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Scott Pilgrim 6 : Scott Pilgrim’s Finest Hour

dimanche 22 août 2010, par Mathieu Doublet

(Oni Press / Bryan Lee O’Malley)

Ramona est partie, elle a disparu en remerciant Scott pour le bon temps qu’elle a passé avec lui mais c’est finalement une maigre consolation
pour le jeune homme qui avait enfin réussi à vivre un semblant de relation stable. Alors grâce à ses parents qui lui ont enfin payé un appartement,
Scott tente de vivre. Ce qui signifie être allongé sur son canapé et jouer à la PSP tandis que ses amis lui rendent visite. Mais la menace Gideon
(le dernier ex-petit ami mauvais de Ramona) pèse toujours au dessus de la tête de Scott même si on se demande encore si cela vaut le coup que la
lutte se fasse.

Ca y est. Bryan O’Malley est arrivé au bout de son longue histoire et j’en ai donc profité pour relire toute la saga de ce glandeur de première qu’est
Scott Pilgrim. Autant dire que j’étais plus ou moins hésitant à la fin du premier volume, que j’avais apprécié la montée dans le délire durant
les volumes 2 à 4 et que je m’étais résigné sur le changement de ton, nettement plus amer en fin de tome 5. Et finalement, ce dernier volume
ressemble plus au précédent qu’aux débuts de la série.

Alors dans ce sixième tome, il y aura plein de délires certes (le Negascott, les pouvoirs de l’amour et de l’espoir, Gideon le boss final qui a tout
du vrai grand méchant comme dans Double Dragon à l’époque) mais ce qui me dérange le plus, c’est que le style s’est mis à ne plus foncionner. Je comprends
tout à fait que c’est un passage à l’âge adulte que vit Scott Pilgrim et que ce passage dépend de l’amour qu’il porte à Ramona. Mais pourquoi est-ce que
ce passage doit se faire à défaut d’humour, de bonne humeur, de déconne ... Dès qu’un passage grandiloquent arrive, il y a toujours un message caché plus
profond qui est là, comme si on ne pouvait garder une rock attitude en vieillissant et en murissant. Dans une bande dessinée aussi rock’n’roll, aux allusions
vidéoludiques, j’ai vraiment ressenti ça comme un renoncement à tout ce qui se faisait avant. Et il n’y a pas que Scott qui se range, presque tous les autres
personnages trouvent leur place et se séparent plus ou moins. Où est le fun dans tout ça ? Fallait-il que Scott Pilgrim devienne soudainement réaliste dans
sa dernière partie ? Enfin, "réaliste", les parents Pilgrim ont tout de même sacrés bons dos pour payer à leur benjamin un appartement et que celui-ci arrive
à lacher 200 dollars pour une console de jeu ...

C’est donc légèrement déçu par le manque d’humour et de fantaisie ainsi que le côté trop orienté mal d’adolescent (qui vont certainement adorer) enfin résolu que
je termine cette belle saga qu’est Scott Pilgrim. A vous de voir si vous allez supporter ce côté limite fleur bleue et cet arrête de rock’n’roll attitude.


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