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Driven by Lemons

samedi 20 mars 2010, par Mathieu Doublet

(AdHouse / Joshua W. Cotter)

Vous voulez connaître le début de l’histoire de Driven by Lemons ? Ben ça tombe bien, moi aussi. En allant sur
le site de l’éditeur, on vous annonce "un carnet de croquis à propos d’explorations multimédia récentes
dans une narration intuitive". Ca fait très traduction de notice chinoise mais ça me semble assez juste.
Tout commence par un camion qui tombe du ciel dans une ville américaine composée de gratte-ciels. Et puis des clichés divers et
variés du lieu du crash avec comme question "Lesquelles de ses images ne sont pas vraies ?". On rencontre ensuite un lapin qui a visiblement
quelque chose dans le museau et qui essaie de s’en défaire. Sauf que arrivé un train et accrochée la corde, le lapin se voit vidé de toute
sa matière dans un flot de traits de crayons des plus désorganisés. Ce qui découlera bien entendu sur des petits carrés rouges et des triangles
bleus accompagnés d’un texte des plus obscurs.

Il faut dire que dès le départ, Driven by Lemons s’impose à la fois dans sa complexité et dans son message. Avec "la déclaration de la plus haute
importance", j’ai compris que son auteur se laissait porter par quelque chose (des citrons visiblement) et que le lecteur devait se laisser emporter
avec lui, quitte à ne plus rien comprendre. Voilà un manifeste pour l’ouverture des carcans et des clichés que l’on peut attendre d’une histoire : les
images n’ont aucun rapport sauf d’être embarquées dans un morphing d’images séquentielles (et pour le coup, cet effet est très bien rendu) et le texte,
dès qu’il commencera à faire un poil de sens, se verra éliminé au fur et à mesure, le texte initial étant recouvert d’encre noire à certains endroits.

Sur le bandeau de papier qui entoure le livre et annonce le titre et l’auteur, on peut lire la classification de ce "roman graphique" : Art / Psychology et
c’est peut-être ce qui peut le mieux résumer Driven by Lemons (on parle plus souvent de Driven by Demons - influencé par le démon avec ce côté citron-zinzin).
Alors, ce que j’ai compris, c’est qu’il s’agissait du sauvetage de ce lapin qui a vécu une catastrophe et qui doit s’en sortir et qu’on assiste à sa renaissance
par le biais de forme, d’ordre, de chaos, de pensée, de bien et de mal. Mais bien entendu, tout cela n’est que mon interprétation et je doute, qu’à l’instar d’un
David Lynch ou d’un Patrick McGohan, l’auteur laisse un jour la porte ouverte à la compréhension totale de ce livre.

Le pire, au final, c’est que ça ne m’a pas entièrement dégoûté. Parce que j’ai trouvé que les cases et les planches étaient tout de même jolies. C’est peut-être
ça qui peut vous inciter à jeter un oeil sur ce bouquin. Maintenant vous avez une petite idée de l’affaire dans laquelle vous vous engagerez.

Pour le fun, un auto-portrait assez révélateur du style de l’artiste : http://bathroomgirl.tumblr.com/post/375800957/jw-cotter-self-portrait

P.S. Ah oui, notez aussi qu’il s’agit d’un petit format (moins 2 ou 3 cm en hauteur et en largeur par rapport à un comic standard).


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