Onirique Comics 7.1

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Misery Loves Sherman

dimanche 31 janvier 2010, par Mathieu Doublet

(Aaaargh Comics ! / Chris Eliopoulos)


Sherman est un petit garçon qui n’a pas la vie facile. Sa famille est composée d’une petite soeur qui le terrorise en le frappant et en le méprisant, d’une mère aimante qui préfèrerait quand même qu’il ramène des bonnes notes sur son carnet et d’un père qui lui ne s’embarasse même pas d’un carnet de notes et qui enverrait très bien son fils au turbin si cela pouvait ramener des sous à la maison (oui, même si Sherman fréquente encore l’école primaire). Heureusement pour le garçon, sa chambre est le repère de deux extra-terrestres. Il y a Zort qui rêve d’engloutir le monde ou de l’asservir et Benny qui rêve d’engloutir des montagnes de beignets et pour qui se servir un casse-croûte est une activité de tous les moments. Autant dire que le quotidien de Sherman est des plus agités, surtout que le sort semble s’acharner contre lui ... et quand la Mort vient carrément s’inviter chez vous, c’est certainement un signe.

Misery Loves Sherman est un webcomic (http://www.miserylovessherman.com/) publié par Chris Elipoulos à qui l’on doit entre autres Franklin Richards, Son of a Genius ou encore Lockjaw & The Pet Avengers. Avec Misery Loves Sherman, l’auteur s’offre son petit plaisir à lui : un comic-strip (genre qu’il adore depuis tout petit avec l’indétrônable et très estimé Peanuts de Charles Schultz) qui a beaucoup d’éléments autobiographiques et qui prend en compte ses pensées, ses espoirs, ses peurs (celle des microbes notamment) et ses cris de révolte ("Eteignez la télé !").

Heureusement Misery Loves Sherman, c’est surtout l’envie de créer une bande dessinée agréable avec beaucoup d’humour. Si le style du dessinateur n’est pas sans rappeler Bill Waterson et Calvin & Hobbes, on peut aussi trouver dans ce comic-strip une ambiance à la Liberty Meadows, notamment du côté des extra-terrestres (Zort rappelle Ralph avec ses inventions toujours plus délirantes et Benny a souvent des faux airs de Leslie même si l’E.T. est plus un gros naïf qu’un être craintif - ce rôle étant réservé à Sherman). Et bien entendu, Sherman a des airs de Charlie Brown avec son T-shirt rayé et son comportement de bon garçon que "personne n’aime".

Je ne dirai pas que chaque gag fait mouche, cela serait mentir. Cependant, et au fil des strips, on s’habitue aux personnages, on anticipe le gag, et on en profite un maximum (parfois récompensé d’avoir trouvé juste, parfois surpris par un gag supplémentaire). Bref, c’est joli, ça a des références (attention, certains gags demandent de s’y connaître en culture pop et politique US), c’est parfois tendre, parfois drôle, parfois revendicatif. Bref, ça se laisse lire avec beaucoup de plaisir.

P.S. J’adore le nom de sa maison d’édition. :)


Pour acheter ce livre, il faut se rendre à cette adresse http://miserylovessherman.myshopify.com/, vous aurez le choix entre la BD (dédicacée avec dessin ou non) ou la peluche porte-clé Mort (un peu grande mais bien sympa).