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Teenage Mutant Ninja Turtles #31-37

lundi 23 novembre 2009, par Mathieu Doublet

(Mirage Studios / Michael Zulli, Mark Bode, Jan Strand, Rich Edden, Rick McCollum & Bill Anderson / Michael Zulli, Mark Bode, Richard Corben, Tom McWeeney, Rick McCollum & Bill Anderson)


Je ne vais pas commencer par le numéro 31, vous verrez pourquoi un peu plus bas.

TMNT #32 (Mark Bode)

April O’Neil reçoit un message d’une de ses amies anthropologues qui vérifie que rien ne trouble la construction d’un bâtiment commercial en pleine Egypte. April débarque au pays des Pyramides alors que les travailleurs ont des comportements étranges. Elle envoie un fax aux tortues en leur demandant de lui dire d’où vient une étrange amulette. L’amulette en question appartenant à un pharaon voulant dominer la Terre pendant un million d’années, nos héros sont obligés de se faire passer pour des statues afin de sauver celle qui leur a fourni un logis.

Mark Bode, c’est l’auteur déjà responsable de Shell of the Dragon (TMNT #18) et celui-ci adopte le même principe de cases surplomblées par les bulles des personnages. Je trouve que ça fonctionne toujours aussi bien même on perd le gag du doublage de film de kung-fu qui marchait dans l’autre histoire. Pour le reste, c’est de l’aventure et du fun. Force est de constater que le dessin animé et les films ont déteint sur le comic-book puisqu’on voit par exemple, les tortues faire des grimaces pour déconcentrer l’ennemi ou bien un messager du grand méchant loin d’être effrayant.
Au final, un numéro plaisant mais pas révolutionnaire.

TMNT #33 (Jan Strand / Richard Corben)

Les tortues reçoivent un artefact provenant de Renet (la magicienne rencontrée dans TMNT #8 (le numéro avec Cerebus) qui l’a volé au Lord Simultaneous. Il s’agit d’un cube qui permet de se déplacer dans le temps et forcément, Donatello rêve de s’en servir. Voilà nos tortues déplacées en pleines croisades et devant sauver un navire espagnol de redoutables pirates. Les tortues se disent qu’elles doivent obtempérer surtout si elles veulent se débarasser des chicots pourris, de la jambe de bois, du bandeau de borgne et de la moustache ridicule dont chacun est affublé. Mais le cube a morflé et les tortues ne reviennent pas au bon moment. Les voilà parties dans un voyage au bout du temps ...

Ce numéro se distingue de plusieurs façons des autres. Il y a Richard Corben, qui est loin d’être un inconnu, et ce numéro est la troisième participation du dessinateur dans l’univers des reptiles (mais la première dans la série régulière). Et qui dit Corben dit forcément des couleurs châtoyantes. Or TMNT est une série publiée en noir & blanc. Ce numéro 33 est donc le seul à être publié en couleur. Pour le reste, c’est du Corben tout craché : beaucoup d’action, de la violence bien saignante mais assez réaliste. Si vous n’avez jamais lu de Corben, ce numéro est une bonne introduction. Quant à l’histoire, elle est drôle, palpitante et bien menée avec des idées carrément farfelues.

Ce numéro a été publié en VF dans le numéro hors-série de Spécial USA consacré aux Tortues Ninja.

TMNT #34 (Rich Hedden / Tom McWeeney)

Joey est un voyou en mauvaise posture. Il a beau faire partie de la famille, il est tabassé bien comme il faut par son oncle afin de savoir où est passé le van qui lui a été confié. Et quand Joey parle de tortues, forcément sa crédibilité en prend un coup. Mais les tortues vont débarquer dans l’entrepôt et régler leur compte aux mafiosis. L’oncle Vito en aura même une crise cardiaque. Quant à Joey, c’est une véritable névrose de la tortue qui l’attend tant et si bien qu’il finit à l’hôpital psychiatrique. Forcément, quand il réussit à s’échapper, les choses ne peuvent pas se terminer calmement.

Comme ça, le récit n’a pas l’air d’être des plus amusants et pourtant, tout fonctionne bien. C’est de l’humour noir, une vague critique de la société américaine (avec ses armes en vente libre et ses émissions de télé débilisantes) et c’est surtout bien mis en place et superbement dessiné. Tom McWeeney dessine de superbes tortues humaines et un Joey psychopathe en diable comme un Stallone testostéroné (voir la couverture). Bref, entre comédie pure et drame (le final est assez bluffant pour un comic-book), ce numéro est vivement conseillé.

Ce numéro, comme le précédent, a été publié en VF dans le numéro hors-série de Spécial USA consacré aux Tortues Ninja.

TMNT #37 (Rick McCollum & Bill Anderson)

Les tortues font une petite randonnée. Si pour l’essentiel d’entre elles, il ne s’agit que d’un peu de marche, les choses sont bien plus sérieuses pour Donatello qui cherche une expérience spirituelle. Ses frères n’étant pas de la même humeur, il décide de repartir seul et il en revient complètement bluffé. Il a vu au cours de son périple un fantôme tortue, le père de tous les reptiles, qui lui a annoncé qu’il était "spécial". Les autres en rient mais Splinter les remet dans le droit chemin. Les quatre tortues repartent donc à l’aventure dans la forêt mais chacun disparaît, mettant les croyances des autres en question. Y a-t-il réellement des esprits dans la forêt et jusqu’où peut-on combattre des fantômes ?

Rick McCollum et Bill Anderson jouent un peu sur la continuité de récit comme La rivière de Rick Veitch avec une dimension spirituelle dans le récit. Ils y ajoutent une véritable dimension horrifique et une forêt plus ou moins hospitalière suivant son état d’esprit. Néanmoins, j’ai été assez surpris de voir que trois des quatre tortues se moquent de la spiritualité enseignée par Splinter (là où, autrefois, il n’y avait que Raphaël qui était tête brûlée et le moins porté sur ce côté des arts martiaux).
Graphiquement, c’est très réussi surtout que le comic-book dure bien 40 pages. C’est bourré de détails avec une forêt foisonnante et des personnages très détaillés.

TMNT #31, 35 et 36 (Michael Zulli avec l’aide de Stephen Murphy pour la première partie)

Et voilà le gros du morceau. Ce qui à mon humble représente tout ce que le titre TMNT pouvait apporter de mieux au monde des comics. Car avec Souls Winter, Michael Zulli ne s’embarasse aucunement de ce qui a été fait avant. On est loin bien évidemment de la version aseptisée des Tortues Ninja (et si la préface du #31 essaie de nous convaincre que Zulli est le premier à se démarquer de cette mode, c’est loin d’être le cas) et Zulli reprend l’histoire dès le départ avec un combat intellectuel et mystique entre Splinter et Shredder. Les quatre tortues semblent nettement moins évoluées et terriblement plus proches de l’état de tortues. Lors le premier assault de Shredder se conclut, un des ninjas est gravement blessé et c’est un combat entre la vie et la mort qui se prépare ...

Il n’y a qu’à regarder les couvertures pour être bluffé par le style de Michael Zulli et à l’intérieur, en noir et blanc, avec tout le travail d’encrage, la précision du trait, c’est tout bonnement à tomber par terre. Alors oui, ça n’est pas parfait, Splinter tient souvent plus du tigre que du rat et c’est souvent très très sombre mais les planches sont de toute beauté.

Je ne dirai pas que Michael Zulli écrit la meilleure histoire des Tortues Ninja (la troisième partie se suffit presque à elle-même si on passe un côté inexplicable qu’on retrouve dans beaucoup d’autres bandes dessinées) mais il réalise certainement le meilleur travail graphique des 52 numéros de ce premier volume.


Tous les numéros sont lisibles légalement sur le site officiel http://www.ninjaturtles.com

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