mercredi 29 septembre 2010, par
(Big If Comics / Sara Edward-Corbett, Kevin Mutch, Fintan Taite, Tobias Tak, Lance Hamsen, Henrik Rehr, Adam McGovern & Paolo Leandri, Mark Sunshine, Bishakh Som, Vera Martinez, Chris Capuozzo, Hans Rickheit, Jim Rugg, Brian Marucca, Connor Willumsen, Geoff Grogan & Joe Infurnari)
Qu’est-ce qui l’allure d’un quotidien et qui est bourré de comics ? "Wednesday Comics !" me direz-vous puisque la revue de DC a été compilée et qu’elle est même traduite et publiée dans les numéros de Comic Box. Mais non, ce n’est pas
de Wednesday Comics dont j’allais vous parler mais de Pood. Sa maison d’édition n’a que ce titre en place mais quel titre ! Pood est donc un magazine très grand format avec le même papier ultra cheap dont sont faits les quotidiens.
Et pour chacune de ses pages, il y a une histoire différente, un essai graphique pour nous dire ou nous raconter quelque chose.
Ca commence avec deux gamins qui vont essayer de ruser pour se faire du pognon dans la plus grande tradition du comic-strip américain mais avec une certaine acidité, un cynisme qu’on ne trouve pas ailleurs. Vient ensuite une amazone bleue aux seins pointant vers le ciel qui ne fera pas grande chose de sa page, deux gamins essayant de racheter une bêtise Un type qui a perdu la mémoire, un père et son fils qui rentrent du camp de boy-scouts, une page dont je ne vois absolument pas ce qu’elle représente, un type qui visite un coin sans vraiment savoir comment il est arrivé là, des êtres étranges qui ont une machine à modifier l’univers, une histoire de famille compliquée, les aventures d’un hippopotame robot miniature, une petite fille trop curieuse, un gorille agent des USA, un western, des savants fous et pour terminer un couple de vagabonds.
Il y a donc de la matière dans ce premier numéro de Pood. Et chaque artiste (ou couple d’artistes) va utiliser sa page de diverses façons. Dans la plupart des cas, on a droit à une vraie histoire qui tient toute seule comme une grande et même s’il y a un "à suivre" à la
fin de la page, on se sent rassasié. C’est certainement la majorité des bandes dessinées de ce numéro. Certains multiplient les cas, voire de façon excessive, comme dans Work Projection Administration, où une loupe sera la bienvenue pour lire ce qui est écrit. A la multitude
de cases, on assiste parfois à une mise en page assez étrange comme dans Babyslithers ou bien Cloverleaf mais je m’y suis retrouvé sans grande difficulté et cette mise en page est assez censée en fonction des histoires racontées.
Graphiquement, c’est très riche et très varié. Cela va du comic-strip classique (Babyslithers) au franchement hermétique (Nevertheless Alive), du cartoony trashouille (The Ring) au constructivisme (Sunita), du trait simple (Giraffe Trapping Music) ou super détaillé (Cochlea & Eustachia).
J’ai donc été assez emballé par cet essai de publication hors-norme qui fait comme les grands et même en mieux ! Il est clair cependant que Pood ne s’adresse pas aux amateurs de comics uniquement passionnés par les super-héros et qu’il faut savoir apprécier la bande dessinée indépendante dans ce qu’elle a de divers au point de vue des styles.
Le blog : http://poodcomics.blogspot.com/