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Jonah Hex Vol. 3 : Origins

mardi 2 mars 2010, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Justin Gray & Jimmy Palmiotti / Jordi Bernet, Phil Noto & Val Semeiks)

Ce volume contient les numéros 13 à 18 de la série régulière.


1868. La guerre de Sécession a pris et le Nord a gagné. C’est l’occasion pour certains soldats d’aller plus loin que ce que la loi leur permet et d’annexer des villes entières s’ils ont les moyens d’avoir des hommes qui leur obéissent. C’est le cas d’un certain Ackerman qu’une bande de hors-la-loi doit approvisionner en armes. Mais en pleine nuit, au coin du feu, ils disparaissent les uns sous les yeux des autres. Leur assaillant est connu et les menaces et les prises d’otages n’y changeront rien : Jonah Hex leur avait promis qu’il les tuerait, il le fait. Et si cela peut lui permettre de gagner quelques sous grâce à des avis de recherche avec mises à prises, ça ne peut qu’arranger ses affaires. Il les aura rencontré pour la première fois, il y a 6 ans et à vrai dire, en 6 ans, il y a de quoi vous changer un homme.

Après 12 numéros et quelques aventures, Justin Gray & Jimmy Palmiotti s’attaquent au passage obligé en matière de comics et de relance de titre : les origines du personnage. Mais plutôt que de nous ressortir les habituels poncifs dans un ordre des plus chronologiques, le duo décide de fonctionner sur une trame logique avec des flash-backs racontant les moments essentiels du cow-boy : son vécu de la guerre de Sécession, sa relation des plus difficiles avec son père et sa courte expérience parmi les Apaches. Il n’en faut pas plus pour s’attacher encore davantage à un personnage au sang-froid, tout en retenue mais qui cache un véritable drame. Comme d’habitude, c’est drôlement bien fichu et mis à part quelques bulles pas forcément bien placées dans les cases, c’est un récit drôlement bien maîtrisé qui révèlera les origines du personnage et de son trait personnel le plus connu : ses cicatrices au visage.
Si les origines de Jonah Hex rompent avec la tradition du one-shot, elles ne sont pas étirées plus que nécessaire et occupent la moitié du bouquin. Le titre "Origins" ne sera pas usurpé puisqu’ensuite viennent celles de Tallulah Black, un parallèle féminin au chasseur de primes. Là encore, le cynisme sera de mise et Hex rencontrera la "belle" plus d’une fois sur son chemin. Le dernier épisode tient lui tout seul avec une jeune femme complètement perdue et pourchassée qui vient demander de l’aide à un cow-boy qui ne demandait qu’à rester tranquille. Bien entendu, il y aura anguille sous roche et les apparences seront plus que trompeuses.

Origins est aussi le début d’une longue et fructueuse carrière entre le duo Gray / Palmiotti et le dessinateur espagnol Jordi Bernet que l’on connaît par chez nous, entre autres, pour ses Torpedos (apparemment traduits en anglais grâce au concours de Jimmy Palmiotti qui est un grand fan du dessinateur). Et c’est avec l’origine d’Hex que Bernet fait son entrée dans l’univers. Autant dire que les portes sont grandes ouvertes pour qu’il soit associé irrémédiablement à la série. Et Bernet assure royalement comme il le fera par la suite. Hex porte toute l’horreur du monde sur son visage et ses épaules, les bastons sont bien fichues et les héroïnes plupeuses à souhait.
Difficile de passer après Bernet mais avec des styles complètement différent, la pilule passe très bien. Phil Noto est un associé de longue date de Palmiotti (Beautiful Killer et New West entre autres). Il réalise un comic-book dans son style le plus pur avec tout de même de très très très jolies planches quand la petite fille étrange fait son apparition.
Val Semeiks lui est connu des lecteurs de Hex puisqu’on l’a déjà rencontré lors du second TPB, Guns of Vengeance et son style est toujours aussi détaillé même si les cicatrices de Jonah sont parfois un peu trop exagérées.

Jonah Hex dispose donc d’un très bon troisième recueil avec des récits qui posent les bases de différents personnages que l’on reverra. L’ambiance est la même, le héros est toujours aussi particulier (avec un final des plus tordus pour le dernier épisode) et c’est donc toujours le même plaisir.


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