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Planetary #1-27

jeudi 12 août 2010, par Mathieu Doublet

(Wildstorm / Warren Ellis / John Cassaday)

C’est au milieu du désert, à l’intérieur d’un improbable "dinner" planté en plein nulle part, que Jakita Wagner fait la rencontre
d’Elijah Snow. Elle travaille pour une organisation particulière appelée Planetary et son équipe doit fonctionner avec trois membres.
C’est en tout cas ce que prétend le "quatrième homme", un homme qui reste dans l’ombre et qui finance toutes les entreprises et autres
actions des archéologistes de l’impossible. Lui, c’est un homme aux cheveux blancs et sales, tout comme le costume qu’il porte et là,
ce qu’il fait de ses jours, nul ne le sait. La seule chose, c’est qu’il vient très régulièrement siroter un café qui a le goût de "pisse
de chien". Alors quand on lui propose un contrat qui ne l’engage à pas grand chose et qui paie un million de dollars par an à vie, peu importe
ce qu’il se passe ensuite, autant dire qu’Elijah n’hésite pas très longtemps.

Après s’être rafraîchi, Elijah Snow rencontre son second partenaire : le batteur. Non il n’a pas d’autre nom que celui-ci et sa particularité est
de parler aux machines. Et il amène la première mission du trio : aller aux Adriondacks, une chaîne de montagnes aux travers desquelles une entreprise
quelconque cherche à traverser. Les infos arrivent aux oreilles de Planetary qui va donc enquêter car les Adriondacks sont le dernier lieu où a été vu
Doc Brass, docteur Axel Brass, né le 1er janvier 1900, date à laquelle moult humains aux capacités spéciales ont vu le jour. Il leur faut donc aller sur
les lieux pour enquêter. Et ils tombent bel et bien sur un homme qui a arrêté de vieillir depuis 50-60 ans. Celui-ci les accueille avec un flingue et pour cause,
il défend l’univers depuis l’intérieur de ces montagnes contre des envahisseurs qui surgissent d’un flocon de neige géant qui se révèle être une porte entre
des mondes parallèles.

Et paf, là, Warren Ellis nous pond ce qu’il a aussi amené dans sa série The Authority : The Bleed, la théorie du multivers selon Wildstorm qui, étant racheté par
DC par la suite, deviendra aussi la colle entre les mondes alternatifs vus dans les différentes crises, jusqu’à Final Crisis où Morrison y apporte bien entendu
sa propre touche. Et l’air de rien, Ellis amènera tout un univers des plus étranges ("It’s a strange world. Let’s keep it that way", comme le dit Elijah Snow ou en VF
"Quel monde étrange ! Pourvu que ça dure.") avec à chaque numéro, une nouvelle idée. Si beaucoup de celles-ci vont dans un seul sens et seront récupérées dans un final tout
simplement grandiose (double effet kiss cool, la lame du rasoir qui lève le poil pour que l’autre le coupe et tutti quanti), il est quand même hallucinant de lire autant
de concepts qui pourraient être developpés sur de nombreux numéros et qui ne sont là que sur 22 pages. Un amour de la technologie, des révolutions scientifiques et des récits
de genre. A l’instar d’un League of the Extraordinary Gentlemen, chaque numéro de Planetary dispose d’une couverture originale (jusqu’au logo titre qui change d’allure en
fonction de la couverture) qui met en avant les films de monstres japonais ou américains, les westerns, les polars, X-Files, les titres Vertigo, j’en passe et des meilleurs.
Bref, de la variété dans les récits qui sont rondement menés et qui se rejoindront tous dans un même but, tout en ayant apporté de grandes choses à l’univers Wildstorm sans
qu’il soit nécessaire de lire les autres séries de l’éditeur pour profiter pleinement de Planetary.

John Cassaday est le dessinateur que j’ai appris à apprécier sur Astonishing X-Men. Sur Planetary, il est très sympathique de voir son style s’enrichir de numéros en numéros.
Très rapidement, il est évident que Cassaday maîtrise le langage graphique et qu’il excelle en alter-ego de Bryan Hitch sur Authority. Les deux hommes réussissent à suivre le script
d’Ellis et à apporter du spectacle "bigger than life" dans deux registres différents mais tout aussi efficaces. Sachant qu’il termine le dernier numéro de Planetary après ceux d’Astonishing
X-Men, on appréciera l’évolution du dessinateur même si parfois, sur ce dernier numéro, on sent que Cassaday était assez pressé par le temps. Pour le reste, Planetary étant aussi bourré
de références aux super-héros et aux héros de pulps, le design de Cassaday est des plus efficaces et guide le lecteur pour savoir qui est qui.

Avec Planetary, Ellis est à la fois dans la référence et dans un quasi-chef d’oeuvre qui n’est pas sans rappeler ce qu’Alan Moore a pu réaliser pour son label ABC. Oui, rien de moins. Alors,
c’est vrai que j’avais rapidement laché l’affaire quand la VF était sortie chez Spark (en binôme avec Tom Strong - tiens, tiens) et finalement, je le regrette car Planetary est une série riche
qu’il faudra certainement lire et relire pour en saisir toutes les subtilités. Mais sachez déjà que, si les concepts de Warren Ellis sont parfois un peu compliqués à suivre, ce comic-book est
un véritable classique dès sa première lecture.


Pour acheter ce livre :

En VF : (la VF n’a publié que les épisodes 1 à 23, il reste donc encore un volume pour avoir la totalité du récit)

En VO : (version Absolute d’abord qui ne contient pas de bonus particuliers, puis en TPB)

Sur Amazon.com :

Sur Amazon.fr : (le 4ème TPB doit certainement correspondre au hardcover et le softcover ne semble pas être encore disponible)

Messages

  • Pourquoi 5 TPB en fr. et 4 en us ?

    Sinon le cross-over "crossing worlds/d’un monde à l’autre" est -il indispensable à la bonne compréhension de la série et vaut il le coup ?

    Merci :)

    • Pourquoi 5 TPB en fr. et 4 en us ?

      Le 4ème TPB US va jusqu’au numéro 27 mais la version française va jusqu’au 24. Je suppose donc qu’il y aura un cinquième tome en VF avec certainement les crossovers qui ne sont pas inclus dans les 2 tomes Absolute que j’avais sous la main.

      Sinon le cross-over « crossing worlds/d’un monde à l’autre » est -il indispensable à la bonne compréhension de la série et vaut il le coup ?

      A priori je dirais non parce qu’en ne lisant que la série mère, je n’ai pas eu l’impression d’avoir loupé grand chose. Je n’ai pas lu ces crossovers (au pluriel) mais en voyant les titres repris (Planetary/The Authority : Ruling the World (2000), Planetary/JLA : Terra Occulta (2002), Planetary/Batman : Night on Earth (2003) ), je me dis que c’est surtout l’occasion de la rencontre de deux enfants du siècle, Elijah Snow et Jenny Sparks.

      Le crossover avec Batman est l’un des premiers cross entre DC et Wildstorm et l’air de rien, Warren Ellis avec ses titres chez WS, a complètement redéfini les terres parallèles chez DC. Il me semble donc que les crossovers apportent des détails concernant ces terres parallèles mais ne sont pas à proprement parler indispensables.

  • Va falloir que je me décide un jour à la commencer cette série. Après VO ou VF, je me tatouille. Je verrai en fonction des finances

  • WOuah ! Je découvre ce site qui est super ! Continuez comme ça ! J’adore !!! Les chroniques sont vraiment trés bien faites, et puis, vous etes pas à la bourre, il me semble que c’est bien actualisé.

    Et donc, je découvre aussi Planetary, ça a l’air vraiment bien ! Juste une question, la série est terminé aux USA ?