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Cowboy Ninja Viking #1-5

jeudi 7 octobre 2010, par Mathieu Doublet

(Image Comics / A.J. Lieberman / Riley Rossmo)

Duncan est un "triplet". Une espèce d’agent secret pas ordinaire puisqu’il démarre assez particulièrement avec un trouble de la personnalité. En gros, dans
sa tête, ils sont plusieurs. Et ça, il y a des scientifiques suffisamment tarés pour en tirer profit et transformer des êtres psychiquement assez fragiles
en véritables machines à tuer. Duncan a donc dans sa tête un cowboy, un ninja et un viking qui conversent avec ou sans lui et dont chacun possède ses facultés aussi bien sociales que professionnelles. Alors quand un projet tourne mal et que les triplets sont censés être morts, l’Etat Américain apprécie assez peu de retrouver un navire ayant explosé et un océanographe / gladiateur / pirate aux postes des douanes australiennes. D’autant que Duncan qui a déjà la gâchette / shuriken / hache facile est ce qu’on pourrait appeler une "réussite". Autant dire que si les autres triplets, tous considérés comme des échecs, sont encore en vie, cela signifie une belle brochette de tarés armés jusqu’aux dents et tout à fait capables en liberté. Et bien entendu, seul Duncan a une toute petite chance de se confronter à ses amis d’hôpital psychiatrique.

Cowboy Ninja Viking est la production d’A.J. Lieberman, un scénariste qu’on connaît mieux pour avoir pris les rênes de la série Gotham Knights et pour avoir fait de Hush, un personnage à part qui dure encore jusqu’à présent (ce qu’il aurait été difficile de prédire après le run de Loeb et Lee). Et pour CNV, le scénariste se lâche complètement. On va avoir de l’action, de la violence et de l’humour, derrière une sombre histoire de revanche et de conspiration. Ce sont bien les trois points qui rythment la série et qui la rendent très fun. Alors oui, on va avoir droit à un découpage de tête en deux et en bien détaillé mais cela est inclus dans une espèce de comédie de situation qui dédramatise les moments les plus gores. Et autant dire que les personnages, tous autant qu’ils sont, sont des fous bien trop atteints pour espérer être soignés. Au milieu de tout ça, il y a Nix, une jeune femme à qui on a promis un joli poste bien placée dans une administration mais qui se voit embarquée, à trois jours de la "quille" dans tout cette histoire. Etant la seule personne saine d’esprit (parce que le scientifique qui a crée les triplets est tout aussi effrayant et inconscient que ses "créatures"), cela permet là encore un décalage qui sera pour le plus souvent l’occasion de rigoler.

Si j’ai commencé CNV, c’est bien entendu pour le concept complètement à la masse mais aussi pour le dessin. Riley Rossmo est un dessinateur que je ne connaissais absolument pas. Le canadien a pourtant déjà bien montré son talent pour IDW (un segment de Shadowplay) ou encore pour Image (Negative Burn, Proof - damned, faut vraiment que je lise cette série, ...) Voir qu’il a bossé pour IDW n’a pas été plus étonnant que ça parce que je retrouve dans ses
planches quelques éléments propres à Ashley Wood. Je vous arrête de suite, Rossmo n’est pas un artiste au style proche de Wood. On est dans un découpage de planches bien plus classique par exemple mais certains aspects me rappellent le deuxième papa d’Automatic Kafka (les tons de gris et la couleur unique utilisée parfois par bandes, le côté très croquis des cases dès qu’on s’éloigne des personnages, par exemple). Le résultat est des plus étonnants et rafraîchissants faisant de CNV, un comic-book à part, ne serait-ce que par ses dimensions (identiques à celles de King City, on dépasse largement celles d’un comic-book d’ailleurs, et heureusement, sinon certaines cases auraient perdu de la place et seraient devenues quasi-illisibles avec la réduction).

Bref, vous aurez compris que j’ai vraiment accroché à CNV même si ça n’est pas une série toujours facile à suivre (le premier numéro a un souci au niveau de l’ordre des bulles - sur lesquelles, il y a un très joli travail de design d’ailleurs - et des cases). Mais le délire et la case finale du numéro 5 valent bien le coup de se pencher sur une série hors-norme.


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