dimanche 28 février 2010, par
(Image Comics / Richard Starkings & Joe Kelly / Moritat, Henry Flint, Tom Scioli, Rob Steen & Chris Bachalo)
Ce premier volume contient les numéros 1 à 7 de la série régulière.
On ne vit pas toujours dans le monde que l’on souhaite. C’est le cas de Joe qui vit dans une cité où les Elephantmen résident. Les Elephantmen ne sont pas particulièrement des éléphants (même s’il y en a). Ce sont des expériences génétiques entre humains et animaux ayant bien entendu mal tournées et qui ont produit des animaux gigantesques à la posture humaine (pour en savoir plus, jeter un oeil sur Hip Flask - Sélection Contre Nature). Il y a des éléphants donc mais aussi des rhinocéros, des hippopotames ou encore des crocodiles. Et comme souvent dans ce cas, il y a cette incompréhension de l’étranger. Pour Joe, les Elephantmen semblent pulluler dans sa cité, prendre des airs supérieurs. Pour les créatures humaines et animales, mis à part le cas d’Obediah Horn, l’intégration est des plus difficiles et ils ont souvent l’impression qu’on les prend pour des phénomènes de foire et qu’ils n’existent que sous la laisse invisible des Nations Unies qui les accepte mais qui les surveille aussi de très près.
Heureusement, comme le vit Ebenezzer aka Ebony, il se peut que les enfants, la nouvelle génération à venir soit plus compréhensive. Reste à savoir si les différences entre humains et Elephantmen n’auront pas raison de ces derniers avant qu’une paix s’installe.
Je n’attendais pas grand chose de la série Elephantmen à propos de laquelle je ne m’étais pas plus renseigné. J’aimais beaucoup le personnage d’Hip Flask mais l’album paru en VF m’avait assez refroidi, je n’avais pas l’impression que l’univers était bien construit et que l’histoire tiendrait le choc. Je me suis lancé dans Elephantmen parce que les reliures proposées (il y en a deux actuellement) proposaient quelques numéros et un nombre de pages assez conséquent pour un prix tout à fait normal pour du comic-book (là où les Hip Flask sont tout de même assez chers).
Bref, bien m’en a pris car Wounded Animals reprend la création des Elephantmen par le biais de flash-backs et qu’on peut les suivre au travers de leur vie de tous les jours. Il y a de l’action mais finalement ça n’est pas vraiment le fond du bouquin qui parle bien entendu de manipulations génétiques et des erreurs que l’homme peut commettre au nom de la science (qui a bon dos). Les petits textes extraits de diverses sources réelles (textes officiels, textes historiques, coupures de presse ...) renforcent ce sentiment que le monde des Elephantmen n’est pas si éloigné que ça et que d’ici 200 ans, on pourrait effectivement avoir à croiser des hommes animaux dans nos rues ...
Richard Starkings réussit donc à construire un monde avec des personnages attachants, ce qui était déjà le cas dans Hip Flask avec l’avantage de la durée et d’en savoir plus. Ceci étant les 168 pages se lisent très vite, trop vite. On sent qu’il y a de la matière, qu’il y a des pistes d’intrigues créées mais même au bout de sept numéros, je n’ai eu l’impression que d’effleurer un univers et une intrigue générale. A moins qu’il n’y ait point d’intrigue et que Elephantmen soit en réalité un récit d’ambiance qui, pour le coup, est très bien rendue.
Du coup, pour la partie graphique, on prend plein les mirettes avec de grandes cases et des artistes confirmés. C’est Moritat qui est l’artiste principal et qui, même s’il ne parvient pas à nous faire oublier les pages de Jose Ladrönn, réussit un superbe boulot avec bien entendu un superbe rendu des hommes-animaux. Il sera parfois accompagné d’un dessinateur "de soutien" et même lorsqu’il s’agit de Tom Scioli (le dessinateur de Godland entre autres ou de 8-opus paru en VF dans Strange nouvelle version), le résultat passe très bien. Alors oui, vous verrez des noms comme Bolland, Madureira, Churchill ou Weston sur les couvertures, mais ces derniers ne s’occupent véritablement que des couvertures en même temps que Jose Ladrönn.
Seul Chris Bachalo réalise plusieurs planches pour Elephantmen et celles-ci seront reprises dans le one-shot Captain Stoneheart & the Tooth Fairy.
Wounded Animals est donc une lecture vivement conseillée si Hip Flask vous a plu et que vous étiez depuis seulement rebuté par le prix des albums. Il n’y a plus qu’à espérer que le second volume soit aussi bon que celui-ci.
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En VO : (couverture dure puis souple - comme d’habitude, notez les prix très intéressants du Marketplace, sur lequel je ne touche rien, en plus)
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