mercredi 27 janvier 2010, par
(AdHouse / Lamar Abrams)

Max Guy est un robot avec un flingue qui lance des rayons et qui zappe sa cible en la transformant en quelque chose de complètement différent et surtout de complètement incontrôlé. Il vit sa petite vie tranquille en compagnie de son colocataire Cardigan et se fritte régulièrement contre des robots géants ou bien des hommes élastiques.
Voilà, c’est à peu près tout ce que vous devez savoir de la création de Lamar Abrams. Et parti sur ce concept, on peut penser
que ça va être très fun et qu’on va s’amuser pendant 144 pages. Sauf que c’est loin d’être le cas. max Guy est un héros assez
pénible avec lequel il est difficile de s’identifier : caractériel, égocentrique, se moquant éperdumment des autres, il n’a que
son apparence d’enfant pour sauver la face. Et encore, c’est là aussi se tromper puisqu’il a des comportements et des réflexions
d’adulte. Bref, un personnage détestable à qui il n’arrivera pas suffisamment de mauvaises choses pour qu’on s’en réjouisse.
Son rayon, qui est parfois le ressort ou le Deus Ex Machina de l’histoire, est aussi très mal exploité. En effet, on pourrait
penser que le coefficient hasardeux du rayon apporte plus ou moins d’ennui : il est d’ailleurs utilisé de façon amusante une seule
fois dans le bouquin (on peut le voir dans la preview - cf. lien en fin d’article). Pourquoi l’auteur n’a-t-il pas cherché à développer ce gimmick ? Bonne question.
On passera sur la galerie de personnages qui sont tous décérébrés mais pas suffisamment ou pas suffisamment bien montré pour que
cela soit vraiment drôle.
Les dessins de l’album sont un peu dans le même registre : on sent qu’il y a quelque chose mais ça n’est jamais exploité. En effet, Lamar Abrams sait dessiner, sait utiliser les disproportions des personnages pour exagérer un mouvement ou une posture. Mais les cases sont trop souvent vides et le design des personnages simpliste. Du coup, difficile de s’extasier devant la partie graphique du bouquin.
Bref, mis à part le running gag des céréales vivantes en forme de chatons que Max Guy va avaler, c’est quand même très mauvais. Ou plus précisément très mal exploité. Il y a quelque chose dans le style de Lamar Abrams, il faut maintenant qu’un éditeur ou un scénariste réussisse à canaliser cette énergie, à faire grandir l’auteur. Mais pour Remake, je pense que vous pouvez passer votre chemin, sans souci.
Pour lire quelques pages du bouquin, allez sur le site de l’éditeur AdHouse.