vendredi 12 mars 2010, par
(Radical Comics / Nick Simmons & Nam Kim)
Mot est une espèce de revenant particulièrement agressive par rapport aux humains puisqu’il les tue et il les mange pour survivre,
tout comme ses collègues. Pour lui, le meurtre n’est pas une chose qui le trouble particulièrement, ses longues années, malgré sa
jeune apparence physique, lui auront appris que les humains n’ont pas à être sauvés. Non, ce qui le dérange le plus, c’est cette faim
qui ne le quitte pas et qui guide ses pas. Comme Mot a une soif d’indépendance, forcément, il ne sent pas particulièrement bien.
Aujourd’hui, un des revenants convoque les autres pour la première fois depuis un long moment et la raison en est simple : les humains
ont trouvé comment les éliminer. Tous les revenants rient volontiers mais ces humains, guidés par le général Vincent, les attaquent en pleine
réunion. Et pour deux d’entre eux, Mot et son "ami" Connor, c’est direction la case "prison" sans toucher les 20 000 (ou l’équivalent en euros).
Là, ils sont approchés par une jeune fille blonde qui leur explique que si ils sont en vie, c’est parce qu’ils vont lui obéïr et pour se faire,
ils se voient greffés avec une colonnne vertébrale supplémentaire. Un mot de la jeune fille ou bien sa mort et cela signifiera leur propre mort.
Forcément, les revenants prisonniers vont être plutôt hésitants à aider leurs geôliers mais vont bien être obligés de le faire quand le moment se
présentera.
Nick Simmons est un nom qui ne vous dira peut-être rien. Pourtant, aux Etats-Unis, il est connu comme étant le fils de Gene Simmons, le bassiste du
groupe Kiss et scénariste de comics à ses heures. La famille aura en plus participé à un reality-show et vous comprendrez que le garçon a une notoriété
aussi minuscule soit-elle. Hé bien le garçon se charge à la fois du scénario et du dessin. Et ce qu’on peut dire, c’est que le résultat final est des plus
surprenants parce que la lecture de ces trois numéros est agréable.
Alors la chose principale à se mettre en tête, c’est qu’il s’agit d’un manga à l’américaine, et plus précisément d’un shônen. On a donc droit à toute une
galerie de personnages qui va évoluer, à un héros tête brûlée qui se trouve être surpuissant et ne pas avoir les responsabilités qui vont avec ce pouvoir, mais
aussi à une histoire qui n’avance pas. C’est peut-être le gros point noir de ces trois numéros (qui rassemblent plus de 150 pages pour un rapport quantité/prix
honorable) : on n’a droit à qu’au début d’une intrigue. Ceci étant, j’ai suivi la lecture d’une traite assez rapidement et sans me dire que j’avais été floué sur
la marchandise.
Le genre shônen amène bien entendu des scènes d’action très nombreuses. Et pour le coup, dans Incarnate, on est bien servis. Le style du desssinateur (et peut-être
de son encreur) permet d’avoir des cases très aérées (mais pas trop) et, du coup, très lisibles. L’action est bien fichue, on n’est pas perdu sur qui fait quoi, et
c’est ça le plus important.
Maintenant, je me demande pourquoi Nam Kim est crédité sur la couverture alors qu’il n’est indiqué qu’en tant qu’assistant alors que logiquement, l’encreur devrait avoir
une partie plus importante dans la tâche graphique.
Si vous aimez les mangas, que vous aimez des héros pour le moins cruels, et que vous n’êtes pas contre payer plus cher qu’un manga (avec toutefois un format comics, un papier glacé, et des planches en couleurs), vous devriez y trouver votre compte. A l’instar de beaucoup de titres Radical, j’espère que Incarnante ne se limitera pas à une histoire dont le but est surtout de se faire vendre à Hollywood.
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