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Arkham Asylum : Madness

vendredi 1er octobre 2010, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Sam Kieth)


Elle s’appelle Sabine, c’est une petite brune menue et plutôt jolie qui a la chance que son mari et son garçon l’emmène au travail.
Là où elle a moins de chance, c’est que son boulot, c’est d’être infirmière à l’Asile d’Arkham. Pour son gosse, c’est un job super
cool où on a l’occasion de croiser des super-vilains très célèbres. Mais Sabine n’est pas Harley Quinn (qu’elle rencontre fréquemment
d’ailleurs) et sait bien que l’asile est un endroit des plus dangereux où ne travaillent que ceux qui ne peuvent pas faire autrement,
un endroit où on espère ne jamais être tiré au sort pour faire la garde de nuit. Heureusement que Sabine a avec elle sa collègue Randy,
plus ancienne et qui lui sert d’épaule réconfortante. Et elle en aura besoin car aujourd’hui à l’asile, l’horloge centrale fait un drôle
de bruit (personne ne peut l’atteindre avec les escabeaux à disposition, c’est à se demander qui a pu la placer aussi haut) tout comme
les conduits d’eau qui commencent à goutter. Quand on sait que ceux-ci sont reliés à l’aquarium géant qui sert de cellule à Killer Kroc,
on se dit qu’il fait bon réviser la tuyauterie de temps en temps ...

En post-face de l’album, Sam Kieth nous annonce que Madness est le dernier des quatre projets pour lesquels il a travaille chez DC (avec
le Lobo en compagnie de Scott Ian, le Batman Confidential et un projet mystérieux réalisé avec Steve Niles encore à paraître - a-t-il ou non oublié sciemment son Batman / Lobo ? Bonne question.) Et comme l’indique l’auteur, c’est certainement le projet le plus
réussi de la part de Sam Kieth depuis sa réapparition chez DC Comics.

On suit donc une journée type de Sabine avec des séquences qui sont rythmées par l’horaire indiqué en haut des pages. Elle rencontrera à la fois
les prisonniers (pardon, les patients) de l’asile mais aussi ses collègues qu’ils soient au dessus ou au dessous d’elle hiérarchiquement parlant.
Pour les travailleurs de l’institut, chacun ira de son petit truc afin de survivre à une journée de labeur où tout peut mener à la folie totale.
Ce qui est très fort de la part de Kieth, c’est qu’il réussit à insinuer un véritable malaise sans aligner les rencontres avec les "monstres" de
l’univers Batman. En fait, c’est le lecteur qui se fait tout seul sa petite sauce à force d’indices disséminés ici et là et qui montrent que les
choses ne sont pas normales, même au sein de la maison de fous. Alors que les fans hardcore se rassure, on verra bien le Joker en véritable maître
de maison (enfermé certes mais ayant visiblement le statut de roi du bâtiment) mais ça n’est pas le plus important dans ce récit.

Et le père de The Maxx signe une copie visuellement parfaite. S’il y a utilisation de l’ordinateur, celle-ci est assez transparente et on n’assiste
plus à des copier coller comme cela a pu être le cas dans le Batman Confidential. Si l’artiste a peint et repeint certaines planches, le résultat final
est à la hauteur et on ne peut pas dire qu’il a trompé le client sur la marchandise. Tout comme le scénario, la réalisation porte bien la marque de Kieth
mais celui-ci est plus carré dans la construction de ses pages. La lecture en devient plus aisée et finalement, la violence et le malaise y gagnent en
efficacité. Heureusement, l’auteur glisse de temps en temps des petits passages humoristique (même s’il s’agit d’humour noir) qui permettent de détendre
un poil l’atmosphère.

Madness est la troisième incarnation de l’asile avec son propre titre (après les essais de Grant Morrison et de Dan Slott) et ne fait absolument pas honte
à ses prédécesseurs. Si le but était de montrer que l’asile semble être une entité existante et vivante à part entière, le contrat est rempli. De quoi se
réjouir de ce que Sam Kieth a encore à nous réserver tout en sachant que sa prochaine production avec Niles était la première réalisée et donc peut-être moins
réussie.


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