jeudi 27 mai 2010, par
(DC Comics / Randy & Jean-Marc Lofficier / Ted McKeever)
Metropolis est une ville conçue par trois personnes : Jon Kent, l’architecte, Lutor, l’expert en technologie et Paula, celle qui
donne la vie. Les trois ont disparu après s’être battu et après que Lutor ait gagné le contrôle de la ville. Mais à présent, Metropolis
est dirigée par Super-Man tandis que son passé, recouvert par la nouvelle ville, est dirigé par le Nosferatu. Si Metropolis est la ville
du futur, cela n’empêche pas Lois, épouse de Super-Man et Trevor-Son, le nouvel architecte de fouiller les archives de la tour de Babel
afin de trouver plus de renseignement. Ils trouvent enfin un mot écrit de la main de Jon Kent, peut-être comprendront-ils mieux le monde
dans lequel ils vivent.
Mais dans une ville aussi parfaite, Trevor-Son comme beaucoup d’autres hommes, a besoin de quelque chose de moins parfait, quelque chose qui parle à leurs tripes. Et quoi de mieux que le palais du Péché. Trevor-Son y va régulièrement pour rencontrer l’Amazone Bleue, une femme si belle et qui chante si bien. Elle même trouve que l’architecte est différent des autres, qu’il a un coeur pur, qu’il n’est pas là seulement pour se rincer l’oeil ... L’histoire tournerait bien si le propriétaire du cabaret ne s’interposait pas comme s’il possédait la jeune femme. Mais ces temps pourraient bien être révolus alors qu’une silhouette féminine et féline ne se faisait un chemin à travers Metropolis.
Ah qu’il était doux le temps où DC pondait des one-shots sympathiques estampillés du logo Elseworld. Cette fois-ci, c’est tout l’univers DC qui
plonge dans un univers alternatif où l’humanité semble s’être concentrée à Metropolis après une grande catastrophe. Il ne semble plus rester que
deux héros, les deux principaux : un Super-Man gendarme au possible et un Nosferatu (Batman) gardant et contrôlant les monstres du sous-sol. Logiquement,
il fallait bien mettre en place la troisième des héros iconiques : Wonder Woman. Et pour se faire, le couple Lofficier va la mettre dans une situation des
plus dégradantes (surtout pour une Amazone) et il va falloir que la jeune femme réussisse à gagner ses galons.
Le récit débute comme un hommage aux films expressionniste allemands. L’Amazone Bleue renvoit bien entendu à l’Ange Bleu, le film allemand de Josef von
Sternberg (1930) avec Marlène Dietrich, le Nosferatu vient du film de Murnau et Metropolis elle-même est l’écho du film de Fritz Lang. Manquant de référence et
d’analyse des films pré-cités, j’ai du mal à voir si au niveau du scénario, on est dans le style expressionniste. Indépendamment de tout cela, les scénaristes
tissent un récit complet qui rend justice à son héroïne et dont la conclusion est des plus logiques par rapport à l’état initial de Metropolis qui est presque
un personnage à part entière.
Expressionniste, Ted McKeever l’est peut-être et peut-être pas. Pour le côté négatif, l’ambiance aurait peut-être été plus marquée avec des planches en noir et blanc, des effets veloutés et contrastés, bref, un peu ce que Jon J. Muth a réalisé pour M. Côté positif, le style torturé de McKeever correspond tout à fait à ce dont Metropolis avait besoin pour être retranscrite dans tout son mystère, toute sa mythologie et son côté très moderne. Pour le reste, McKeever est un artiste qui mérite qu’on goûte plusieurs fois à son travail qui semble très confus et qui l’est moins qu’un premier coup d’oeil le laisse paraître. Celui-ci vous laissera penser que tout l’univers qu’il dépeint est déformé et vous n’aurez pas tout à fait tort. Ceci étant, au fur et à mesure, on se fait au trait de celui qui se fait trop rare après avoir longtemps officié chez Vertigo, puis sur Enginehead chez DC Comics.
The Blue Amazon est donc un récit sombre mais aussi prenant qui bénéficie d’un graphisme hors du commun. Et comme c’est un récit Elseworld, c’est aussi un one-shot qui se suffit à lui-même en 64 pages. De quoi se changer les idées après les arcs en 6 ou 12 numéros ...
P.S. Une recherche sur Internet vient de me montrer que ce Wonder Woman fait partie d’une trilogie avec Superman’s Metropolis et Batman : the Nosferatu. Au temps pour moi ...