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Teenage Mutant Ninja Turtles #50-62 : City at War

samedi 23 janvier 2010, par Mathieu Doublet

(Mirage Studios / Peter Laird, Kevin Eastman & Jim Lawson)

Le départ d’April pour la contrée ensoillée de Los Angeles ne fait pas que des heureux. Pour les tortues, cela signifie un
nouveau départ qui sera sans leur sensei qui cherche à mettre lui aussi de l’ordre dans ses affaires personnelles. Et pour
Casey, le choc est d’autant plus rude.
En parlant de choc, un vieil désespéré par le monde qui l’entoure vit dans le quartier rouge de New York au dessus d’une librairie
"pour adultes". La télévision ne lui redonne pas plus espoir puisque les nouvelles internationales ne relatent que des catastrophes
aux sources purement humaines. Pour ce vieil homme, le choc se sera de sentir son appartement exploser après la bombe que les membres
du clan Foot ont posé dans la librairie.

Tandis que la bombe explose et qu’on en ressort le vieil homme, tandis qu’April rejoint sa soeur au soleil, que Casey tente de la rejoindre
en voiture, que les tortues retournent à New York sans plan réel et sans maître à penser et que ce dernier tente de se concentrer et de
retrouver toute la maîtrise de son art, chacun des personnages va devoir apprendre à se reconstruire et va sérieusement morfler durant le processus.

Peter Laird et Kevin Eastman l’avait promis : il est temps de revenir à la continuité des tortues et finalement, quasiment à l’arc Return to New York.
C’est donc aussi le retour à une ambiance plus sérieuse, voire carrément dépressive pour chacun de nos héros. Et au final, autant dire que ça fonctionne plutôt
bien. Les deux papas des tortues montrent même qu’ils n’ont pas perdu grand chose de leur style, on a même l’impression qu’ils se sont améliorés (alors qu’ils
n’ont apparemment pas eu beaucoup de temps pour dessiner en huit ans). Par la suite, le dessin revient à Jim Lawson, le dessinateur maison de Mirage Studios qui
dépend essentiellement de son encreur. En effet, on remarque très rapidement que d’un numéro à l’autre, le dessin change et cela tombe bien, l’encreur aussi.
On va donc de l’assez bon au franchement mauvais avec Keith Aiken comme meilleur encreur, ce qui est normal, puisqu’il collabore avec Lawson depuis longtemps.
En tout cas, pour tous ceux qui ne comprennent pas le rôle d’un encreur, ces numéros des TMNT sont un bien bel exemple.

Le point fort de l’histoire est qu’elle se déroule sur 13 numéros et quasiment en temps réel. Cela ne signifie pas qu’un numéro dure un mois mais que le temps
qui sépare deux épisodes est effectivement long de trente jours. Cela permet de développer les personnages dans des situations de tous les jours (Casey et April)
et leur mal-être (Splinter, April et les Tortues). C’est presque gagné pour chaque personnage, seule April n’a pas eu, à mon humble avis, un traitement temporel
très soigné. On a l’impression que les événements avec sa soeur s’enchaînent simplement pour que l’histoire évolue et on ne sent pas le poids du temps comme chez
Casey qui devient papa par exemple, ou les Tortues qui subissent un climat tempéré.

13 numéros ça semble énorme et pourtant le tout se lit assez vite. Il faut savoir que le numéro 50 est un numéro sans parole (ou quasi) et que la construction toute
fragmentée donne un rythme assez rapide. Pour le reste des numéros, dès que les Tortues entrent en scène, cela se poursuit très généralement par de très longs combats
contre le clan Foot qui montre bien tout l’enjeu de l’histoire de New York. L’autre point fort, c’est que les héros en carapace vont devoir changer leur comportement
vis à vis du clan Foot. Je n’en dis pas plus, vous découvrirez peut-être de quoi je parle.

Une bien bonne histoire donc qui remet les pendules à l’heure et qui permet de terminer plus que correctement les premières aventures des tortues ninjas. A côté de cela,
les intros et les courriers des lecteurs de ces numéros m’ont plus ennuyé que quelque chose contrairement aux numéros précédents. Ici, les intros se bornent à une promotion
des autres titres Mirage et le courrier des lecteurs répond toujours aux mêmes questions en 13 numéros. D’ailleurs, le vieil homme qui explose au dessus de la librairie et
qui termine ce premier volume est vraiment mal mis en scène. Les auteurs jurent que tout cela a un sens mais mis à part de montrer que le monde est toujours aussi pourri malgré
la note positive qui entoure les héros du titre, je ne vois pas vraiment où se trouve la révélation promise. Le site officiel http://www.ninjaturtles.com (où vous pouvez lire
tous les épisodes gratuitement si vous avez de bons yeux) n’apportera pas plus d’indices. Peut-être dans le courrier des lecteurs du volume 2 des Teenage Mutant Ninja Turtles, un
volume qui prendra des couleurs, une question primordiale qui a visiblement déchiré les fans du titre ...