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Athena #1-4

lundi 8 mars 2010, par Mathieu Doublet

(Dynamite / Doug Murray / Fabiano Neves & Paul Renaud)


Athènes et la civilisation grècque ont pris un sacré coup depuis l’Antiquité et l’époque du Panthéon est révolue, les dieux étant tous plus ou moins oubliés. Saur que non, à notre époque, une jeune femme est retrouvée endormie en pleine Grèce. Sa mémoire est bien entendu des plus floues et il faudra une tentative d’agression en pleine nuit et la grillade de l’un des agresseurs pour que la jeune femme retrouve ses esprits. Athena Olympios peut rejoindre le monde moderne et au fil des années, va passer de Grèce aux Etats-Unis où certains de ses talents lui permettent de devenir une policière hors-pair à qui les criminels avouent tout, sans la moindre violence. Alors Athena va être engagée sur une affaire un peu particulière : trouver un bonhomme pas très clair dans une boîte de nuit.
L’affaire prend une tournure de règlements de compte quand un homme cherche à récupérer sa petite amie. Et que je tire dans tous les sens ... Forcément, Athena est touchée. Mais lorsqu’un homme de main est envoyé parce que la jeune femme "en a trop vu", celle-ci lui fait une belle surprise : envolée la robe de chambre de l’hôpital, disparue la blessure par balle, Athena a revêtue son armure légendaire de guerrière.

Légendaire, légendaire, c’est un peu vite dit. La belle a son casque, sa lance, son bouclier, ses sandales et sa chouette mais pour le reste, on est plus proche de Wonder Woman que de la figure mythologique. Doug Murray a fait ses armes chez Marvel mais s’est fait connaître plus récemment en scénarisant les mini-séries Red Sonja : Queen of the Frozen Wastes et Jungle Girl en compagnie de Frank Cho (première et seconde saisons). Cette fois-ci, il construit un univers mêlant modernité et mythologie. Le récit est découpé en deux, les passages des différentes époques s’intercalant afin de faire comprendre au lecteur de quoi il retourne.
Du coup, ça n’est pas toujours très simple à suivre. Il faudra attendre le troisième numéro pour avoir la confirmation de ce qu’on nous a déjà expliqué avant. Je m’attendais à avoir plus de redite entre les deux histoires mais heureusement, il n’en est rien. On aura donc droit à une transposition de l’affaire de la pomme de discorde (avec Pâris et la belle Hélène de Troie), avec beaucoup de flingues. Le jeu des personnalités différentes et de l’oubli est plutôt sympa mais les personnages ont la fâcheuse tendance à se comporter de façon très étrange (pour Ares par exemple), voire de façon carrément cryptique (pour Zeus qui agit vraiment en Deus Ex Machina). Le partenaire d’Athena servira tellement de faire valoir qu’on ne connaîtra quasiment pas son nom. On l’appelle une fois "Ully" et c’est tout. Alors est-ce que ce personnage est lui aussi tiré de la mythologie grecque (et de l’Odyssée plus précisément), on le verra peut-être par la suite.

Dynamite a eu la bonne idée de faire appel à deux dessinateurs pour se charger des deux époques. Fabiano Neves est le dessinateur qui s’occupe de l’époque moderne et nous donne des planches très classiques, avec une très belle Athéna même si elle est l’équivalent d’une Wonder Woman ou d’une Witchblade. Paul Renaud (déjà lu sur Cavewoman ou sur bon nombre de pin-ups) réussit à produire de superbes planches à propos de l’Antiquité. Personnellement, je suis très client de ce que fait Renaud qui allie à la fois des héroïnes très sexy mais aussi une réelle diversité dans les personnages qui ne ressemblent pas tous. Etant donné le sujet, il est aussi chargé de faire des effets de drapés et s’en sort haut la main.
J’avais du coup un peu peur que Neves fasse pâle figure alors que c’est lui qui dessine la majorité des numéros et j’ai été assez agréablement surpris. Alors oui, concernant la diversité au niveau des personnages (notamment masculins), ça n’est pas toujours gagné et certains cadrages sont encore maladroits (avec cette vue en contre-plongée sur Athena qui nous montre une poitrine tout bonnement é-norme et ridicule), mais je m’attendais à bien pire.

Globalement, Athena est un titre sympathique mais il lui manque un poil de rigueur pour qu’elle sorte du lot. Elle a pour avantage une très bonne équipe artistique qui, je l’espère, restera à bord pour des épisodes supplémentaires. Cette série devrait ravir les amateurs de Witchblade, les héroïnes étant assez proches. Reste à savoir si Dynamite donnera suite.

Je ne vous mets pas toutes les couvertures variantes, parce qu’il y en a un sacré paquet et que les plus jolies restent celles de Paul Renaud.


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