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Elephantmen Volume 0 : Armed Forces

vendredi 11 mai 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Richard Starkings / Moritat, Boo Cook, Ladrönn & Axel Medellin)

Ce livre contient :
- les 3 numéros de la mini-série War Toys
- le one-shot War Toys : Yvette
- les numéros 34 et 35 de la série régulière.

2239 - France - St Tropez. Le virus FCN a atteint l’Europe et l’a exterminée dans les plus brefs délais. Plus de morts que la Peste Noire, plus de morts que pendant toute la durée de la Première Guerre Mondiale. Tout cela en quelques jours. Le monde a tourné à l’Apocalypse et les Français doivent faire face à deux soucis : le premier, c’est la survie et donc la loi du plus fort. Il faut entendre par là que la coopération est loin d’être le mode de vie le plus courant et que vous n’avez pas intérêt à croiser quelqu’un de plus armé que vous. Le second, c’est l’armée d’Elephantmen que MAPPO envoie. En effet, la corporation propose aux plus offrants (20 millions le soldat) une armée génétiquement créée pour être immunisée contre le virus. Leur mission : exterminer, raser, massacrer, remettre les pendules à zéro. Les survivants étant potentiellement infectés par le virus, les chances de réveil étant toujours possibles, il ne peut y avoir aucun être vivant en Europe. Autant dire qu’il ne fait pas bon y vivre et que les Européens encore en vie cherchent à tout prix à atteindre l’Afrique du Nord, là où les choses sont plus simples avant d’atteindre les Etats-Unis. Mais comme toute guerre, tout massacre, il y a toujours des êtres hors du commun qui résistent à chaque assaut. L’un d’entre eux est une femme prénommée Yvette et elle compte bien rendre la monnaie de leur pièce à ses soldats ni-humains ni-animaux.

On connaissait déjà le cadre des séries Hip Flask et Elephantmen : un savant fou, des manipulations génétiques et un conflit international qui allait prendre des dimensions démesurées et insensées, le tout chapeauté par une corporation des plus avides. On peut suivre le devenir, la survie des Elephantmen qui ont survécu à la guerre et qu’on a cherché à réhabiliter dans la série éponyme. Mais comme on n’a jamais réellement lu le conflit à proprement parler, Richard Starkings décide donc de combler cet épisode à travers la mini-série War Toys.
Autant dire que War Toys apporte réellement une valeur ajoutée à Elephantmen. Jusqu’alors, les créatures du monde d’Hip Flask étaient représentées la plupart comme des victimes (Tusk et Ebony Hide en tête même si, pour ce dernier, le troisième hardcover renverse en partie la vapeur). Dans la mini-série qui nous intéresse, point de tout ça. Les Elephantmen sont un moyen d’éradication totale, pensants mais non réfléchissants, ils ne sont là que pour servir MAPPO et obéir à la mission qui leur a été confiée : tuer. Si celui qui deviendra Hip Flask est le plus sensible aux humains (on peut penser que sans le savoir, il sauve l’ancêtre de Miki), le lecteur ne peut à aucun moment les prendre en sympathie. Un parti-pris des plus intéressants pour confronter les lecteurs et leurs "héros".
C’est aussi l’occasion de constater qu’il y a beaucoup de clones d’Hip, d’Ebony, d’Obediah, ou encore de Trench et il sera intéressant de voir comment ces clones ont été gérés (parce que cette problématique peut être à la source de bien des problèmes pour les Elephantmen réhabilités).

Le complément Yvette et le numéro d’Elephantmen estampillés War Toys II, complètent l’histoire pas jusqu’à la "victoire" des humains sur les animaux mais permettent de savoir ce que devient la figure légendaire après sa chute et sa quasi-résurrection lors du back-up du numéro #26.
Pour terminer le bouquin, un numéro sur Nikken et ses premières expériences. Ca n’apporte pas grand chose à l’univers, on a déjà bien compris la personnalité du scientifique. Tout au plus comprendrons-nous que certains au sein de Mappo avaient une vision un peu plus nuancée des Elephantmen.

Moritat est un artiste qui a déjà effectué des numéros sur la série Elephantmen et il est logique de le voir arriver sur cette série spin-off pour garder un semblant de continuité. Lors de la première impression de War Toys, un choix avait été fait. Plus de couleurs, on passe au tout noir & blanc. Un choix logique qui souligne bien le fait que c’est la guerre dans ce qu’elle a de plus cru et que l’ambiance n’est plus à la joie. Les tons de gris sont bien maîtrisés, les personnages toujours aussi bien dessinés et les pages, si parfois un peu confuses, rendent bien l’atmosphère de guerre et de désespoir. Etrangement, pour ce volume 0, la réimpression de War Toys passe par la case couleur.
On retrouve pour les compléments Boo Cook, dessinateur régulier du titre à l’époque où les compléments sont parus ainsi qu’Axel Medellin qui fait aussi partie des habitués de la franchise. Quant à Ladrönn, ne vous réjouissez pas trop, il s’agit de planches déjà lues dans Hip Flask et dans Elephantmen. Bonjour la rentabilité mais en publiant un volume 0, cela était un passage plus ou moins obligé.

War Toys est donc une lecture fort conseillée, voire indispensable pour les fans d’Elephantmen qui y trouveront largement leur compte. Pour les lecteurs français, habitués au french-bashing surtout quand il est question de conflit armé, ils seront soulagés d’apprendre qu’il n’en est rien ici. Starkings connaît son histoire et sait ce qu’a pu souffrir un pays au coeur de deux guerres mondiales. Il souligne aussi les volontés économiques qui se cachent derrière ses conflits et ce, même au début du vingtième siècle, de quoi intriguer et donner envie de se renseigner sur les dessous des grands conflits mondiaux.

P.S. Ah, j’oubliais ! Comme dans tous les autres volumes, il y a un sketchbook généreux avec les commentaires de Starkings sur Yvette et les Elephantmen.


Pour acheter ce livre : (lien vers le volume 0)

En VO :

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