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Scalped TPB 6 : The Gnawing

jeudi 24 juin 2010, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Jason Aaron / R.M. Guéra)

Ce livre reprend les numéros 30 à 34 de la série régulière.

Grand Père Marmotte, c’est celui qui est au pôle Nord. Là où se trouve un gigantesque bout de bois qui tient la Terre dans sa position qu’il ronge continuellement. Et quand on énerve la Marmotte, elle le ronge encore plus vite. C’est ce que raconte Mémé Poor Bear à l’officier Falls Down qui continue d’enquêter sur le meurtre de Gina Bad Horse. Et pour cela, il lui faut trouver le Catcher, cette espèce de clochard errant qui semble en savoir beaucoup trop pour être complètement innocent.
Si tout cela sonne comme la fin du monde, c’est encore pire pour Dashiell Bad Horse. Car non seulement, il a avoué sa véritable identité à sa copine junkie mais il est poussé dans ses derniers retranchements quand le bruit court qu’un agent du FBI se serait infiltré au sein de la réserve de Prairie Rose. Et devinez qui a fait courir ce bruit ? Ben le FBI lui-même bien sûr. Enfin surtout l’agent spécial Nitz qui commence à en avoir marre d’attendre et qui cherche à décontenancer plus rapidement ce vieux chacal de Red Crow. Comme si celui-ci n’avait pas suffisamment à faire avec les Hmongs qui cherchent à récupérer leur psychopathe.

En lisant les précédents volumes de Scalped, on savait que les personnages sombraient dans un puits sans fond et que leur chute allait être des plus douloureuses. Et à chaque nouveau volume, c’est encore pire. Ca sent la fin du monde comme si Grand-Père Marmotte avait fini de ronger l’axe terrestre, ça sent bien entendu la poudre et le sang. Peut-être dans une dimension plus honorifique que dans les précédents volumes, mais Jason Aaron ne va pas se priver de faire verser du sang et des larmes à tous ces personnages. S’il y avait un reproche à faire à l’histoire, c’est peut-être que Bad Horse se défait assez rapidement de son état de junkie. Sans être un spécialiste de ce genre d’affaires, on ne sent pas trop l’état de manque chez l’officier. Encore que, vu le stress qu’il subit, les états de manque et de panique se confondent. Pour le reste, le scénariste réussit à ranger une partie de ses affaires ce qui est assez agréable pour le lecteur, qui décomplexifie un poil l’affaire et qui est surtout inscrit dans une belle logique, comme si un ou deux morceaux du puzzle s’imbriquaient parfaitement dans le reste de la trame.

R.M. Guéra réalise seul les cinq numéros de ce bouquin et là aussi, c’est une véritable réussite. Ces planches sentent exactement comme le scénario, la réserve indienne n’aura jamais été aussi poisseuse et poussiéreuse (entre la caravane du Catcher et une scène de chasse à l’homme, on sent bien la difficulté de vivre dans un tel décor malgré des panoramiques plus idéalisés).

The Gnawing est donc une belle étape dans l’histoire de Scalped. On pourrait penser que les personnages ont un poil de répit mais cela serait bien étrange vu comment la série est écrite. Et ça n’est pas plus mal pour les lecteurs. Comme d’habitude, si vous n’avez pas lu Scalped, il serait bien temps de vous y mettre car c’est vraiment la meilleure série ’noir’ de ces derniers temps.


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