jeudi 23 septembre 2010, par
(Vertigo / Joshua Dysart / Cliff Chiang)

Sun Green, l’arrière-petite-fille du fondateur de la ville de Greendale, a une vie des plus simples. Elle excelle dans tout ce qu’elle fait et possède une grâce tout simplement incroyable. Pourtant, on pourrait penser qu’il lui manque quelque chose : après tout, c’est souvent le cas quand deux jumeaux ou jumelles naissent qu’un des deux enfants ne survit pas. Mais ces derniers temps, Sun a le sommeil troublé, une femme habillée comme une indienne lui demande d’"être la pluie" et trouble son sommeil. mais ça n’est pas vraiment tout : son père, un peintre de talent mais ne vendant aucune de ses toiles, peint un homme que Sun a cru voir traverser les murs. Est-ce une hallucination ou le climat ambient (guerre en Irak, cousin qui deale, ...) qui perturbe à ce point la jeune fille ? Ce qui paraît clair, c’est que sa famille a connu des périodes assez sombres et que sa mère cherche à ne pas en parler. Sun va donc devoir apprendre ce qui est arrivé dans le passé pour mieux accepter ce qui lui arrive.
Greendale est au départ un album de Neil Young qui a été ensuite adapté en comédie musicale et même en film. Si Joshua Dysart s’inspire
de la ville et de la structure de la famille (3 générations dont l’arbre généalogique est présent sur les couvertures intérieures de l’album),
il y ajoute un côté surnaturel qui n’est pas si incongru. En effet, si j’ai bien compris l’intérêt du phénomène Greendale (je n’ai écouté qu’une
fois l’album pour l’instant), c’est que Neil Young y incorpore des idées sur les médias de masse (la télévision essentiellement), la politique et
l’écologie. Et les pouvoirs de Sun, comme ceux de toute sa famille, sont liés à la nature et intègre de ce fait l’écologie avec plus de finesse
(d’autant que le titre est publié chez Vertigo - donc prompt à posséder des passages surnaturels) que si elle était matraquée par des situations
réalistes.
En ayant écouté l’album et lu le bouquin en même temps, j’ai trouvé que le mariage des deux n’était pas forcément une grande réussite. En tout cas,
il y a dans l’album un côté blues qui laisse voir un cadre ancien tandis que les personnages qui sont dépeints dans la bande dessinée sont tous
jeunes et dynamiques. Il faudrait que je retente l’expérience pour voir si les deux collent bien ensemble.
Cliff Chiang (artiste entre autres de Green Arrow / Black Canary, Crisis Aftermath : The Spectre ou l’Elseworld Golden Streets of Gotham) propose son trait si élégant à la famille Green. Sun (comme presque tous les personnages féminins) est superbe, les différentes générations sont bien représentés (les vieux ont des visages plein de caractère, les jeunes gardent toute leur innocence), et les différentes scènes s’enchaînent avec de superbes décors et les couleurs de Dave Stewart.
Greendale est donc a priori une bonne (et libre) adaptation de l’oeuvre de Neil Young mais aussi et avant tout un récit fantastique de bonne facture anti-militariste et écologique avec un style graphique des plus élégants. Notez d’ailleurs que le livre est imprimé sur du papier recyclable.
Pour acheter ce livre : (La couverture est en réalité plus marron que grise.)
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