vendredi 23 juillet 2010, par
(DC Comics / Sam Kieth)

Du nitrate de potassium, du charbon et du soufre, voilà la recette pour réaliser de la poudre à canon ou plus simplement, n’importe quelle balle pour arme à feu. Une odeur que Batman connaît bien pour l’avoir marquée à jamais quand il était beaucoup plus jeune et qu’il a assisté au meurtre de ses parents. C’est une odeur qui accompagne le cadavre d’un clochard qui ne semble pas avoir du tout été abattu par balle justement. Le corps est littéralement déchiqueté et cela ne semble pas non plus être l’oeuvre d’un couteau. Il reste donc la possibilité qu’une créature, qu’un taré, voire qu’un fantôme ait fait le coup. Gordon propose à Batman d’aller voir une jeune femme qui s’occupe des sans-abri afin de trouver une piste. Mais pendant ce temps, une autre innocente fait les frais de l’assassin et Batman fait la rencontre d’une forme floue qui lui parle de sa faculté à se nourrir des âmes de ses victimes, des victimes qui ont perdu quelque chose un peu comme le chevalier noir ...
Sam Kieth continue à bosser pour DC Comics. Et après ses passage sur le personnage de Lobo (Deadly Serious->357] et Highway to Hell), je ne
me faisais plus d’idée sur sa capacité à fournir une histoire correcte. Heureusement que cet arc de Batman Confidential revient sur cette idée et
réhausse le travail récent de Sam Kieth (père de The Maxx mais aussi des très bons Four Women ou encore Zero Girl).
Dans Ghosts,
Sam Kieth revient sur l’idée fondatrice de la création du personnage de Batman, le meurtre de ses parents et s’en sert pour rendre
le personnage principal faible. Son ennemi va s’enfoncer bien profondément dans son esprit et va conduire le super-héros à être dépendant d’une jeune
femme qui est, en plus, aveugle. L’auteur joue bien entendu sur les mots et l’aveuglement de l’un et peut-être plus handicapant que celui de l’autre.
Et qui dit "aveugle" appelle forcément à l’utilisation d’autres sens. On n’est bien entendu pas dans le cadre d’un aveugle à la Daredevil mais toute
l’idée selon laquelle l’odorat est important
est bien exploitée au cours du récit.
Sam Kieth, c’est aussi une aventure graphique à lui tout seul et sa mise en page est relativement sobre durant ces quatre numéros (sobre pour du Kieth, qu’on s’entende bien). J’adore toujours autant son Batman, à la cape improbable (pensez à Spawn pour retrouver une cape équivalente et donc pratiquement inutilisable) , à la tête allongée (avec des pointes de casque qui ressemblent aux antennes d’un routeur Wi-fi) et ce corps toujours aussi massif mais aussi si élastique (une marque de fabrique chez l’artiste). Pour le reste, à quelques cases près pas toujours très claires et un début de quatrième partie qui fait clairement dans le copier-coller, c’est assez facile à suivre. On sent que le découpage n’était pas toujours pertinent dès le début, qu’il y a certainement eu des raccords dans le texte pour rattrapper des enchaînements de pages complexes à moins que le format n’ait carrément changé et que Kieth ait été obligé de faire des coupes dans son nombre de pages afin de rentrer dans un format mensuel ...
Ghosts est donc une bonne nouvelle pour les fans de Sam Kieth dont je fais partie. L’ambiance est toujours aussi irréelle (une partie du mystère restera même après ces quatre parties) tout comme l’utilisation des hallucinations ainsi le rapport entre la réalité et l’illustion. Mais au moins, on a une histoire qui tient debout (sauf peut-être les deux dernières planches qui arrivent comme un gag tenant plus de la parodie que du sérieux qui découle tout au long du récit) et ça, c’est une belle amélioration pour Kieth en attendant son graphic novel sur l’asile d’Arkham.