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Flash Gordon #1-6 : The Mercy Wars

samedi 3 avril 2010, par Mathieu Doublet

(Ardden Entertainment / Brendan Deneen / Paul Green)

Flash Gordon est un enseignant d’histoire à l’université de Yale un peu particulier puisqu’il allie son goût de la culture avec une envie d’adrénaline assez
forte qui le pousse à se faire une séance d’escalade peu de temps avant de faire cours ce qui le met en retard et ne le met pas dans les petits papiers des
administratifs tatillons de la fac’. Mais pour l’heure, il est accosté par un gorille et la jolie Dale Arden, une ancienne co-équipière de la CIA (ben oui, Flash a aussi fait des étincelles là-bas). Celle-ci lui demande des informations sur le scientifique Hans Zarkov avec qui Flash est ami car le scientifique est recherché pour construction d’arme de destruction massive. Flash n’en croit pas ses oreilles et conduit son ami là où il pense trouver le savant.

Bonne pioche, mais Zarkov ne travaille absolument pas sur une arme pour terroristes mais sur un engin volant. Et la trahison du gorille (bossant pour un mystérieux Général à la tête d’une branche secrète et renégate de la CIA) oblige Zarkov, Arden et Gordon à embarquer même si l’engin n’a pas encore été testé. Ils auront la désagréable surprise de se faire rapidement tirer dessus et d’atterrir en catastrophe sur la très mouvementée planète Mongo. Le fait d’être séparé ne va pas être un avantage non plus.

Flash Gordon, pour les plus aguerris, c’est un comic-strip créé par Alex Raymond. Pour le commun des mortels, c’est un film de science-fiction des années 80 dont personne ne garde un grand souvenir si ce n’est la musique de Queen et ce, malgré une sacrée brochette d’acteurs (film qui a eu aussi droit à son détournement érotique Flesh Gordon pas piqué des hannetons). Bref, c’est Brendan Deenen, via sa petite entreprise Ardden Entertainemen, qui prend en charge le sort du héros blond aussi musclé dans le corps que dans la tête. Et j’avoue que dès le premier numéro, les choses sont amenées de façon très classique mais aussi très sympathique. Gordon est le personnage parfait qui réussit tout et qui fonce droit dans le tas, sachant pertinnemment qu’il va s’en tirer ; Dale Arden est la bombasse elle aussi très douée et au caractère bien trempé et tous les habitants de Mongo ont la dent et le poing bien durs avec la tendance très virile à taper d’abord et causer ensuite.
Si Deenen réussit son coup, c’est aussi parce qu’il sait scénariser les rencontres entre les personnages et que les scènes sont assez bien agencées. Malheureusement si l’intrigue avance correctement et logiquement, les scènes d’action sont peu nombreuses et sont souvent sujettes à une belle ellipse laissant au lecteur le soin de se faire ses combats lui-même et assistant aux personnages se dire des mots doux du style "- Ah ben, ça alors, je croirais qu’on ne s’en sortirait jamais !" ou " - J’aime beaucoup ton style.". Dommage qu’on ne puisse pas assister à ces réjouissances.

Il faut dire aussi que la partie graphique est finement jouée pour éviter ce genre de scènes. C’est bien simple, à la fin de la lecture des six numéros composant la première mini-série, je ne sais pas si je dois considérer Paul Green comme un dessinateur futé mais qui doit encore affiner son style ou bien quelqu’un à deux doigts de l’escroquerie pure et simple. Je m’explique : Green a un style certain qui découle de gens comme J. Scott Campbell, Joe Madureira ou encore Didier Crisse (quand on regarde les visages des héroïnes ou encore de Zarkov). J’ai l’impression qu’il utilise une technique ou ses personnages sont réalisés en 3D, inclus dans le décor avec une orientation et un éclairage souhaités. L’effet est assez déroutant puisque les protagonistes apparaissent parfois très déformés, comme si l’auteur avait mis en scène non pas des acteurs mais des planches de carton. De même, il va utiliser un même dessin sur plusieurs cases, non pas pour créer un effet "à la Bendis", mais pour se simplifier le travail. C’est particulièrement flagrant dans le numéro 3 où un dessin de Flash Gordon - pas de pot d’avoir choisi le héros pour cette technique - est utilisé 4 ou 5 fois dans deux planches succéssives : en partie ou en totalité, avec zoom avant, zoom arrière, en symétrie ... Bref, si le gain de temps doit être manifeste, cela attire trop l’attention et on cherche par la suite à savoir combien de fois tel dessin de personnage a été utilisé dans un numéro, a fortiori dans toute la mini-série. Je comprends qu’il s’agit là d’une technique visant à reduire le temps de production mais il me semble bien que Flash Gordon était loin, très loin, d’être un titre mensuel.

Donc voilà, vous avez toutes les cartouches pour juger. Si vous aimez les personnages qui causent et qui agissent, que vous pouvez vous passer de grandes scènes de bastons magistrales et que vous ne cherchez pas un dessinateur virtuose, alors vous pourrez apprécier Flash Gordon. Car oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, la mise en scène et l’histoire m’ont bien plu malgré tous les défauts pré-cités. A vous de juger, d’autant qu’en achetant le TPB, vous aurez droit au numéro 0 super rare (uniquement dispo au New York Comic Con 2008 - ça fait plaisir pour les lecteurs qui ont précommandé la série mais à qui il manque un morceau - morceau à 10$ soit dit en passant ...).


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