Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > Image Comics > Hip Flask / Elephantmen > Elephantmen Volume 3 : Dangerous Liaisons

Elephantmen Volume 3 : Dangerous Liaisons

vendredi 18 juin 2010, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Richard Starkings / Moritat, Chris Burnham, Rob Steen, Boo Cook, Marian Churchland & André Szymanowicz)

Ce livre contient les numéros 16 à 23 de la série régulière.

Nous avions laissé beaucoup de nos personnages aux alentours d’un hôpital duquel ils allaient sortir ... ou bien entrer alors qu’une pluie de météorites
s’est abattu sur Santa Monica avec le virus FCN qui a causé un véritable désastre en Europe et auxquels les Elephantmen sont immunisés. Mais pour l’heure, intéressons-nous au Silencer, un tueur à gages qui a fait ses armes au service de MAPPO. En étant atrocement blessé par Ebony Hide, il ne lui reste plus qu’une chance qui demande beaucoup d’interventions chirurgicale et d’implants bioniques. Heureusement qu’il a un contact aux Etats-Unis qui lui permettrait de payer le coût des opérations ... Reste à ce charmant donateur de garder un oeil sur celui qui chasse aussi bien les hommes que les Elephantmen et il envoie pour cela sa fille et deux gorilles mais cela sera-t-il suffisant pour calmer le Silencer et lui rappeler que sa dette n’est pas tout à fait réglée ...

Le Silencer est la parenthèse ouvrante et fermante de ce recueil qui va donc, comme son titre l’indique, parler de liaisons dangereuses. Chaque épisdode se consacrera à un personnage et aux risques qu’il court en arrivant dans ce monde des Elephantmen. Tusk, Miki, Sahara, Vanity Case, ou bien Ebony, qu’ils soient humains ou créatures du docteur Nikkei, ils vont tous avoir fort à faire et des épreuves à affronter. Chacun va rencontrer d’autres personnages qui lui voudront du bien (comme la vieille avec Tusk - histoire qui n’est pas sans rappeler le roman Frankenstein de Mary Shelley, dont un passage ouvre l’épisode - ou bien Miki avec Ebony et Hip) ou bien du mal (comme ce Simm pour le moins étrange qui va guider Vanity Case vers des sentiers encore plus dangereux).
Et l’intrigue dans tout ça ? Comme dans les deux premiers volumes, elle est laissée plus ou moins en suspens jusqu’au trois derniers épisodes qui apportent une nouvelle piste d’intrigue, une nouvelle avancée mais sans résoudre ce qui s’est passé auparavant. Richard Starkings aura du boulot quand il faudra tout relier et si tout arrive au même moment, on risque d’avoir un moment explosif d’une énorme envergure. Espérons que le scénariste ait une vision bien claire du futur de sa série. En tout cas, pour ma part, ces petites histoires gardent toujours le climat particulier de la série Elephantmen qui chouchoute autant ses personnages même si cela signifie aussi qu’ils risquent d’en prendre pour leur grade.

La série aura moult dessinateurs mais contrairement aux volumes précédents, ceux-ci se chargent d’un épisode entier de 22 pages (sauf pour le second épisode pris en charge par Moritat & Rob Steen). Marian Chruchland a un style qui tranche franchement avec le reste du bouquin avec des pages claires et une colorisation pastel. Cela ne signifie pas que la dessinatrice pêche quand il faut retranscrire le drame des héroïnes (Miki, Savanah & Vanity Case) loin de là mais on est quand même loin de l’obscuité d’une Mystery City. A noter que la dessinatrice aura même droit à un recueil particulier pour ses trois épisodes avec des bonus sketchbook. Alors que ces épisodes font partie entière d’un arc, c’est une chose suffisamment étonnante pour être notée. Pour le reste, c’est du classique pour du Elephantmen. Je suis de plus en plus client de Boo Cook et le style d’André Szymanowicz me paraît être entre deux chaises : il est différent de ce qu’on a pu lire sur la série mais pas assez pour être notable comme les dessins de Marian Churchland). L’artiste est tout de même remarqué par Starkings et on retrouvera son Sushi Nachos précédemment publié dans Popgun volume 3 où j’avais écrit que Szymanowicz était un auteur à suivre. Visiblement, je ne suis pas le seul à le penser. Je trouve pourtant que le mettre sur Elephantmen n’est peut-être pas la meilleure idée qui soit, les personnges humains n’étant pas aussi glamours que dans le cas des autres personnages.

Dangerous Liaisons est donc un très bon troisième opus pour la série Elephantmen qui garde ses qualités mais aussi son rythme particulier. Pour 8 épisodes, les bouquins sont à l’image de leurs héros, monstrueux en taille. Concernant une éventuelle traduction en français, je me pose pourtant la question suivante : il me paraît impossible de publier ses histoires autrement que par paquets de huit alors est-ce qu’un éditeur français sera assez fou pour tenter le pari ? Je l’espère car cette série le mérite largement.


Pour acheter ce livre :

En VO :

Sur Amazon.com : (hardcover)

Sur Amazon.fr :