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Stumptown #1-4

jeudi 27 janvier 2011, par Mathieu Doublet

(Oni Press / Greg Rucka / Matthew Southworth)


Dex est une détective privée et aussi une joueuse invétérée qui a tendance à ne pas savoir s’arrêter et bien entendu, à perdre tous ses gains. Elle est finalement contactée par la gérante du casino dans lequel elle vient de laisser ses derniers dollars. La vieille indienne lui propose un deal : trouver une de ses petites filles et sa dette est effacée. Dex s’y met de tout coeur mais plusieurs choses semblent aller contre son destin : un couple d’hommes menaçants qui lui déchirent le toit de sa bagnole et elle est contactée par un autre homme des plus influents, homme d’affaires mais aussi probablement mafieux local ... Finalement, tout cela n’est pas très grave puisque vingt-sept heures après avoir lancé son dernier coup de dé, Dex se prend deux balles en pleine poitrine.

Greg Rucka se remet en route sur des chemins policiers qu’il connaît fort bien que ce soit dans le monde des comic-books ou bien celui des romans. Il fait exactement tout ce qu’on attend de lui et ce pour quoi il est assez célèbre : mettre en scène des personnages bien rock’n’rolls et un scénario de qualité. C’est bien le cas de cette femme forte qui élève son frère trisomique visiblement seule et qui lutte contre la vie pour rester à la surface (oui, les fans de Rucka auront reconnu des éléments déjà lus dans les romans mettant en scène Atticus Kodiak). L’histoire, quant à elle, avec au moins trois parties intéressées par la jeune fille disparue, est malheureusement plus classique. J’écrivais lors de la chronique du premier numéro : Stumptown est donc ce qu’on pourrait appeler une ville des secrets (et le nom de l’agence gérée par Dex) et il y a fort à penser que derrière une affaire toute banale se cache des atrocités dont l’héroïne ne se doute pas le moins du monde. Ca n’est pas vraiment le cas ici. Il n’y a évidemment pas la place de développer une intrigue complexe en quatre numéros et donc pas vraiment de grosses surprises. C’est plus dans le traitement des personnages que Rucka tire son épingle du jeu avec des méchants comme ils sont rarement dépeints.

Graphiquement, le style est gras et dur. Matthew Southworth se prête intégralement au jeu et nous donne ce que tout polar demande. Beaucoup de zones obcures, un style à la fois très réaliste et énormément stylisé. J’ai apprécié de voir que Dex pouvait être parfois très très jolie (malgré le cocard qu’elle porte pendant quasiment toute son aventure) et les autres personnages ont des visages qui sont très réussis aussi bien en gros plan que lors de cadrages plus larges. Le découpage est parfois un peu tape-à-l’oeil mais les scènes d’action, relativement peu nombreuses, sont efficaces. On est en plein style Vertigo quant ceux-ci donnent du polar et l’ouverture dans un casino indien renvoie irrémédiablement à Scalped.

En fait, les quatre numéros de Stumptown se lisent beaucoup mieux d’une traite que numéro par numéro. C’est à se demander si Rucka et Southworth ne feraient pas mieux de sortir le prochain Stumptown directement en TPB (ou en Graphic Novel). La lecture est toujours très agréable, mais il y a peut-être mieux à lire dans le domaine policier ces derniers temps (Parker, Scalped ...)


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(pas encore de lien)

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