’histoire, on ne peut qu’être saisi d’admiration ou d’horreur quant il s’agit de son père, de bonheur ou de sécurité quand il s’agit des accompagnateurs lucides du duo Waterhouse. Et Seagle ne va pas y aller avec des pincettes, il va frapper là où ça fait mal jusqu’à la chute de son héros. Pour mettre du piment dans son récit, il le déconstruit complètement, le laissant aller au gré de l’esprit de Hugh qui vagabonde, passe d’un élément à un autre avec logique mais sans grande continuité. Un peu comme nous fonctionnons nous-mêmes en quelque sorte, une belle façon de rapprocher héros et lecteur.

Pour un récit comme Solstice, il fallait un dessinateur au style très réaliste. Ce sera le cas de Justin Norman qui a un trait très précis et détaillé. Le dessinateur s’attachera plus aux personnages qu’aux décors mais quand ceux-ci sont présents, on en prend plein les yeux. Quant aux personnages, leurs visages apportent un complément très appréciable à leurs paroles. On sent les différents sentiments (ambigus ou non), les tensions qui apparaissent, bref, on ne s’ennuie pas une seconde. Pris par le récit, je n’ai pas forcément fait attention à une différence de style entre la dernière partie et les deux premières. Il faut dire qu’un certain nombre d’années est passé entre le deuxième et le dernier épisode. Un tour de force pour le dessinateur qui doit donc retrouver ses marques. Le fait que je n’ai pas été choqué montre bien que l’ensemble est des plus homogènes et que le tour de force est réalisé avec brio. En y regardant de plus près, on verra bien quelques cases qui sont différentes du reste du bouquin mais rien qui ne fasse décrocher de l’histoire.

Solstice est donc un récit d’une centaine de pages qui vous entraînera aux quatre coins du monde et de l’âme humaine. A vous de voir si vous souhaitez faire le voyage ...


Pour une preview du titre, le site de Comic Book Resources avait bien couvert le sujet.

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