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The Life and Times of Savior 28 #1-5

lundi 17 mai 2010, par Mathieu Doublet

(IDW / J.M. DeMatteis / Mike Cavallaro)


James Smith, voilà un nom des plus communs, à tel point qu’on pourrait penser qu’il est fabriqué. Ce James Smith, beaucoup de gens le connaissent mais pas sous cette identité. James Smith est Savior 28. Un super-héros né au début du siècle, à qui on a greffé un morceau de pierre magique, la Master Stone, et qui est devenu de plus en plus puissant au fil des années, combattant aux côtés de l’armée américaine pendant la seconde guerre mondiale et aux côtés du Superior Squad, même s’il était comme un mentor pour les autres héros plutôt qu’un collègue.
Savior 28 est donc un super-héros, adulé de tous, représentant le rêve américain et la force du pays. Sauf que, un beau jour, Savior 28 se fait descendre après un speech où il a enlevé son masque et où il invite le monde à faire la paix, à ne plus chercher une solution aux problèmes par l’utilisation de ses poings ... C’est Dennis, son ancien sidekick, qui nous raconte l’histoire de cet homme loin d’être aussi parfait qu’on pourrait le croire.

Et c’est J.M. DeMatteis qui nous écrit cette histoire qui, je pense, n’aurait certainement pas vu le jour ou pas de la même manière sans le meurtre de Captain America. Savior 28 en est un modèle mélangé avec l’autre grand représentant des super-héros, Superman, les allusions (pierre magique, sauts aussi hauts que des immeubles, plus rapide qu’une balle ...) étant peu cachées. Mais le scénariste décide de prendre cette image parfaite et de la briser. James Smith, indépendamment de sa force et de son invulnérabilité, reste un homme imparfait et ayant subi de graves traumatismes (ne serait-ce que le choc de la seconde guerre mondiale). A partir de là, tout est possible pour Savior 28 qui dispose d’une pléthores de pouvoir et d’alliés potentiels. DeMatteis écrit donc un grand plaidoyer pour la paix et désacralise les super-héros qui se mettent sur la tronche avec vigueur et bonhommie sans se préoccuper des dommages collatéraux. Il se rapproche d’un de ses concepts majeurs : celui de l’histoire qui est forcément meilleur que la vérité (pour en savoir plus, lisez l’excellent Brooklyn Dreams) et l’applique au monde des comics et des super-héros.

Mike Cavallero assure la partie graphique avec un style très classique qui va tout de même parfois virer vers un trait ressemblant à celui du tandem Darwin Cooke / J. Bone. Il passe bien entendu par la caricature avec des designs de personnages parfois super ridicules comme le Blackrat (où on comprend que Batman est lui aussi très proche d’être risible). Niveau caricature, je ne peux m’empêcher de voir dans le sidekick de Savior 28, un portrait de Jack Kirby, mais sans comprendre si cela est fortuit ou non.

Life and Times of Savior 28 est un bon comic-book qui reprend l’image du super-héros pour mieux la casser en en soulignant la contradiction. C’est un comic-book assez bavard mais qui aurait peut-être mérité de gagner en concision en zappant un ou deux numéros. Malgré cela, la série reste d’une très bonne qualité.


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