mercredi 30 juin 2010, par
(DC Comics / James Robinson / Mauro Cascioli, Scott Clark & Ibraim Roberson)
Ce livre contient :
les sept parties de la mini-série.
Face of Evil : Prometheus
des extraits de 52 #22, #42

Y en a marre à bord du satellite de la Justice League. Après les événements de Final Crisis, le meurtre du Martian Manhunter et la mort de Batman, Green Lantern se dit qu’il serait peut-être bon de passer à l’action. L’action, ça veut dire la justice, ça veut dire aller éclater les vilains avant qu’ils ne commettent à nouveau des crimes irréparables, ça veut dire tuer le mal à la racine. Et ça, tous les membres de la JLA ne sont pas forcément prêts à l’accepter. Finalement, c’est Oliver Queen qui rejoint son comparse vert en faisant semblant de claquer la porte.
Ce que Green Arrow et Green Lantern ignorent, c’est que d’autres super-héros sont à la recherche de justice : Congorilla et Mikaal Tomas qui suivent la piste des meurtriers de leurs amis, mais aussi Ray ’The Atom’ Palmer qui après tout ce qu’il a vécu (depuis Identity Crisis) a pris une direction nettement plus musclée envers les vilains. Tous ces héros vont finalement se rencontrer et former une Justice League à eux. Sans se douter bien entendu, qu’il a certainement anguille sous roche.
On peut dire que Cry for Justice aura fait parler de lui et pas franchement en bien. Il faut dire aussi que cette mini-série a eu des retournements de situation jusque dans sa conception. Ca sent encore le manque d’accord entre le scénariste et la branche éditoriale. Enfin bref, ce qui devait être une nouvelle série Justice League et partir sur un split d’équipe (un peu comme ce qui pend au nez de la JSA), se retrouve être une mini-série transformée en événement soudain par DC. Enfin en quelque chose qui doit marquer les esprits, un peu comme Identity Crisis avait su le faire. Et comme c’est James Robinson qui est à bord et qu’il est, à mon humble avis, le mentor de Geoff Johns, vous comprendrez bien vite qu’on va avoir droit à des scènes violentes et émotionnelles.
Ce qui est franchement dommage, c’est que ça démarre mal, ça enchaîne avec une scène bien cheesy et ça se conclut par un final en mettant en scène le fait que les membres de la JLA sont tout bonnement stupides. Les premières pages martèlent le mot ’justice’ sans que le lecteur ou le personnage comprenne vraiment ce qu’est la justice, passé le phénomène de vengeance. C’est peut-être le seul point fort et réussi du bouquin et pourrait très bien faire les bonheurs d’un bac de philosophie. Je vous laisserai juge quant au final du bouquin, on voit bien qu’on est en Amérique.
Le côté cheesy vient d’une scène avec Supergirl où les autres héros lui rappellent qu’elle est encore récente dans l’univers des super-héros et qu’elle a eu des comportements qui pourraient laisser penser qu’elle est une grosse méchante. Alors qu’est-ce qu’elle fait la Kryptonienne ? Ben rien, elle pleure, enfin elle verse une longue larme (parce que c’est ’achement plus dramatique). Ca me paraît traiter Kara El de façon très cavalière d’autant que Robinson est un peu au courant de ce qui se passe dans les séries estampillées Superman.
Vous avez 2 de QI et des super-pouvoirs ? La Justice League est faite pour vous. A moins que je me trompe lourdement, le grand vilain qui est capturé par la JLA a des pouvoirs et des capacités qui sont énormément basées sur son équipement. Alors que penez-vous que la ligue fait quand elle l’a ligoté ? Ben elle lui laisse tous ses joujoux bien sûr. Ce qui empêche un personnage d’utiliser ses pouvoirs et de sauver tout le monde. Ah mais vous comprenez, c’est que pour introduire la conclusion, il faut démolir des personnages plutôt gais du DC Universe, leur faire vivre un Enfer et donc il faut bien un bon gros drame. Et une scène gore, dont James Robinson écrira en préface qu’il s’agit de la meilleure ligne de dialogue qu’il a jamais écrite. Je me demande s’il n’a pas été atteint de markmillarite là ...
Normalement, là, vous avez compris que c’était pas gagné comme bouquin de qualité. Mais la partie graphique subit aussi un souci de continuité. Mauro Cascioli dessine et peint ses cases, ce qui prend bien évidemment pas mal de temps. Je ne suis pas fan du style qui en ressort, surtout dans le premier numéro et je trouve que par la suite, les dessins sont tout de même plus réussis. Sauf qu’on passe ensuite à Scott Clark qui fait de son mieux pour livrer des planches de la même teneur mais n’ayant absolument pas le même style, ça lui est impossible, d’autant qu’il garde des mécanismes qui datent des années 90. Ibraim Roberson, si c’est lui qui s’occupe de la fin du dernier numéro, s’en sort tout de même beaucoup mieux.
En gros donc, vous avez des héros débiles face à une vraie menace, d’autres héros encore plus sérieux et sombres qui vont subir de véritables drames familiaux et qui seront donc marqués au fer forgé pour toute leur existence et un graphisme pas toujours des plus tops. Et tout ça, avec certes une narration qui se suit avec intérêt et une fluidité de récit mais aussi des passages pompeux et limite ridicules. Si malgré tout ça, vous avez encore envie de lire ce livre, libre à vous.
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