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Batman : Year One : Scarecrow #1-2

lundi 1er janvier 2007, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Bruce Jones / Sean Murphy)

Batman et Robin poursuivent un homme à l’allure d’épouvantail mais lorsqu’ils pensent l’avoir coincé, ils ne se retrouvent que devant quelques brins de paille. Pendant ce temps, l’homme en question dénommé Johnathan Crane vient rendre visite à l’un de ses professeurs de l’université de psychologie d’Arkham, le professeur Pigeon. Celui-ci va devoir écouter les histoires de Crane dont son origine tandis que Batman et Robin (à cette époque, il s’agit de Dick Grayson) s’affairent pour chercher qui peut bien être ce nouvel ennemi. Une chose qui n’est pas si aisée que cela, Batman se sentant proche de l’épouvantail : quelqu’un qui a visiblement vécu quelque chose de traumatisant dans sa jeunesse et qui cherche à effrayer ses ennemis. Le duel mental peut alors commencer.

Batman Begins met en scène deux vilains de l’univers de la chauve souris à savoir Ra’s Al Ghul et l’épouvantail. DC a jugé bon de publier deux récits ayant un rapport avec ces personnages. Nous reviendrons plus tard sur les aventures de la tête du démon pour nous attarder sur ces deux numéros qui forment le Year One de Johnathan Crane, vilain de seconde zone.

J’avoue que la venue de ces comics ne m’aspiraient rien qui vaille, relevant plus de l’occasion commerciale que de la bonne histoire.
C’était sans compter sur Bruce Jones qui a déjà fait largement ses preuves sur la série Hulk chez Marvel. Celui-ci construit son récit par
le chevauchement de plusieurs lignes temporelles : l’enquête de nos héros bien sûr, mais aussi la cavalcade de Crane qui s’associe à des
flashbacks concernant l’enfance de cet être malingre, rejeté par sa mère et élevé par sa grand-mère qui semble bien avoir de se défouler sur
plus petit qu’elle. De quoi mettre le souk dans la tête de n’importe qui et celui qui deviendra l’épouvantail ne sera pas l’exception qui justifie la règle, s’enfonçant de plus en plus dans l’étude de la psyché humaine et notamment de ce qui fait peur aux autres. Un sujet d’études qui ne fera pas plaisir à tout le monde.

Un récit finalement assez classique qui devait être soutenu par un bon dessin. C’est Sean Murphy qui devra s’acquitter de la tâche et le
dessinateur a déjà un trait bien prononcé et assez agréable à l’oeil. Un style cartoony qui ne semble pas bien se marier avec le ton résolument
dépressif du récit. Pourtant le tout passe bien, notamment grâce aux couleurs de Lee Loughbridge qui dénote les souvenirs de Crane d’une bien belle façon.
On pourra trouver que certains visages ne sont pas réussis ou alors dénote avec l’âge des protagonistes (Robin drague une secrétaire qui a visiblement 10 voire 15 ans de plus que lui) et l’on est parfois légèrement perdu (notamment avec l’histoire de la grand-mère de Johnathan, mais cela tient plus d’une erreur du scénariste). Malgré tout, l’ambiance glauque et triste est un réel succès.

Le Scarecrow a donc le Year One qu’il mérite. Il est encore suffisamment menaçant pour être intéressant contrairement à sa version actuelle qui, malgré quelques bonnes idées, le présente comme l’un des adversaires les plus pitoyables de Batman. A découvrir pour les plus fortunés d’entre vous (deux comics à 6 dollars chaque).