Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > Autres éditeurs > Time Bomb #1-3

Time Bomb #1-3

samedi 7 mai 2011, par Mathieu Doublet

(Radical Comics / Justin Gray & Jimmy Palmiotti / Paul Gulacy)

- Touche pas au bouton, qu’on t’a dit !
- Mais pourquoi ? C’est pour ça que vous m’avez embauché non ?
- Ouais, mais maintenant, on a un énorme missile avec un gros oméga dessus qui vient de décoller et il lache un virus super mortel qui devrait
tuer toute la population terrestre d’ici 60 heures.
- Ah ?
- Ouais.
- Et ?
- Ben ...

En fait, heureusement qu’il y a une organisation appelée Nouvel Ordre Mondial qui existe bien cachée depuis 40 ans et qui dispose tout de même de quelques moyens pour peut-être empêcher le désastre. Et ce moyen, loin d’être fiable à 100%, c’est une bombe temporelle. Son inventeur n’a pas pu aller au bout de son idée (trop coûteuse) et l’a finalement testée lui-même : il n’est jamais revenu. Ceci étant, pour les quatre soldats choisis, être envoyés dans le passé sans être sûrs de revenir ou bien mourir dans les 60 heures à venir, il n’y a pas énormément de questions à se poser.
Logiquement, ils devraient se retrouver au maximum 40 ans avant et réussir à convaincre les dirigeants allemands qu’il y a un gros missile planqué sous le métro berlinois et qu’il ne faut absolument pas y toucher. Le gros problème, c’est surtout que les soldats américains se retrouvent projetés en pleine Allemagne nazie et forcément, dans ce contexte, les choses sont un peu plus tendues. Surtout quand l’un des soldats est noir. Niveau camouflage et infiltration, ça risque d’être compliqué.

Voilà, je vous ai raconté à peu près le premier numéro de ce tryptique qu’est Time Bomb. C’est finalement le seul souci de cette bande dessinée : avec ce premier numéro, on n’a le droit qu’à l’introduction du récit. Sur 22 pages, on rencontre de plus en plus ce genre de situation. Mais là, on est sur du 52 pages par numéro. L’avantage, c’est que le terrain est bien balisé : on a la situation initiale (tout le monde va mourir) et les personnages tout pourris (ce sont tout de même des tueurs) qui sont censés nous sauver.
Jimmy Palmiotti et Justin Gray vont donc se faire un plaisir de concevoir par la suite deux numéros nettement plus action-packed dans cette histoire qui fait rimer nazis et projet technologique ultra-sophistiqué. Vous aurez le droit à votre lot d’explosions, de storm-troopers de la seconde guerre mondiale qui partent dans tous les sens, et à un très logique décalage de forces puisqu’en presque 70 ans, le marché militaire a lui aussi fait de gros progrès en matière de destruction.
Aucune surprise quand on voit les signatures, les personnages sont très soignés. Chaque soldat a son caractère bien reconnaissable et son heure de gloire dans un récit qui ne manquera pas de numéros de bravoure. Bien entendu, comme ce sont des personnages "couillus", les dialogues sont à l’avenant, on a à faire à des pros qui se ménagent pas la sensibilité des autres (ou la leur) pour arriver à la fin de la mission. De quoi leur donner à la fois une image quasi-indestructible, image qui sera parfois malmenée ... mais j’en ai déjà trop dit.

C’est Paul Gulacy (beaucoup trop de titres pour être listés mais bon, pour donner une idée, on va citer Master of Kung-Fu, Catwoman, Batman : Proie ou encore Jonah Hex) qui se charge de la partie artistique (dessin + encrage) et si le dessinateur ne fournit pas de mauvais travail, il faut quand même noter que les personnages ont
des anatomies particulières et que les parties d’ombre n’arrivent pas toujours à corriger les erreurs commises. Certains visages sont un peu limites surtout sur la durée et quand ils ne sont pas tout simplement dessinés de face ou de trois-quart. J’ai préféré les numéros que l’artiste avait dessiné pour Jonah Hex par exemple mais il n’en reste pas moins que les scènes d’action (de la destruction massive du premier numéro par exemple) sont explosives, que les prises de vues sont variées et que le tout dispose de beaucoup de détails et d’héroïnes très séduisantes. D’autant qu’avec le rythme exigé par le scénario, on se fait rapidement au "style" du dessinateur.

Time Bomb poursuit donc la lignée des récits de genre (comme The Last Resort ou Random Acts of Violence) de la part de Gray et Palmiotti qui choisissent de travailler avec l’un de leurs amis pour un bouquin luxueux (Radical Comics oblige). Il n’y a que la toute toute conclusion (la page finale) qui aurait méritée d’être un peu plus rallongée pour concevoir comment les personnages ont modifié le présent (quelques très fins détails semblent montrés mais j’aurais aimé en savoir plus). Le récit qui se suit avec énormément de plaisir donc.


Pour acheter ce livre :

En VO :

Sur Amazon.com :

Sur Amazon.fr :


Ce que j’écrivais à propos du premier numéro :

Envie de lire la suite ? Oui,même si je n’attends pas la suite la langue pendante.
Parution de la suite ? Oui, vu ce que Radical publie, il n’y a pas de raisons pour que les deux parties suivantes de Time Bomb ne sortent pas.
Parution du TPB ? Oui aussi, Radical compile tous ses titres.
Traduction en français ? Il n’y a pas la colorisation habituelle de chez Radical mais le style de Gulacy pourrait bien passer. Reste à voir comment les autres séries Radical ayant déjà eu leur traduction (FVZA, The Last Days of American Crime) se portent.

Messages

  • Je l’ai lu et je l’ai trouvé agréable.
    Et je parierai même qu’il s’agit du concepteur de la capsule temporelle (Philip Page, de souvenir) qui serait à l’origine de la ville nazie souterraine : il fabrique la capsule à voyager dans le temps et disparaît « mystérieusement » ; mais en fait, il se retrouve dans l’Allemagne nazie, apporte son concours scientifique au Troisième Reich et explique l’existence d’une telle anomalie scientifico-technico-historique !

  • Comment je suis trop fort !

    J’ai été enthousiaste suite à la lecture du Time Bomb #1. Mais déçu par les 2 numéros suivants qui tournent au massacre façon « Where Eagles Dare » (un film avec Richard Burton et un tout jeune Clint Eastwood) - on retourne également l’idée de la jeune femme blonde infiltrée. A noter une grosse lacune : quelles sont les motivations qui poussent Philip Page à rejoindre l’idéologie du IIIème Reich ?