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New York Comic-Con 2010 (8 au 10 octobre 2010)

vendredi 15 octobre 2010, par Mathieu Doublet

J’ai eu la chance de pouvoir retourner à New York pour la cinquième année du NYCC. Je ne reviendrai pas sur les préparatifs qui sont les mêmes que l’année dernière et, vu la taille de la convention, complètement indispensables.

La raison la plus simple, c’est que vous risquez d’oublier des choses. En ayant pourtant prévu bien à l’avance ce que je voulais faire, j’ai trouvé le moyen d’en oublier. On arrive donc à la partie déception pour ouvrir cet article, une partie qui sera très largement contre-balancée par plein de bonnes choses.

J’ai donc oublié de :
- voir le stand Arsenic Lullaby et ça m’a bien faire braire parce que je voulais acheter la version animée. Pour l’omnibus, c’est moins grave, je n’avais de toute façon pas de place dans mon sac.
- voir le stand Radical. Plus pour la visite que pour un réel besoin. Toujours est-il qu’il devait être plus petit que l’année dernière ou moins visible ...

Et je n’ai pas pu voir :
Mike Carey (loupé), Justin Gray (pas de stand et pas là avec Palmiotti) et Jeff Lemire (malade, ce qui m’a bien peiné parce que j’avais pris la VF d’Essex County et que c’est quand même un super gros bouquin encombrant).

Bref, toujours est-il que le reste du séjour s’est bien passé. Vu le poids de mes bagages, j’ai décidé de prendre une navette directe vers l’hôtel. C’est certes plus cher que le métro (20$ au lieu de 7-8$) mais bon, mon dos en verra d’autres pendant la visite donc autant ne pas trop le solliciter.

L’hôtel Radission Lexington était l’un des moins chers proposés par le NYCC et desservi par une navette gratuite pour aller à la convention. Passé le fait que le Wi-Fi gratuit n’était disponible que dans les parties communes (ce qui n’était pas bien précisé), l’hôtel est très agréable. La chambre est petite mais propre. La vue est complètement bouchée par les gratte-ciels en face mais ce n’est franchement pas ce qui me motivait et ça fait quand même très couleur locale. Un café en bas de l’hôtel proposait des petits-déjeuners bien copieux mais beaucoup plus chers que le petit café en face de l’hôtel Park Central fréquenté l’année dernière.

La nouveauté, c’est que je suis rentré avec un pass professionnel ce qui était possible étant enseignant. Et apparemment, les pass pros ont dû être largement distribués vu la queue du samedi mais j’y reviendrai.

Jeudi : hé oui, aussitôt sorti de l’aéroport et de l’hôtel, je me rends à la CBDLF party qui a lieu dans un petit bar, le Village Porthouse. J’y retrouve le père Chris Colin de France Comics par un sacré et heureux hasard. Suivant le prix que vous y mettez, vous vous retrouvez avec un package contenant un puzzle d’Elephantmen, un comic book Firebreather, le Liberty Annual 2010 en édition plus ou moins limitée, des cartes Red Sonja, une carte d’une vieille série dédicaée par je ne sais pas trop qui et ... un pin’s Rocketeer ! Ca commence plutôt bien sauf qu’à l’intérieur du bar (où il y a effectivement des auteurs présents), c’est tellement bruyant qu’il est difficile de se parler. On a même eu droit à une scène de beauferie américaine qui ne m’a pas énormément plu donc l’année prochaine, la CBDLF party se fera probablement sans moi.

Vendredi : récupération du pass et queue pour entrer dans la convention. Un moment très pratique puisqu’on accède à la convention dès 10 heures, trois heures avant le reste du public. Ce qui m’a paru très étrange pour le coup, c’est que les "panels" (les conférences) spécialement pour les pros ne débutaient que vers midi. Et ce qui est aussi particulier, c’est que les artistes ne sont pas tous là, loin s’en faut.
Je voulais de toute façon démarrer par le stand d’Albert Moy, un représentant de beaucoup d’artistes dont Amanda Conner et Darwin Cooke suite à un souci avec Paypal. Hé bien, il m’aura fallu revenir plus tard car même Albert n’avait pas fini d’installer son stand. Chez IDW, les cartons n’étaient pas sortis non plus et ça a été finalement une très bonne chose.

J’ai donc attaqué l’Artist Alley qui était séparée du reste de la convention par deux couloirs pour cause de travaux dans le bâtiment (et vu le monde, j’aime mieux vous dire que je n’aurai jamais entendu les ouvriers travailler). Ce qui se traduit par un relatif manque de place (en réalité la convention de cette année était bien plus grande que celle de l’année dernière) mais surtout par deux espaces qui permettent de respirer et de circuler plus facilement. L’occasion aussi de réguler les visiteurs sur les deux parties (stands et artist alley) pas négligeable du tout.
Je rencontre donc Andrew Pepoy qui vend toujours les planches sur lesquelles il a bossé à un prix défiant toute concurrence et qui a signé mon exemplaire de Simone & Ajax. Le bouquin en co-édition (IDW et Comicmix) n’a malheureusement pas eu beaucoup de promotion et n’a eu qu’un succès relatif (alors que le bouquin alla-ages dispose de différents niveaux de lecture). IDW est prêt à relancer la machine en rééditant le bouquin mais il faut d’abord écouler les exemplaires existants. Cela pourrait être une bonne chose puisque les précédentes aventures en noir & blanc de Simone et de son dragon pourraient voir le jour dans la foulée.

Repassage par Moy et IDW (pas trop de linge fripé donc ça va), récupération de planches chez d’autres revendeurs et donc chez IDW, bonne nouvelle, le second Parker est disponible et Darwin Cooke est même là pour customiser un poil sa création. Il faut dire que les bouquins vendus sont déjà numérotés et signés. Cooke place donc quelques coups de pinceaux sur l’une des premières illustrations et me signe aussi la planche de Jonah Hex que j’ai achetée plus tôt. En voyant les bouquins avec lesquels je me balade, il discerne le Essex County de Jeff Lemire qui est pour Cooke l’un des meilleurs comic-books jamais produits. On discute brièvement du futur passage de Lemire sur Superboy qui est pour le moins étonnant.

Amanda Conner et la dédicace à l'envers sur The Pro

Un coucou à Amanda Conner pour lui faire signer des comics (dont le Wednesday Comics qui m’aura handicapé pendant toute la convention) et lui offrir la version française de The Pro avec du fan-art.

Le reste de la journée sera essentiellement consacrée aux signatures et dédicaces. Je vais au panel How to rationalize comics in the classroom, puisque c’est celui qui est essentiellement destiné aux profs pour me rendre compte que les systèmes éducatifs sont véritablement différents avec des considérations qui sont elles aussi très éloignées. J’étais parti en me disant que je ne devais pas avoir d’idées préconçues sur le fait que les enseignants européens étaient plus avancés en matière de BD à l’école mais c’est pourtant l’effet que cela m’a fait. D’autant que j’ai mal compris le mot ’rationalize’ qui a une dimension économique assez forte et qui était loin de mes préoccupations pédagogiques.

Je passe de stand en stand avec une mention ’plus que passable’ pour Marvel, DC et Image. En effet, les plus grands editeurs ne sont pas fichus de prevoir qui passera sur leur stand ou pas. Chez Marvel, je me rendrai compte que le planning sera revele sur Comiclist le jeudi tandis que DC et Image ne communiqueront que sporqdiquement sur leurs artistes signant. Heureusement que Jim Valentino et son label Shadowline ont un stand dans l’Artists’ Alley, cela permet de rencontrer quelques auteurs comme A.J. Lieberman, scenariste de Cowboy Ninja Viking.

Je réussis néanmoins à placer mes catalogues du festival de BD russe Kommissia à certains scenaristes : Jimmy Palmoitti, Peter David mais aussi Joe Kelly et Steven T Seagle. Les deux représentants du studio Man of Action répondent à mes questions. Kelly va continuer Four Eyes qui est en cours de réalisation et le quatrième numero de Bad Dog est enfin terminé. Le scenariste espère que le titre réussira à enfin tenir un rythme mensuel. Steven T. Seagle lui dit qu’il se lance uniquement dans des one-shots ou des graphic nivels. Il vient de sortir Frankie-stein, un album pour enfants, qu’il a realisé avec Marco Cinello (son acolyte sur Soul Kiss). Il est étonnant qu’on retrouve l’idee de Frankie-stein, cinq ans auparavant dans une interview complétant le TPB de la mini-serie Solstice.

Samedi : pass pro ou pas, c’est une queue énorme qui se présente mais qui s’évacue tout de même très rapidement. Le début de la journée est calme mais la convention prend rapidement de l’ampleur et la circulation devient plus difficile. L’air bien venu viendra de l’espace des panels qui est moins fréquenté. L’occasion d’assister à Comic books, graphic novels & manga for kids qui ne m’aura pas apporté grand chose. La discussion a rapidement viré vers les mangas (très peu de comics américains ou européens auront été cités) et sur la partie des enfants 8-10 ans. L’ouverture du panel à propos du terme "kids" montrait qu’il s’agissait d’un terme très large mais puisque d’autres panels étaient consacrés aux adolescents et aux adultes, j’ai trouvé que le sujet était assez mal traité. Il faut dire qu’en une heure, il est aussi difficile de faire ce que l’on veut.

Tom Fowler (en fait, il est super sympa)

Je retrouve aussi Tom Fowler l’artiste de Mysterius the Unfathomable que j’avais loupé la veille (faire la convention sans portable relève du challenge quand vous devez retrouver quelqu’un qui n’a pas de stand). Fowler et Parker attendent que la fin des droits chez Wildstorm arrivent pour placer la série chez un autre éditeur (voire même un éditeur européen) et m’a annoncé que la série prévue en trois volumes avait déjà sa suite d’écrite. Il n’y a donc plus qu’à attendre que tout cela se fasse. Il me montre aussi les planches qu’il a réalisées pour un Marvel Team-Up où la Chose recrée son tournoi de catch. Si les références sont anciennes, toute la BD semble très bien fonctionner et Fowler réalise encore un très bon boulot.

Difficile de trouver Justin Gray (apparemment malade) ou Jimmy Palmiotti pour fournir l’exemplaire français de Jonah Hex mais j’y arrive quand même. Comme Palmiotti semble sur le depart, je n’ose lui demander une photo. Et du coup, j’oublie de lui faire signer quelques uns de mes comics deja oubliés vendredi ... En fait, tout le samedi aura été des ’va et vient’ entre les différentes zones et vu le peuple, c’était assez compliqué.

Rencontre aussi avec l’excellent Jamie Tanner pour une dédicace de The Aviary. Le second bouquin, The Black Well, avance bien, on attend toujours la dernière partie alors que les deux premières sont accessibles à tous les fans qui ont permis de financer sa création. Je ne pourrais pas assister au panel consacré aux projets Kickstarter car il se passe trop tard le dimanche.

Trop tardifs sont aussi les panels Femmes Fatales ainsi que le concours de cosplay. Arrivant après 20 heures, tous ceux qui veulent prendre les navettes gratuites ne pourront pas y assister puisque les bus quittent la convention au plus tard à 19h30.

L'énigmatique Jamie Tanner

Dimanche : Je me disais que les navettes partaient à 13h30 de la convention comme les autres jours et que donc j’avais jusqu’à cette heure là pour rôder. C’est donc ce que j’ai fait même si j’ai passé trop de temps chez les vendeurs de planches originales. Compliqué de voir les artistes en début de matinée car ils ont dû faire un peu trop la fête la veille mais certains sont tout de même là et pas forcément parmi les plus célèbres, ce qui leur permet d’avoir plus d’attention parmi le public. J’ai tenté de distribuer les derniers comics en russe qui me restaient mais j’ai finalement tout laissé à un membre de Marvel dont j’ignore s’il aura réussi à donner les comics aux intéressés.

Tentative désespérée de trouver les comics qui me manquent. Un passage la veille dans le magasin Midtown Comics aurait dû me mettre la puce à l’oreille : impossible de trouver des titres indépendants ayant plus d’un certain âge. C’est ainsi que j’ai trouvé les Teenage Mutant Ninja Turtles qui me manquaient mais pas le Stumptown, le Great Unknown ou le King City. Grrrr.

Petit passage par le DC Town Hall Meeting, un panel mené par Dan Didio et Jim Lee. En fait, c’est une véritable discussion entre les têtes de DC et le public afin de prendre la température. Mais l’essentiel de la discussion a tourné autour des versions numérisées des comics avec tous les avantages et les soucis que cela occasionne. Si j’ai bien tout saisi, Wildstorm (ou ce qu’il en reste) va devenir à terme la division de DC chargée des comics en digital.
Bonne nouvelle, les titres DC reviennent à 2.99$ ce qui est une bonne chose. Si certains lecteurs se disent prêts à reprendre les titres qu’ils ont abandonés avec l’augmentation du prix, ça ne sera pas mon cas. Finalement, le passage à 3.99$ aura facilité la transition comics mensuels / TPBs.

Hop le retour des titres à 2.99$ chez DC :)

Dan Didio et Jim Lee

13h30 arrive et je vois que les bus ne démarrent pas. C’est bien entendu parce qu’ils partent à 14h30. Sachant que la navette pour l’aéroport est à 14h45, je commence donc à paniquer puis décide de prendre un taxi. Et coup de bol, c’est la parade pour Colombus Day qui bloque toute une avenue et donc pas mal de circulation. J’arrive tout de même à l’heure à l’hôtel après un poil de marche. Un final compliqué pour un séjour qui aura été énergisant (je n’ai commencé à fléchir chaque jour qu’à partir de 18 heures et en n’ayant pas dormi des masses) et euphorisant.

L’année prochaine, il faudra que je pense :
- à prendre moins de comics à faire signer
- à visiter plus conscieusement la partie Small Press
- à prendre le temps de faire plus de photos

Mon anniv’ tombe le 15, ça serait dommage de louper ça ...

Bonus : le NYCC le samedi, ça donne ça :

Messages

  • Merci pour ce reportage très intéressant qui donne à la fois envie et qui fait reculer un peu aussi ! (pinaise, ça peut être le parcours du combattant).

    Sinon, peux-tu éclaircir un petit peu cette partie : "J’étais parti en me disant que je ne devais pas avoir d’idées préconçues sur le fait que les enseignants européens étaient plus avancés en matière de BD à l’école mais c’est pourtant l’effet que cela m’a fait."

    J’avoue ne pas comprendre : tu trouves qu’on parle beaucoup de BD dans l’enseignement européen ?

    Voir en ligne : http://www.france-comics.com/

    • Oui, c’est un peu ca. J’ai essaye fort fort fort d’aller a la conference en me disant que j’allais y apprendre quelque chose et puis finalement, vu ce qui a ete dit et montre, j’ai realise que le comic book est nettement moins integre dans l’ecole americaine que chez nous. je ne dis pas que les enseignants europeens sont tous des pros qui integrent la BD dans leur cours mais je trouve globalement qu’il y a plus de personnes engagees dans cette voie en Europe que par rapport a ce que j’ai vu a la conference.

      D’un autre cote, peut-etre que le public americain assistant a la conference etait plus cale que les conferenciers et est reste poliment silencieux ...

    • ça m’étonnerait fort concernant le public US !
      Sinon, oui, je confirme, la bd ne fait pas vraiment partie du cursus par les enseignants. A part si c’est ta voie à l’université.

      C’est très spécialisé dans l’ensemble des niveaux là-bas. Quand j’étais à l’université, j’ai refait quasi tout le lycée ! En plus de ton domaine que tu choisis, ils te font passer une aire générale obligatoire aussi grosse si ce n’est plus que ton domaine de prédilection !
      Celle-ci est composée de 4 sections couvrant l’ensemble des domaines pour que tu sois préparé dans la vie et que tu ne connaisses pas que de la chimie par exemple si c’est ton diplome.

      Tu fais donc de l’écriture, de la lecture, des langues étrangères etc...en section 1, une grosse partie science en section 2 avec physique, chimie, biologie, math, astronomie, etc..
      Des sciences sociales en section 3 avec de l’économie, histoire, géographie et tout le tintouin, et en section 4, c’est tout ce qui est art, musique, ...

      Tout ce qu’on fait au lycée en France, même si c’est du niveau université aux US !
      Ce qui est marrant aussi, c’est que au collège (middle school aux US, "college" étant un autre nom pour Université là-bas), ça fonctionne façon lycée à la francaise avec l’ensemble de ces differentes matières et un emploi du temps sur toute la semaine.

      Voila, voila pour quelques éclaircissements d’après ce que j’en sais.